Drôle de saison creuse

Qui a dit que les grandes vacances étaient la saison creuse ? Certainement pas les journalistes financiers qui, chaque année, ont le plaisir de suivre l'une ou l'autre saga fort opportunément déclenchée pendant les congés scolaires... ou qui n'a pas réussi à trouver sa conclusion avant les premiers départs en vacances. Quand ce n'est pas le résultat de l'OPA de Mittal sur Arcelor qui se fait attendre ou les créanciers d'Eurotunnel qui se font tirer l'oreille, c'est la grande saga des Bourses qui poursuit son petit bonhomme de chemin.

Petit événement pour le site Tour & Taxis qui héberge depuis peu "L'Echo" et le "Tijd": la venue jeudi soir du patron de la Bourse de New York, John Thain. Pour l'occasion, Thain était entouré du "régional de l'étape", Olivier Lefebvre, membre du comité de direction d'Euronext, et de Jan Michiel Hessels, président du conseil de surveillance d'Euronext. Ce dernier prendra la tête du conseil de l'entité fusionnée Nyse Euronext alors que John Thain en sera le "chief executive officer". Pendant l'interview qu'il nous a accordée, John Thain a été fidèle à son image: précis, déterminé mais aussi décontracté. Oui, il connaît Bruxelles et son centre financier avec notamment Euroclear. Question piège: peut-il citer une action cotée sur Euronext Bruxelles? Réponse amusée de l'intéressé: "C'est un quiz ou quoi? C'est comme lorsqu'on a demandé à George Bush la capitale de l'Aghanistan". Et puis le cri du coeur: "Fortis!". "Mais après le dîner de ce soir, il en connaîtra bien davantage", a conclu Olivier Lefebvre. Peut-être après avoir goûté quelques bières belges?

Jeudi en conférence de presse, le PDG d'Eurotunnel Jacques Gounon n'avait pas de mots assez durs pour les deux émissaires de la Deutsche Bank qui, après avoir discuté jusqu'au bout de la nuit du plan de restructuration de la dette, l'ont finalement rejeté au petit matin? D'autant que, regardant par la fenêtre de son bureau les deux cadres s'éloigner dans la rue, le patron d'Eurotunnel a eu la désagréable surprise de les voir éclater de rire. Fatigue nerveuse ou satisfaction du bon tour ainsi joué ? Gounon leur laisse le bénéfice du doute, mais tout juste?

L'ingénieur américain Bill Gates et l'ingénieuse hollandaise Neelie Kroes ont rendez-vous le 18 juillet, à Londres, dans les galeries de la station de métro Paddington. Pure fiction? Pas tout à fait. Certes, il n'y aura pas de rencontre dans la capitale britannique. Pas à notre connaissance en tout cas. Mais, virtuellement, leurs services se sont bel et bien donné rendez-vous le 18 juillet. Les équipes de Microsoft et de l'expert mandaté par la Commission, le "trustee" Neil Barrett, sont en effet tombés d'accord à ce sujet, en avril dernier. Le 18 juillet, c'était juré-craché, l'éditeur de logiciels devait fournir une documentation technique digne de ce nom à la Commission, histoire de faciliter le "dialogue" entre les produits concurrents de Windows et ceux du géant de Redmond, accusé par Bruxelles d'abus de position dominante. Pourquoi "Paddington"? Le plan de travail concocté à l'époque comportait six étapes... que les deux camps ont tout simplement baptisées à l'aide d'un plan du métro londonien, à portée de main ce jour-là. Bref, "Paddington" identifiait la station terminus, celle signifiant la fin (très provisoire) de la bataille. Et tant pis pour "Waterloo". A moins que l'astreinte de 280 millions d'EUR imposée mercredi par la Commission à Microsoft n'ait modifié l'intinéraire...

Dans la préparation de la fusion Suez-Gaz de France, que les atermoiements du Parlement français mettent en mauvaise posture, le PDG de Suez Gérard Mestrallet ne veut rien laisser au hasard. Depuis le début du printemps, il a réuni autour de lui une équipe de lobbyistes de choc baptisés "les voltigeurs" ou "l'escadrille", révèle le journal "Les Echos". Ces cadres de haut vol, auxquels se joignent quelques extérieurs, ont pour mission de convaincre les parlementaires du bien-fondé de la privatisation de Gaz de France, première étape de l'opération de fusion. Jusqu'à présent, le resultat n'est pas probant. Mais il reste toutes les vacances, une période pendant laquelle Suez se montre toujours très active -voyez Electrabel l'an dernier et Tractebel quelques années auparavant.

Allier know-how et nom prestigieux, cela mène à tout? Laurentien van Oranje-Nassau, l'épouse du Prince Constantijn des Pays-Bas, le 3ème fils de la reine Beatrix, va animer une session de formation sur les relations avec les médias au European Training Institute, à Bruxelles. Diplômée en sciences politiques (Londres) et en journalisme (Berkeley), elle peut faire valoir certaines références en matière de journalisme. Elle a travaillé chez CNN et dans les relations publiques avant de monter sa propre boîte de conseils en communications en 2003 à? Bruxelles où elle vit avec son mari et ses trois enfants.

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