Des discussions commerciales UE-USA qui suscitent la méfiance

Le troisième round de discussions sur le traité transatlantique TTIP s'ouvre lundi à Washington. Face aux craintes que cet accord suscite en Belgique, l'Amcham se mobilise.

Lundi reprendront les discussions commerciales entre les Etats-Unis et l'Union européenne visant à libéraliser les échanges commerciaux et faciliter les investissements entre les deux blocs (Transatlantic Trade and Investment Partnership, TTIP). Après le dernier round de négociations qui s'était tenu à Bruxelles en novembre, cette fois, ce sera à Washington que se rencontreront les négociateurs. Malgré un évident souci de transparence, ils ont du pain sur la planche en termes de communication vers une opinion publique plutôt méfiante, en particulier de ce côté-ci de l'Atlantique, y compris en Belgique. Qu'il s'agisse des standards de qualité, des méthodes américaines de surveillance ou du risque de voir nos PME crouler sous la concurrence de leurs homologues américaines, les sujets d'inquiétude ne manquent pas.

À la Chambre américaine de commerce (Amcham), on regrette cette méfiance. "Le soutien en faveur du TTIP en Belgique n'est pas aussi clair qu'on pourrait le penser. Même un parti libéral comme l'Open Vld n'a pas encore ouvertement soutenu les discussions en cours", déplore Marcel Claes, chief executive de l'Amcham. Pourtant, c'est bien des rangs de l'Open Vld que sort le commissaire européen au Commerce, Karel De Gucht, celui-là même qui a la responsabilité des négociations côté européen...

Coalition pro-TTIP

Afin de surmonter les craintes des PME belges et de certains politiques, l'Amcham est en train de mettre sur pied une coalition avec la Fédération des entreprises de Belgique (FEB), le Voka, l'Union wallonne des entreprises et d'autres représentants du monde des entreprises. "Nous voulons surmonter les arguments émotionnels que l'on entend souvent évoquer contre le TTIP", explique Claes. Et l'Amcham espère présenter une étude détaillée des avantages que peut tirer l'économie belge d'un tel accord, une fois qu'on en connaîtra mieux les contours.

Pour l'heure, l'Amcham rappelle que les Etats-Unis sont le cinquième marché à l'exportation de la Belgique et que les flux commerciaux entre les deux pays tournent autour de 40 milliards de dollars par an. "Les 900 entreprises américaines présentes en Belgique emploient un peu plus de 140.000 personnes et les 500 entreprises belges présentes aux Etats-Unis y emploient 140.000 personnes, essentiellement à travers les filiales américaines des groupes Delhaize et AB InBev", rappelle Claes. "Beaucoup de PME ont peur de la concurrence, elles ne voient pas forcément les avantages d'un grand accord", ajoute-t-il.

Même son de cloche de la part de la représentante commerciale à la mission des Etats-Unis auprès de l'UE, Elena Bryan. Elle a visité treize pays européens ces dernières semaines et elle avoue y avoir rencontré certaines inquiétudes. "Plusieurs États m'ont dit qu'ils n'exportaient que peu vers les Etats-Unis. Mais ils doivent plutôt regarder ce qu'ils exportent vers des pays comme l'Allemagne, qui exportent, eux, beaucoup vers les Etats-Unis", plaide l'Américaine.

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