Portier de nuit

C'est une drôle d'affaire qui est revenue à la "une" de l'actualité cette semaine. Une histoire de "plombiers" informatiques, introduits nuitamment dans une entreprise grâce au badge magnétique du président de ladite entreprise.

Lequel président était aussi numéro 2 du principal actionnaire de l'entreprise en question, ce qui est précisément le noeud de l'affaire. Si l'on met des noms sur les protagonistes, cela donne: Electrabel (l'entreprise "visitée"); Jean- Pierre Hansen (le possesseur du badge); Suez (le commanditaire de la "visite"). Et un sobriquet tout trouvé par la presse: l'"Electragate ". La justice s'est emparée de ce cas pour le moins atypique et requiert aujourd'hui le renvoi en correctionnelle des cinq acteurs (Jean-Pierre Hansen, l'ancien secrétaire général de Suez, les trois "plombiers") et de Suez comme personne morale. Les amendes encorues ne sont pas piquées des vers, pas plus que les peines de prison: jusqu'à cinq ans. Évidemment, Suez conteste la notion de "piratage ", arguant que le groupe avait de bonnes raisons de douter de l'"affectio societatis" de sa riche filiale belge, aux tendances centrifuges bien ancrées (en 2004, les plaies du départ de Philippe Bodson étaient encore mal cicatrisées). Et l'on sait que les managers doivent désormais apprendre à vivre avec le risque judiciaire et avec le traitement que les médias réserveront à leurs déboires. Mais on s'interrogera longtemps - jusqu'à ce que les comploteurs veuillent bien lever le voile, en fait - sur les raisons qui ont pu pousser un groupe français ayant pignon sur rue à espionner sa propre filiale de manière aussi rocambolesque... et risquée, la preuve.

Pendant ce temps-là, certains organisateurs d'événements donnent dans la créativité débridée. Tout le monde a déjà entendu parler du "speed-dating", ces rendez-vous express de sept minutes destinés à faire de nouvelles rencontres, voire plus si affinités. Cette semaine, Skynet a innové en lançant le concept de "speed press conferencing", une seule conférence de presse qui aborde sept sujets différents. Chaque sujet est traité en sept minutes et le "gong" qui retentit à la fin du compte à rebours ne laisse aucune place aux débordements. Le jeu de chaises musicales est donc quasi permanent. Si l'idée peut sembler amusante, reste encore à voir si les journalistes tomberont amoureux de ce nouveau concept...

La spéculation sur le groupe Danone n'a finalement pas fait l'objet d'un remake du feuilleton de l'été dernier. Au contraire: requinqué financièrement, le groupe français vient d'annoncer qu'il repartait sur le chemin de la guerre, entendez de la chasse aux bonnes affaires. Danone entend consacrer entre 500 millions et 1 milliard d'euros dans les trois à cinq ans à venir à sa politique d'acquisitions. En espérant que les pays d'accueil de ces proies potentielles soient plus ouverts à l'investissement étranger que la France ne l'a été lorsque la rumeur, et elle seule, disait que l'Américain PepsiCo était prêt à fondre sur l'hexagonal pot de yaourt...

Ledit PepsiCo vient de démontrer son ouverture d'esprit en nommant à sa tête une femme (11 PDG seulement sur les 500 premiers groupes US sont du sexe dit faible) d'origine indienne, qui n'hésite pas à porter le sari au bureau. Une personnalité qui pourra peutêtre aider PepsiCo à redresser la barre en Inde, où il est confronté, comme son rival Coca-Cola, à des problèmes de boycott. _ Pas de chance pour le constructeur informatique Dell. Non seulement il n'a pas réalisé des résultats semestriels mirobolants, mais il a été contraint de rappeler 4,1 millions de batteries d'ordinateur portable présentant un risque de surchauffe et d'incendie. C'est, on s'en doute, le plus gros rappel jamais effectué pour ce type de produit. Le genre de record dont on se passerait bien.

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