La Wallonie va recycler les plastiques avant peut-être les matelas

Il y a un an, une série de patrons imaginaient faire de la Wallonie la poubelle du monde. Un rêve un peu fou derrière lequel douze décideurs réunis par L’Echo proposaient à la Wallonie de développer une filière de recyclage du plastique. Un an plus tard, le rêve des patrons semble exaucé par les responsables politiques du sud du pays.

Le roi du matelas

Sans faire référence à cette image de poubelle du monde, le gouvernement wallon MR-cdH doit entériner ce jeudi le lancement de la première phase autour de la construction d’une unité industrielle de recyclage et de transformation dédiée aux plastiques d’emballage (films plastiques, raviers en PET, PP, PS…) issus des déchets ménagers et industriels. Cette volonté wallonne, déjà exprimée à travers son plan d’investissement, part d’un constat: "depuis que la Chine a fermé ses frontières à plusieurs catégories de déchets solides, les filières européennes sont envahies et saturées par des déchets plastiques", souligne la note politique examinée par le gouvernement. Comme l’expliquaient L’Avenir et Le Soir, la Wallonie va injecter 60 millions d’euros – suivant le principe d’un euro public par euro privé investi – dans la création d’une filière à côté d’un acteur industriel.

Le ministre de l’Environnement Carlo Di Antonio (cdH) y voit même une première étape. "Comme pour les plastiques, la Wallonie pourrait financer d’autres projets de recyclage sous forme de partenariat entre le public et le privé. Je pense au recyclage des matelas ou des boîtes de conserve."

Une chaîne de valeur

La viabilité de la filière plastique sera notamment assurée par la quantité de déchets récoltés via les intercommunales et Fost Plus. Selon les estimations de Fost Plus, 33.000 tonnes de films plastiques, 16.000 tonnes de PP emballage, 12.000 tonnes de Pet raviers et 2.000 tonnes de Pet opaques seraient facilement disponibles en Belgique. Et rien que pour la Wallonie, une précédente analyse mentionnait que 11.800 tonnes de déchets d’emballages industriels étaient déjà collectées en 2016 (300 tonnes de PSE, 800 tonnes de rigides et 10.700 tonnes de films).

Dans l’immédiat, le gouvernement va lancer un appel d’offres et un jury sera chargé de sélectionner le meilleur candidat. "La priorité sera donnée au projet qui permettra de créer le lien le plus important avec le marché, en y associant impérativement un ou plusieurs transformateurs. Se concentrer sur l’aval de la chaîne de valeur est en effet primordial pour le développement d’une véritable chaîne de valeur. L’objectif est que l’unité de recyclage parvienne minimum à une phase d’extrusion dont les outputs pourraient être réincorporés, moyennant coumpoundage éventuel, dans les produits générés par les transformateurs."

Le gouvernement wallon va également financer des plus petits projets pilotes comme par exemple la création de "matériaux pouvant se substituer aux plastiques dans les produits finis".

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