Di Rupo a "le coeur qui saigne" en pensant aux exclus du chômage

Elio Di Rupo fait son mea culpa face aux exclusions du chômage. Il laisse entendre que cette mesure, il l'a prise sous la pression des libéraux.

Ces dernières semaines, des plateformes citoyennes contre l'austérité, les syndicats et extrême gauche (PTB) ont enchaîné les actions symboliques contre la mesure qui va entraîner l'exclusion du chômage de 18.000 à 30.000 personnes.

Mais depuis le début de la semaine, le PS et le cdH se sont aussi réveillés. Deux partis qui ont pourtant fait partie du gouvernement qui a voté cet article 63 § 2 qui limite à 36 mois et un plafond de 30 ans les allocations d'insertion. Elio Di Rupo, le président du PS, et ex-Premier ministre du gouvernement incriminé, a notamment déclaré sur les ondes de La Première (RTBF) avoir "le coeur qui saigne" quand il "pense à ces femmes et ces jeunes qui vont être exclus". "Je n'en dors pas. Le but était de les aider à entrer dans le monde du travail. Et cela ne s'est pas fait." Elio Di Rupo - qui siège aujourd'hui dans l'opposition - demande au gouvernement fédéral de changer la mesure, par humanité. "S'il le fait, il obtiendra le soutien du PS", a-t-il assuré.

Regrets

Aurait-on la mémoire courte au PS? Elio Di Rupo a-t-il oublié que c'est son propre gouvernement qui a mis sur la table cette mesure? Non évidemment. Le patron du boulevard de l'Empereur fait d'ailleurs son mea culpa: il assume la mesure, mais il la regrette, dit-il. Et il renvoie la balle dans le camp libéral. "Il s'agit d'une demande 100% libérale, prise lors des négociations gouvernementales, à l'issue d'une grave crise où le pays allait à vau-l'eau, il fallait stabiliser le pays", a-t-il expliqué. Son homologue humaniste, Benoît Lutgen, n'a pas dit autre chose sur les ondes de RTL. "Ce n'était pas une bonne mesure, c'est pour ça que nous avons apporté des corrections, notamment pour les personnes travaillant à temps partiel."

Le président du PS évoque aussi le courage qu'il y a à reconnaître que l'on a fait une erreur. Une petite phrase qui sonne comme une flèche pour sa collègue Monica De Coninck (sp.a.), la "mère" de cette mesure qui déclare, elle, "ne rien regretter".

Cette marche arrière toute est-elle étonnante? Pas tant que cela. Lors de la campagne électorale, le PS avait déjà fait d'une renégociation de cette mesure une condition de sa participation à un éventuel gouvernement fédéral. "La situation socio-économique du pays a changé depuis l'adoption par le gouvernement de cette mesure controversée, et une rediscussion est dès lors souhaitable entre les futurs partenaires gouvernementaux", avait déclaré Laurette Onkelinx à la RTBF en février 2014.

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