C'est au mois d'août...

Il ne se passe jamais rien en août en matière d'économie et de finances? Ce serait oublier la crise des marchés émergents en 1997, la crise russe en 1998 qui allait provoquer la débâcle du fonds Long Term Capital Management (LTCM) ou encore le fait que le Système monétaire européen avait failli éclater le 1er août 1993.

Et qui a oublié ce fameux 15 août 1971, voici 35 ans? à 20 heures, le président Nixon apparaissait sur les écrans de télévision. Le choc! Le premier citoyen des états-Unis annonçait la suppression de la convertibilité du dollar en or. Une manière d'arrêter l'hémorragie des réserves d'or déposées dans les coffres de Fort Knox.

Voici un an à peine, c'est Suez qui causait la surprise en lançant une offre publique d'achat sur Electrabel. Un an après, le dossier reste très électrique. à Paris, le ministre des Finances Thierry Breton défend toujours le projet industriel de «fusion totale» entre Gaz de France (GDF) et Suez. Mais un certain nombre de parlementaires de la majorité ont exprimé des réserves sur ce projet car il nécessite le changement de la loi votée en 2004, quand Nicolas Sarkozy était au ministère des Finances, interdisant à l'état de descendre sous 70% du capital de GDF.

Et du coup, on reparle de l'Italien Enel, très intéressé par Suez et par son fleuron Electrabel. On avait déjà murmuré que des discussions discrètes entre Suez et Enel avaient repris cet été. Lundi, c'est le ministre italien du développement économique qui faisait les yeux doux à la France dans un entretien aux «échos», évoquant la belle amitié franco-italienne. Avec une phrase qui en dit long. «Nous pouvons développer un cadre de diplomatie économique avec la France en vue de favoriser des processus de concentration concertés dans divers secteurs stratégiques où nos entreprises respectives pourraient mélanger leur sang.» On a le sens de l'image dans la Péninsule.

Le coup de boule de Zidane en finale du Mondial contre la Squadra n'a visiblement pas perturbé les relations entre les deux pays. Et il ne serait pas étonnant qu'en coulisses ?uvre toujours un certain Alain Minc, favorable à la solution Enel.

Fortis, un groupe trop belge, se plaignaient les Néerlandais. Après les départs de Joop Fleizer et de Jacques van Ek, il ne restait plus que Peer van Harten comme représentant de l'ancrage néerlandais du groupe dans le comité de direction.

Aujourd'hui, que nos voisins d'Outre-Moerdijk se rassurent. Fortis se dote, en la personne de Lex Kloosterman, d'un chief strategy officer....un Néerlandais de 50 ans, ancien d'ABN Amro, comme Jean-Paul Votron. Il sera ainsi le «9e homme» de la direction, et le deuxième Néerlandais.

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