L'aéroport de Liège et Noshaq misent sur les start-up du cargo

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L’aéroport de Liège et Noshaq lancent un grand projet d’écosystème de start-up dans le cargo. Un premier événement WeCargo aura lieu du 7 au 14 novembre avec accélérateurs, conférences, hackaton ou pitch de start-up. L’ambition est de créer un véritable écosysytème de start-up dans le domaine en jouant sur les forces de l’aéroport de Liège.

Le management de l’aéroport de Liège et Noshaq (ex-Meusinvest) ont de l’ambition pour le futur de l’activité cargo en principauté. L’Echo apprend que les deux acteurs vont travailler conjointement pour créer un véritable hub de start-up autour de l’activité cargo.

Traditionnellement, "la logistique n’est pas un acteur hyperinnovant, mais on s’est rendu compte en Chine qu’il y avait des avancées énormes dans le domaine de logistique, robotique, de l’usage des drones ou de l’automatisation", indique Luc Partoune, le CEO de l’aéroport.

"Créer des verticales"

Pour Noshaq, l’opportunité est belle. Le cargo est une activité forte à Liège. Elle y représente déjà 130 entreprises "basées" avec 4.000 emplois directs et entre 3.000 à 4.000 emplois indirects. Avec des acteurs de poids comme Fedex, Ethiopian, Qatar Airways ou bientôt Alibaba, il s’agit de rester à la pointe et de créer des nouveaux business dans une activité où la région est déjà forte. Gaëtan Servais, le patron de Noshaq, estime en effet qu’il faut absolument que la Wallonie joue son va-tout dans les secteurs où "le terreau est déjà présent".

Noshaq compte donc reproduire à l’aéroport ce qu’elle a déjà fait dans d’autres domaines, comme la musique, où Wallifornia MusicTech a permis de créer un des sept incubateurs d’Universal à Liège et de signer avec Warner. "On veut appliquer une recette qui fonctionne pas mal. La meilleure façon de faire de la qualité, c’est de travailler sur des niches de spécialisations. La technologie permet d’avoir un deal flow bien plus intéressant pour Noshaq", estime Servais.

Le festival pro "MusicTech" en marge des Ardentes attire 500 professionnels du secteur. Si le secteur des médias et de la musique a un côté très attirant, on estime à l’aéroport que "les avions aussi font rêver". "Le domaine des e-logistics est très intéressant. Le domaine de la musique et des médias est beaucoup plus délicat d’un point de vue business", pointe Servais. En clair, il est bien plus facile de créer de nouvelles sociétés dans un secteur comme celui du cargo où les acteurs ont des tailles conséquentes et les poches bien remplies.

Une certaine urgence

Il est en tout cas urgent, selon le patron de Noshaq, de se lancer dans ce type de projet car "à l’étranger, on voit des programmes établis depuis des années. On est quand même à la remorque dans la digitalisation et la numérisation", dit-il.

La première concrétisation du projet d’écosystème dans le cargo arrivera vite. Un événement, baptisé WeCargo, aura lieu du 7 au 14 novembre. Au programme: accélération de start-up, hackathon, conférences ou concours de pitch. Alibaba, Qatar Airways Cargo ou encore Orange sont partenaires de cet événement exclusivement B2B.

L’idée n’est pas de faire un salon commercial où l’on vend des solutions, mais bien un lieu d’émergence d’idées qui doit déboucher sur des nouvelles façons de faire et des nouveaux business. Des personnes de premier plan, notamment des entreprises partenaires, seront sur scène lors de l’événement. Une occasion unique pour les jeunes entrepreneurs de les rencontrer. De quoi rendre l’événement attractif. Une équipe de physiciens de HEC vient de s’inscrire "et pas des étudiants", glisse-t-on fièrement à l’aéroport. "Le but est d’attirer la crème de la crème. On veut positionner l’événement sur le long terme. On veut une première édition hyperqualitative quitte à ce qu’elle commence plus petit et qu’on la fasse grandir d’année en année", insiste Gérôme Vanherf, COO de Leansquare.

Aussi internationales

Leansquare, le bras digital du groupe Noshaq, qui a investi dans 49 start-up, sera à la manœuvre. Vu le caractère international de l’événement, les start-ups ne seront pas que nationales. À plus long terme, l’idée est de créer une vraie activité start-up en dur autour de l’aéroport.

Pour l’accélération, "on a déjà cinq très bonnes start-up belges et internationales inscrites. Nous avons par exemple le leader des drones en Afrique et une spin-off d’une compagnie aérienne. On voudrait avoir entre cinq et dix start-up pour cette première édition de l’accélération", détaille Vanherf.

Liège a une carte à jouer, car s’il existe déjà des accélérateurs dans le domaine de l’aviation, ils se focalisent essentiellement autour du trafic passager et très peu autour du cargo. "Alibaba ou Qatar ont besoin d’être challengé par des idées innovantes et des start-ups. Ces dernières, inversement, ont besoin de la structure de ces grands groupes. Mettre les deux ensemble a beaucoup de sens", résume Benjamin Masset, project manager à l’aéroport de Liège.

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