Wall Street peu secouée par l'Eurozone

La Bourse new-yorkaise a ressenti les effets des mauvaises séances européennes. Les valeurs liées à l'énergie, aux matières premières, ont particulièrement subi les courants contraires, alors que les financières résistaient plutôt bien. L'indice Dow Jones a cédé 0,36%, ou 39,51 points, à 11.052,49 points, tandis que le Standard & Poor's 500 abandonnait 0,14%, ou 1,63 point, à 1.187,77 points. Le Nasdaq Composite a cédé 0,37% ou 9,34 points, à 2.525,22 points.

Le prêt de 85 milliards d'euros concédé à l'Irlande ce dimanche par les ministres des Finances européens n'a pas permis aux marchés d'actions de rebondir durablement. Si le programme de soutien a écarté le risque à court terme de l'insolvabilité de Dublin, les investisseurs semblent néanmoins se focaliser sur la contagion de la crise des dettes souveraines. Avec, à nouveau, le Portugal et l’Espagne en ligne de mire. Dans ce contexte, l’indice paneuropéen Stoxx 600 a touché son plus bas niveau depuis le 6 octobre dernier, soit 262,16 points (-1,67 %). Ce dernier avait oscillé à 7 reprises entre gains et pertes avant de s’orienter plus franchement à la baisse à la mi-séance. Les valeurs ont été aspirées vers le fonds "par les spéculateurs baissiers, qui ont les mains libres pour manipuler le marché étant donné que personne ne veut se mettre en face pour acheter. Les investisseurs classiques sont complètement tétanisés et n'osent plus rien faire", explique Arnaud de Champvallier de Turgot AM.

Et dans ce sillage, le CAC 40 a perdu 2,46 %, repassant en dessous des 3.700 points (3.636,96). A Francfort, le Dax a relâché 2,20 %, retombant sous les 6.700 points (6.697,97). A Londres, le Footsie a cédé 2,08 % à 5.550,95 points. A Amsterdam, l'AEX a rendu moins de 2 % (-1,96) à 329,67 points.

Le programme de soutien accordé à Dublin, dont 35 milliards serviront à étançonner le secteur bancaire, n'a que momentanément apaisé la crainte des investisseurs d'être mis à contribution sur les dettes qu'ils détiennent dans les banques irlandaises. "Le plan d'aide donne une bouffée d'oxygène à l'Irlande, mais elle pourrait être de courte durée si le budget irlandais ne passe pas le 7 décembre. En outre, ce soutien ne va pas dissiper les interrogations sur le fait que le Portugal et peut-être même l'Espagne pourraient avoir besoin d'assistance", a expliqué Mitul Kotecha du Credit Agricole. Après avoir bondi de 20 %, Bank of Ireland n'a ainsi "plus" engrangé que 14,23 % à 0,31 euro.

Par ailleurs, afin de rassurer les marchés, les ministres de la zone euro ont accéléré les préparatifs du futur Fonds de soutien permanent aux pays en crise, appelé à voir le jour mi-2013, en remplacement du mécanisme actuel dont la durée de vie est limitée. Mais les investisseurs attendent une réponse de l’Europe concernant la résolution du risque de contagion à d'autres pays. "Pour le moment, le manque de précision autour de la mise en place" de ce nouveau fonds "ne permet pas de calmer définitivement les esprits", estime Franklin Pichard de Barclays Bourse.

"Tant que le marché fait du coup par coup les spéculateurs peuvent aller vers d'autres pays comme l'Espagne", a expliqué un opérateur de marché, estimant que le marché "n'attendra pas 2013" et a besoin de réponses immédiates. Cepdenant, "les investisseurs devraient maintenir leur attention sur la péninsule ibérique, avec les déficits portugais et les éventuelles pertes, jusqu'ici non révélées, des caisses d'épargne espagnoles".

Sur le marché obligataire, les taux espagnols et italiens ont fortement souffert, le taux italien à 10 ans a renoué avec son niveau de juin 2009 et le taux espagnol a atteint un plus haut depuis 2002. Et ce, même si les autorités portugaises et espagnoles n'ont pas demandé à engager des négociations avec le Fonds monétaire international (FMI), a précisé lundi le numéro deux du FMI, John Lipsky, au premier jour du Sommet pour un Agenda Global à Dubaï.

Interférant avec des déclarations se voulant rassurantes, la Banque centrale européenne (BCE) a annoncé lundi avoir quasiment doublé ses achats d'obligations publiques la semaine dernière. L'institution a acheté pour 1,348 milliards d'euros d'obligations publiques la semaine dernière, contre  713 millions acquis la semaine précédente, ce qui porte le total à 67 milliards d'euros. La BCE prévoit de continuer cette semaine son programme d'achats d'obligations publiques, selon un communiqué.

