Les marchés déprimés par l’emploi américain

Les principales places financières mondiales ont terminé dans le rouge vendredi : des chiffres très décevants sur l’emploi aux Etats-Unis font douter de la solidité de la reprise de la première économie mondiale.

Les marchés d’actions européens ont terminé en nette baisse ce vendredi, après le choc de la mauvaise surprise des statistiques de l'emploi mensuel américain. Les attentes des opérateurs étaient grandes, la déception le fût tout autant. En revanche, l'euro a profité des mauvaises nouvelles sur la santé de l'économie américaine, et est repassé au-dessus de 1,33 dollar dans l'après-midi, une première depuis trois mois.

Après avoir évolué en hausse une bonne partie de la séance, les indices européens sont rapidement partis à la baisse en début d'après-midi, après la publication de chiffres de l'emploi américain plus mauvais que prévu, sous tous les angles. L'ouverture en baisse de Wall Street, sans surprise, n'a pas aidé les indices européens à remonter la pente. Ils ont donc creusé leurs pertes, pour terminer sur une baisse moyenne de 1,06%, selon l'indice de référence DJ Stoxx 600.

  • Les Etats-Unis ont perdu 131.000 emplois en juillet, soit plus que les 87.000 emplois attendus.  Ces pertes d'emplois ont été tirées par le secteur public, du fait du non-renouvellement du contrat de 143.000 personnes embauchées à titre temporaire pour le recensement décennal.
  • Malgré les mauvais chiffres de juillet, le taux de chômage est resté stable à 9,5%, alors que les analystes attendaient qu'il remonte à 9,6%. Ce n'est une bonne nouvelle qu'en apparence: le maintien du taux résulte d'une baisse de la population active.
  • Le ministère a par ailleurs révisé ses chiffres pour juin. Ce mois, qui avait marqué le retour du pays à des destructions nettes de postes après cinq mois de créations a été beaucoup plus mauvais que prévu puisqu'il a vu la perte de 221.000 emplois, selon la nouvelle estimation du ministère, supérieure de près de 77% à son chiffre initial.

La déception des opérateurs est d'autant plus grande que les attentes étaient très importantes, surtout après l'enquête ADP de mercredi.

Du coup, les indices boursiers ont rapidement viré au rouge. A la clôture, Amsterdam se délestait de 1,6%, Paris de 1,3%, Francfort de 1,2% et Londres de 0,6%.

Bruxelles a suivi la tendance: le Bel 20 a rendu 1,4% à 2.550 points dans un marché pénalisé par ailleurs par le net recul de Dexia et d'AB InBev. Le titre Dexia a reculé de 4,7 %, le marché se montrant déçu par les résultats publiés ce matin par le groupe franco-belge. Quant à AB InBev, le titre a fait les frais de l'inquiétude des investisseurs pour les prix du blé qui caracolent à des plus hauts de deux ans. L'action a perdu 3,8%. A l'inverse, Umicore  a enregistré la meilleure progression de la séance. Le groupe spécialiste des matériaux spéciaux a relevé ses prévisions 2010 et annoncé la distribution d'un dividende intérimaire en octobre. Le titre a pris 3,4%.

Sur le marché des changes, l'euro a grimpé vendredi au-dessus du seuil de 1,33 dollar pour la première fois depuis début mai, soutenu par les destructions d'emplois en juillet aux Etats-Unis, qui ont alimenté les craintes d'un ralentissement de la reprise américaine.

 

Wall Street

Wall Street a également terminé la semaine sur une note négative après la publication du très décevant rapport sur l'emploi américain. Le Dow Jones a clôturé sur un léger recul de 0,20% à 10.653,56 points. Le Nasdaq a perdu 0,20% également, à 2.288,47 points. Et le S&P 500 a lâché 0,37% à 1.121,64 points.

La persistance d'un chômage élevé est perçu comme un obstacle à  une reprise durable. Les statistiques du marché du travail pourraient d’ailleurs avoir une  influence sur le discours que tiendra la Réserve fédérale à l'issue de sa réunion de politique monétaire mardi prochain,  même si le marché n'anticipe aucun changement en matière de taux d'intérêt. Les très mauvais chiffres de l'emploi américain renforçaient ainsi les craintes d'un ralentissement marqué de la reprise aux Etats-Unis, et alimentaient les spéculations sur la mise en place de nouvelles mesures de soutien à l'économie par la Réserve fédérale américaine (Fed).

Cela dépendra cependant de l'opinion que se font les membres de son Comité de politique monétaire (FOMC) de l'état général de la reprise, à savoir s'ils considèrent que les derniers chiffres de l'emploi remettent en cause ou non le scénario correspondant à leur prévision d'une croissance molle, lente et sujette à des à-coups.

Selon les chiffres officiels, la hausse du PIB a ralenti fortement au deuxième trimestre, à 2,4% seulement (en rythme annuel). Or le marché du travail est une des clef de la reprise, car seules les créations d'emplois peuvent fournir aux Américains les ressources supplémentaires leur permettant d'accroître leur consommation, moteur traditionnel de l'économie du pays.

Pour Nigel Gault, économiste du cabinet IHS Global Insight, les chiffres de l'emploi "intensifient la pression sur le gouvernement et sur la Fed [...] pour qu'ils ravivent la croissance".

Ce vendredi, le titre Kraft Foods a permis au DJIA de limiter ses pertes. Le numéro un de l'alimentation en Amérique du Nord a publié un bénéfice trimestriel supérieur aux attentes et a relevé son objectif de réduction des coûts après l'acquisition de Cadbury. Kraft a pris 2,12%.

Autre action recherchée vendredi, celle de l'assureur AIG (+2,63%), qui a dévoilé un bénéfice par action de 1,99 dollar, bien mieux que les 99 cents sur lesquels les analystes tablaient en moyenne.

En revanche, le numéro un des jeux vidéos Activision Blizzard était sanctionné (-6,51%). Son bénéfice net est certes en hausse de 12% et supérieur aux attentes, mais le groupe a annoncé des prévisions décevantes pour l'été.

 

Agenda lundi 9 août

 

Allemagne

- Commerce extérieur juin

- Berlin: conférence de presse de la fédération des chambres de commerce DIHK sur les perspectives des exportations allemandes

 

Valeurs à suivre

 

- Aedifica a obtenu de BNP Paribas Fortis une nouvelle ligne de crédit de 30 millions d'euros. Cette ligne de crédit est utilisable sous forme d'avances à terme fixe à 1, 2, 3 ou 6 mois et est fournie pour une durée de 3 ans. La nouvelle ligne de crédit s’ajoute à la ligne de crédit de 30 millions fournie par KBC Bank pour une durée de 3 ans, mise en place le 9 mars 2010 et à la ligne de crédit de 210 millions  fournie par quatre banques (BNP Paribas Fortis, ING Belgique, la Banque LBLux et la Banque Degroof) conclue le 23 juillet 2010 pour une durée de 2 ans (tranche 60 millions) et de 3 ans (tranche de 150 millions).

- Parc Paradisio : La fréquentation du parc Pairi Daiza a enregistré un recul de 18% d’avril à juillet 2010. Mais le chiffre d'affaires de la société Parc Paradisio n'a baissé que de 9%, grâce à l'augmentation de la dépense totale par visiteur.  Il suffirait qu’au cours de la seconde moitié de la saison (août-novembre) la fréquentation de Pairi Daiza n’augmente que de 13.000
visiteurs (par rapport aux 373.000 visiteurs d’août à novembre 2009) pour atteindre en fin d’exercice le même niveau de chiffre d’affaires que l’an dernier, souligne le groupe.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés