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Ces sociétés où "il se passe toujours quelque chose..."

Suez, c'est un peu comme les Galeries Lafayette selon le fameux slogan des années 70: "il s'y passe toujours quelque chose"... même si ce n'est pas forcément ce qu'attendait le personnel du groupe qui, depuis lundi dernier, aurait dû commencer à travailler avec un nouveau management dans une nouvelle entreprise, le groupe né de la fusion entre Suez et Gaz de France.

Comme on le sait, on est loin du compte.

Mardi, François Pinault a reçu du gendarme français des marchés financiers un délai de trois semaines pour annoncer une prochaine OPA ou se tenir à carreau pendant six mois... Soit plus qu'il n'en faut désormais pour dépasser la date du 1er juillet 2007, à laquelle le Conseil consitutionnel donnera son feu vert à la privatisation de Gaz de France. Qu'est-ce qu'on dit chez Suez? Merci, l'AMF!

D'autant que, si l'on excepte quelques poussées de fièvre boursières liées à la présence de Pinault dans le dossier, cette semaine a plutôt été celle du regain de forme de l'idée d'une fusion Suez-GDF. En effet, non seulement le Premier ministre français Dominique de Villepin s'est lui aussi déclaré partisan de la fusion, mais surtout Albert Frère lui-même a confirmé son implication. Après avoir racheté environ 1% du capital de Suez auprès de la Caixa, il a laissé dire qu'il était prêt à monter davantage encore dans le groupe francobelge. Ce qui fait écrire aux "Échos" que, si quelqu'un doit contrer Pinault, c'est le baron de Gerpinnes, et lui seul. Dans un éditorial qui tient plus de l'hypothèse chiffrée que du commentaire acéré, le journal détaille comment Albert Frère pourrait, via une OPA de 55 à 60 milliards d'euros, racheter Suez avant de revendre sa branche environnement à l'un des (nombreux) candidats. Suez Énergie pourrait ensuite être fusionnée avec GDF, pour former une nouvelle entité dans laquelle GBL et l'État français se retrouveraient chacun aux alentours de 35%. L'oeuf de Colomb pour préserver les susceptibilités politiques belges et françaises? Qui vivra verra.

Le rôle d'Albert Frère dans ce dossier contribuera-t-il à rendre à la Belgique quelques parcelles de son empire perdu? Si c'est le cas, il méritera d'autant plus la distinction que "Trends-Tendances" lui a attribuée pour l'ensemble de son oeuvre, 20 ans après son premier titre de "Manager de l'Année". Car jusqu'à présent, Albert Frère a davantage été un investisseur avisé et un vendeur de génie qu'un ardent défenseur du maintien des centres de décision en Belgique.

Dans un autre ordre d'idées, notons que la CNP, autre holding d'Albert Frère, ne figure plus sur la short list des acheteurs potentiels de la marque automobile Aston Martin.

En Allemagne, le groupe VW passe de plus en plus sous la houlette de Ferdinand Piëch, héritier de la famille Porsche. Pour conforter son pouvoir, le nouvel homme fort de Wolfsburg s'est appuyé sur les syndicats allemands... une alliance qui ne semble pas sans rapport avec la décision du groupe de restructurer d'abord des entités (performantes ou non) situées hors d'Allemagne.

Une sombre affaire se joue beaucoup plus discrètement: l'examen de la comptabilité de l'ex-société de Bourse Melice, dont la CBFA a révoqué l'agrément. Contrainte de nommer un administrateur provisoire, Melice vient de s'apercevoir qu'il était supposé payer lui-même ses services... dont coût, pour novembre: 45.000 euros! Le sentiment que la CBFA cherche des puces à Melice & Co n'est pas forcément fondé. On se souviendra cependant que ce n'est pas leur premier différend: fin 1997, le gendarme des marchés avait été humilié par un jugement exigeant le lancement d'une OPA sur la société pharmaceutique PCB, propriété partielle de Brugefi (mouvance Melice)... et cela alors que, quelques années plus tôt, la CBFA avait laissé passer le dossier sans exiger le lancement d'une offre...

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