Euronext: du Nyse au Marché Libre...

Le patron de la Bourse de New York (Nyse) et les dirigeants d'Euronext continuent à diffuser la bonne parole aux quatre coins de la planète, défendant avec ferveur leur projet de fusion.

Après une récente visite à Bruxelles, c'est sur la chaîne d'informations financières CNBC qu'ils ont fait un petit arrêt. Actuellement, le débat porte beaucoup sur la loi américaine Sarbanes-Oxley et son éventuelle application à l'étranger, par exemple pour des sociétés qui viendraient se faire coter sur Euronext. Mais John Thain est formel sur ce point: la loi Sarbanes-Oxley («Sox» pour les intimes) ne s'appliquera pas en dehors des états-Unis à des sociétés non cotées aux états-Unis, il n'y a absolument aucune ambiguïté à ce sujet et c'est même un point déterminant de la fusion avec Euronext. Il est vrai que cette loi, résultat de quelques grands scandales comptables, oblige les entreprises américaines et les entreprises étrangères cotées aux états-Unis à respecter des règles particulièrement strictes en matière de vérification de leur comptabilité et contraint les chefs d'entreprise à se porter garants des comptes. Résultat : le Nyse perd des recrues potentielles en raison de l'environnement réglementaire. Tout profit pour une place financière comme Londres. Qu'il s'agira de concurrencer avec la nouvelle entité Nyse Euronext. Comme il l'avait fait à Bruxelles, Thain a rappelé que Nyse Euronext était prêt à s'étendre et à s'allier avec d'autres Bourses. Pourquoi pas avec la Bourse de Tokyo? Le président de cette Bourse a chaleureusement salué la fusion entre Euronext et le «Big Board». Pourquoi pas aussi avec l'Inde ou la Chine, les deux valeurs montantes? Alors, des sociétés chinoises bientôt cotées sur Euronext Bruxelles? Après tout, les Chinois sont de plus en plus nombreux à visiter la capitale de l'Europe, voire même notre Foire de Libramont...

Mais Euronext Bruxelles a d'autres chats à fouetter actuellement. Le Marché libre bruxellois est-il trop «libre»? En coulisse, la question est posée par de nombreux observateurs après les déboires de la société ZNJ. Société qui, pour rappel, avait quand même refusé l'entrée de la presse à son assemblée générale! Bonjour la transparence.

La chute du cours de l'action ZNJ doit en tout cas rappeler à tous les investisseurs que le Marché libre est un marché risqué et peu régulé.

Si d'autres accidents devaient survenir, cela collerait sans nul doute une image négative au Marché libre dans son ensemble, mais aussi à Euronext. La Bourse irait-elle jusqu'à lâcher ce segment ? Elle a en tout cas déjà en réserve une solution de rechange avec le marché Alternext, présenté comme «le marché de référence des PME» et qui se situe en termes de contraintes réglementaires entre le marché principal d'Euronext et le Marché libre,... l'autre marché des PME. Deux marchés de PME peuvent-ils cohabiter dans un petit pays comme le nôtre? C'est sans doute Euronext qui détient la réponse.

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