Il y a comme de l'électricité dans l'air

La Commission européenne a des griefs à formuler quant au projet de fusion entre les groupes énergétiques Suez et Gaz de France.

En un mot comme en cent, les autorités de Bruxelles estiment que cette opération pose des problèmes de concurrence sur le marché de l'énergie en Belgique et en France. Pour une surprise? ce n'est est pas une.

Une fusion qui donnerait au nouveau groupe le contrôle de plus de 90% du marché du gaz naturel et de la fourniture d'électricité, poserait évidemment quelques problèmes quant au respect des règles de concurrence européennes, cela tombe sous le sens.

La question, c'est de savoir de quoi se défaire pour que leur fusion passe sous les fourches caudines de la Commission européenne. Les deux groupes ont déjà admis qu'ils seraient prêts à vendre leurs participations dans la compagnie d'électricité SPE, dans le réseau électrique Elia, ainsi qu'une partie de leurs terminaux méthaniers. Mais ils veulent se donner un peu de temps pour étudier les griefs de Bruxelles,

Encore faut-il qu'ils continuent à y trouver leur compte. A chaque fois que Suez accentue sa présence en Belgique, c'est le même refrain : il faut céder des actifs pour respecter l'ouverture du marché.

Ainsi, l'an dernier, lorsque le groupe français a pris le contrôle total d'Electrabel, il a dû s'engager auprès du gouvernement belge à céder à d'autres électriciens une partie de son parc industriel. La " pax electrica " était à ce prix.

Ce processus vient de commencer, la semaine dernière, avec la vente au groupe allemand Eon d'un site d'Electrabel à Beringen.

Eon, c'est ce groupe dont le patron déclarait il y a quelques mois qu'à terme, il ne resterait sur le marché européen que trois géants de l'énergie : le français EDF, l'italien Enel? et l'allemand Eon.

Car pendant que l'Union européenne veille jalousement au respect des règles de concurrence, les grands groupes ne songent qu'à grandir encore. En présence de telles ambitions sur le marché, on comprend que Suez ou Gaz de France y regardent à deux fois avant de savoir à qui et comment ils vont céder leurs actifs surnuméraires?

Martine Maelschalck

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