A Bruxelles, l'indice Bel 20 s'est dégradé de 2,27 % à 2.521,33 points, plombé par le recul de la totalité de ses composants, dans un mouvement compris entre -0,27 % (du titre Colruyt à 38,34 euros) et -4,06 % (du titre Umicore à 36,17 points). AB InBev n'a pas profité du rehaussement de son objectif de cours et s'est déprécié de 2,28 % à 42,41 euros.

Hors Bel 20, MDxHealth a terminé sur un gain 1,97 % à 1,55 euros, après avoir engrangé plus de 6 % en séance.

 

La crise qui sévit en Europe n'incite guère les investisseurs à l'optimisme sur les marchés américains, qui reculent eux aussi d'autant que le dollar a
atteint un plus haut de deux mois ce qui n'est pas sans conséquence sur les  valeurs liées aux matières premières. Le mouvement ne tourne cependant pas à la catastrophe. L'indice Dow Jones a cédé 0,36%, ou 39,51 points, à 11.052,49 points, tandis que le Standard & Poor's 500 abandonnait 0,14%, ou 1,63 point, à 1.187,77 points. Le Nasdaq Composite a cédé 0,37% ou 9,34 points, à 2.525,22 points.

"Il semble que l'on assiste à des désengagements liés à des craintes fondées  sur ce qui se déroule en Europe", explique Angel Mata de Stifel Nicolaus Capital  Markets. "Beaucoup n'en comprennent pas les ramifications. Si l'Europe a ces  problèmes systémiques, cela pose la question de la reprise économique mondiale et de savoir si elle est suspendue."

La hausse du dollar se traduit par un recul de l'indice sectoriel des  valeurs liées aux matières premières de S&P et de celui de l'énergie.

Wal-Mart Stores (+0,20% à 53,85 dollars) a lancé une offre sur le Sud-Africain Massmart, le numéro un mondial de la distribution espérant ainsi prendre pied sur le continent africain et son marché en pleine expansion.

Le distributeur en ligne Amazon.com (+1,32 % à 179,84 dollars) envisage de conquérir de nouveaux marchés en réorganisant sa plateforme internationale de commerce en ligne, rapporte lundi le Financial Times. En dehors du marché américain, Amazon.com exploite actuellement des magasins en ligne au Canada, en Chine, au Japon, au Royaume-Uni, en Allemagne et en France.

Par contre, contrairement à l'Europe, les valeurs financières américaines se maintiennent et même progressent vaillamment. Morgan Stanley gagne +0,73%, Bank of America progresse de +1,62%, American Express de +2%, JP Morgan Chase de +0,80%.

Le pétrole s'est nettement renchéri lundi à New York, dans un marché dominé par les tensions géopolitiques sur la péninsule coréenne et au Proche-Orient. Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" pour livraison en janvier a terminé à 85,73 dollars, en hausse de 1,97 dollar par rapport à vendredi. A Londres, sur l'IntercontinentalExchange, le baril de Brent de la mer du Nord à échéance identique a gagné 1,76 dollar à 87,34 dollars. A New York comme à Londres, les cours ont touché leurs plus hauts niveaux depuis deux semaines.
Cette progression s'est effectuée dans un contexte généralement négatif pour les cours des matières premières: chute des Bourses européennes en clôture, Wall Street en baisse en fin de séance, et nette hausse du dollar, ce qui rend le brut moins attractif pour les acheteurs munis d'autres devises.

 

Agenda

Zone euro:

- Inflation novembre, 1ère estimation

- Chômage pour le mois d’octobre (11h)

Allemagne:

- Ventes de détail octobre (8h)

- Chômage octobre (10h)

Etats-Unis:

- Prix des logements septembre S & P/Case Shiller (15h)

- Activité économique de la région de Chicago novembre (15h45)

- Audition à la Chambre des Représentants sur l'assouplissement quantitatif de la Fed (20H00)

Japon:

- Chômage octobre

- Consommation des ménages octobre

- Production industrielle octobre

 

Valeurs à suivre mardi :

En Belgique

- Colruyt: résultats 1S 2010/2011 (17h45)

- Immo Moury: résultats 1S 2010/2011

- Pairi Daiza (Ex-Parc Paradisio): résultats 1S 2010/2011 (16h30)

- Epiq: offre de rachat par Elex à 1,75 euro par action. L’offre court jusqu’au 3 décembre.

- Warehouses Estates Belgium: augmentation de capital avec droit de préférence. Jusqu’au 1er décembre

 

 

 

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