Rally bancaire à Wall Street, résistance boursière en Europe

L’Europe boursière a globalement terminé en recul mardi, après avoir limité ses pertes en fin de séance. La remontée de Wall Street l’a aidée à amortir l’impact de l’avertissement lancé par Moody’s sur la note souveraine de la France.

Les investisseurs ont accueilli avec scepticisme les chiffres de la croissance chinoise et un indice ZEW allemand jugé médiocre. Le sentiment des analystes et investisseurs allemands a de nouveau fortement reculé en octobre, selon l’indice publié par l’institut ZEW.

Les Bourses européennes ont globalement terminé en baisse. Le secteur des minières a accusé la plus grosse perte (-2,13 %), conséquence du recul de la croissance chinoise. La croissance de la deuxième économie mondiale a décéléré au troisième trimestre pour tomber à son rythme le plus faible depuis le début de 2009.

Le Bel 20 a terminé sa deuxième séance de la semaine sur une perte de 1,51 %, à 2.137,05 points. Une valeur s’est particulièrement fait remarquer ce mardi: Dexia. Après un début de séance qui a mené le titre au plus bas, à 50 cents, Dexia a remonté la barre à 60 cents, soit un gain de 4,5 %. Selon des sources proches du dossier, le Qatar National Bank (QNB) envisagerait d’acheter DenizBank, la filiale turque de Dexia, pour 4 à 6 milliards de dollars.

KBC a quant à lui enregistré une perte de 5,13 %, à 15,71 euros. Les valeurs bancaires sont toujours malmenées sur les marchés, même si KBC dispose de grandes quantités de liquidités, sous forme de dépôts de clients.

GDF Suez a cédé 5,86 %, à 21,76 euros. Le groupe a menacé l’État belge de ne pas prolonger la vie des centrales nucléaires du pays. En cause: la possible contribution d’Electrabel à la confection du prochain budget fédéral. À l’heure actuelle, le fournisseur d’électricité verse déjà 213 des 250 millions d’euros de la taxe nucléaire à l’État belge. À la recherche de 10 milliards d’euros, ce dernier pourrait donc solliciter à nouveau Electrabel, ce qui ne réjouit pas sa maison-mère, GDF Suez…

 

Enfin, Mobistar a terminé la séance sur un gain de 1,09 % à 42,26 euros. KBC a en effet relevé sa recommandation à "conserver" contre "réduire" auparavant.


Conséquence de l’avertissement de Moody’s sur la dette française, la Bourse de Paris a sous-performé ses pairs de Londres et de Francfort avec une perte, toutefois limitée, de 0,79 % pour l’indice CAC 40. Plus significatif, l'écart de rendement entre les emprunts d'État à dix ans français et allemand a touché un plus haut de 19 ans mardi, après la mise en garde de l'agence de notation. Le spread a augmenté de 18 unités pour atteindre 114 points de base, un niveau inédit depuis 1992.

Cet avertissement a pesé sur l’euro, tout comme le fait que les espoirs d’une solution européenne exhaustive et efficace à la crise de la dette tendent à s’évanouir. Vers 20h00, l’euro valait 1,3730 USD contre 1,3734 lundi.

Le taux à 10 ans de l’Allemagne reculait à 2,011 % contre 2,097 % lundi. À l’exception de l’Allemagne, profitant de la pleine confiance des investisseurs, toutes les autres obligations ont enregistré une hausse de leur taux, signe d’un regain de tension. Fragilisés par ce regain d’incertitudes, les taux des obligations des pays dits périphériques de l’Union monétaire se sont tendus. Le rendement des taux à 10 ans grecs a bondi de 28 points de base pour atteindre son plus haut niveau depuis plus d’un mois (24,28 %).


WALL STREET HISSEE PAR L'ENVOL DE BANK OF AMERICA

Après une ouverture baissière, la Bourse de New York a positivement réagi au baromètre NAHB. L’indice mesurant le moral des professionnels de l’immobilier a fortement progressé en octobre, pour atteindre son plus haut niveau depuis mai 2010 (à 18, contre 14).

Éclaircie macroéconomique aidant, l’indice S&P 500 a lui aussi décrit un pic en session (à 1,226.78, son plus haut niveau depuis le 3 août dernier) avant de clôturer sur une hausse de 2,04 % à 1.225,38 points. De son côté, le Dow Jones a gagné 1,58 % à 11.577 points et le composite du Nasdaq, 1,63 % à 2.657 points.

Les cours ont également profité des résultats meilleurs qu’attendu de l’une des plus grandes banques américaines. L’action Bank of America a grimpé de 10,12 % à 6,64 dollars, après avoir publié un troisième trimestre bénéficiaire à la faveur d’éléments exceptionnels. Les investisseurs ont appuyé leur position sur un résultat meilleur que prévu et un produit net bancaire en hausse. L’action avait cédé plus de 50 % depuis la mi-janvier.

Outre l'intérêt porté au titre BofA, le rally sur les bancaires américaines aurait été mené sur base d'un article du Guardian affirmant que Berlin et Paris ont trouvé un accord pour recapitaliser les banques européennes. Morgan Stanley a ainsi bondi de 9,1%, Bank of New York de 7,6%, Citigroup de 6,9%, Wells Fargo et JPMorgan de 5,9%, Goldman Sachs de 5,5%.

Le groupe internet Yahoo! a publié un bénéfice trimestriel de 293 millions de dollars. Ressorti en baisse de 26 %, ce résultat était meilleur que prévu. Rapporté au nombre d’actions, le bénéfice s’établit à 23 cents, là où les analystes anticipaient 17 cents. L’action a reflué de 1,46 % à 15,47 dollars.


À L'AGENDA

Zone euro
- Présentation des propositions de la Commission européenne pour réviser les directives sur les instruments financiers et les abus de marchés (directives MiFID et MAD)

Grande-Bretagne
- Compte rendu de la réunion de la BoE des 5 et 6 octobre, à 10h30

Allemagne
- Émission de 5 milliards d'euros à 10 ans

Portugal
- Émission de 1,5 milliard d'euros à 3 et 6 mois

États-Unis
- Mises en chantier et permis de construire pour le mois de septembre, à 14h30
- Inflation pour le mois de septembre, à 14h30
- Salaires réels, septembre, à 14h30
- Livre Beige de la Réserve Fédérale, à 20h00

Belgique
- Indice de la confiance des consommateurs, à 15h


VALEURS A SUIVRE

GDF SUEZ
L’énergéticien s'est dit prêt à prendre des mesures de rétorsion en Belgique. Il pourrait ainsi stopper net ses investissements, mais également fermer ses trois plus vieux réacteurs nucléaires bien plus tôt que prévu.

EURONAV
Le résultat a été positivement affecté par la réévaluation d’éléments financiers, de couverture de taux d’intérêt notamment, pour un montant de 2,3 millions USD. À l’inverse, le segment FSO a été influencé négativement par un retournement de taux d’intérêt à hauteur de 2,5 millions USD.


 

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