Un seul mot : fusion!

Lundi - Jour des rumeurs boursières. L'un des bruits qui courent sur la place de Paris veut que François Pinault (Artemis), déjà actionnaire à hauteur de 5,1% de Vinci, ait l'intention de faire une offre sur le groupe de construction avec l'aide de Mittal.

Mais que viendrait faire le sidérurgiste indien, tombeur d'Arcelor, dans le capital d'un constructeur d'autoroutes? C'est très simple, disent les observateurs: réciproquer à son ami François Pinault le service que celui-ci lui avait rendu en entrant dans le conseil d'administration de Mittal en pleine crise de protectionnisme économique... Reste à savoir si le jeu en vaudrait la chandelle, compte tenu, notamment, du fait que Vinci est déjà très correctement évalué...

Mardi - Barclays et ABN Amro confirment leurs négociations. Après la rumeur, la confirmation. Barclays Bank, que l'on citait souvent comme une proie possible dans le monde bancaire, a confirmé qu'elle menait des négociations exclusives avec la banque ABN Amro en vue d'un rapprochement. Les premiers contacts auraient été noués, dit-on, au dernier sommet de Davos. Promptement, le fonds spéculatif britannique TCI, qui a poussé ABN Amro à négocier une fusion, a réagi. TCI, qui détient 1% de la banque hollandaise, a invité d'autres groupes à se lancer dans la bataille. "Nous espérons que l'exclusivité des négociations garanties à Barclays n'empêchera pas la direction d'ABN Amro de prendre en considération les éventuelles offres d'autres institutions fiables, de manière à obtenir le meilleur résultat pour les actionnaires", a souligné le fonds. On ne s'étonnera pas que cette attitude des fonds activistes commence à susciter de vives critiques. Et que l'Allemagne, qui préside l'Union européenne, désire prendre des mesures pour contrer cette focalisation sur le profit à court terme. Car où s'arrêteront ces fonds? Le "Financial Times" a joué la carte de la fiction en publiant une lettre de TCI deux ans après la fusion BarclaysABN. Une lettre demandant à la nouvelle entité fusionnée d'en faire encore davantage pour l'actionnaire et de vendre ainsi ses opérations de banque de détail aux Pays-Bas, les opérations bancaires US, la gestion des fonds… Une fiction, vraiment?

Mercredi - Bertelsmann et la presse belge. Bertelsmann tenait ce mercredi sa conférence de presse annuelle à Berlin. Traditionnellement, la grand-messe est précédée d'un souper informel avec les membres du comité de direction du groupe de Gutersloh. L'an dernier à la même époque, le journaliste de "L'Echo", seul Belge habituellement présent à cet événement, était accompagné de quelques-uns de ses confrères.Albert Frère était en passe de vendre sa participation dans Bertelsmann, ce qui valait le déplacement. Cette année, "retour à la normale" en quelque sorte, le représentant de "L'Echo" se retrouve seul Belge. Même le chargé des relations publiques de Bertelsmann était très étonné de voir encore la presse belge. "Quoi, maintenant qu'Albert Frère est sorti, Bertelsmann vous intéresse encore?" Comme si la sortie d'Albert Frère ôtait tout intérêt au premier groupe de média européen.

Jeudi - Le tour d'ING... Tout le monde parle avec tout le monde. Surtout au sein du petit microcosme bancaire beneluxien. Même si les rancoeurs sont parfois tenaces. C'est ainsi que le patron d'ABN Amro Rijkman Groenink n'a pas laissé que de bons souvenirs en Belgique, notamment lors de la contre-offre (ratée) sur la Générale de Banque en 1998. Jeudi, c'est ING qui est sortie du bois. ING qui, elle aussi, avait apparemment discuté avec ABN Amro avant que cette dernière ne donne l'exclusivité à Barclays. La banque ING cherche aussi un partenaire. Les noms de KBC, Fortis et Dexia ont été cités. Les cours ont bondi de plus de 4% en Bourse. Du rarement vu. Si l'on avait écouté l'ancien gouverneur de la Banque nationale, Fons Verplaetse, et son projet de GBB (grande banque belge), les banques belges, ou ce qu'il en reste aujourd'hui, ne seraient peut-être pas systématiquement citées aujourd'hui en tant que proies.

Vendredi - Histoire de vols. Il y a peu, André Antoine avait interdit à la compagnie Jet4you de faire des vols entre Charleroi et Liège pour des raisons de pure logique environnementale. Les lobbies des transporteurs ont beau faire valoir l'importance économique de leur secteur, il n'en demeure pas moins que les réglementations les incitent parfois à prendre des mesures qui dépassent l'entendement. Ainsi, outre-Manche, il est fortement question ces jours-ci des aberrations de la compagnie British Mediterranean. Celle-ci a en effet assuré pendant plusieurs mois un vol quotidien entre Londres-Heathrow et Cardiff avec un Airbus A320 volant à vide! Pourquoi? Simplement parce qu'elle avait dû suspendre ses vols vers l'Ouzbékistan pour cause de troubles politiques. Or ne plus utiliser un créneau aéroportuaire à Heathrow oblige une compagnie à le rendre à l'autorité aéroportuaire ou à le vendre à la concurrence. Et le perdre à jamais. Et comme ce "slot" valait de l'or, surtout au moment où il s'agissait de négocier la reprise de BMed par BMI (ce qui a été fait entre-temps), autant faire "comme si". Mais finalement, un avion qui vole tous les jours à vide, cela se remarque et les associations écologistes britanniques

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