"Ecover a toujours été un pionnier et tient à le rester"

©Emy Elleboog

Qui aurait misé sur l'avenir d'Ecover, il y a 35 ans, lorsque son fondateur s'est affiché en tant qu'alternative verte aux géants des détergents? Aujourd'hui, explique Rudy De Vis, responsable Benelux, l'entreprise a consolidé la niche et poursuit son travail pour une planète plus verte.

Un beau matin, à la veille des années 80, Frans Bogaerts, employé dans une fabrique de savon, se dit qu'on ne peut pas continuer à polluer les rivières avec le phosphate intégré dans les détergents. Dans sa petite ferme de la région anversoise, il se met en tête de développer des produits moins nocifs pour l'environnement. Premier pas du parcours d'Ecover, qui fête ses 35 ans.

L'histoire aurait pu rester celle d'un doux rêveur prêt à affronter les multinationales des détergents avec un produit écologique. Un combat perdu d'avance. Pourtant, en un peu plus de trois décennies, Ecover a su développer et consolider une niche qui lui a permis de s'implanter dans une quarantaine de pays et ouvert les portes de la grande distribution. Mais ça reste une niche dans un secteur toujours largement dominé par les produits fabriqués à base de dérivés de la pétrochimie.

"Notre ambition ultime est que la plus grande majorité des consommateurs trouve normal d'utiliser des détergents à base d'ingrédients naturels et renouvelables et que ce soit ceux qui seraient encore fabriqués à partir de la pétrochimie qui soient montrés du doigt", lance Rudy De Vis, country manager Benelux et business development manager d'Ecover.

Il reste du chemin à faire. Mais la société anversoise avance. Pas à pas. En 1992, lorsqu'il a fallu construire un véritable outil industriel - la première unité de production à Malle (Anvers) -, Frans Bogaerts a cédé le relais à un investisseur danois, Jorgen Philip-Sorensen, dont la famille est toujours propriétaire d'Ecover. "Nous avons la chance d'avoir des propriétaires qui partagent toujours notre vision écologique et sont prêts à investir dans le développement de la société", précise Rudy De Vis.

Petit à petit, Ecover étend ainsi son champ d'action. Pour desservir le marché britannique qui reste le plus important pour elle, Ecover investit dans une deuxième unité de production à Boulogne-sur-Mer, soit à proximité du tunnel sous la Manche, en 2007. Il y a deux ans, elle a réalisé sa première grande acquisition en reprenant les activités de la jeune société américaine Method, qui produit elle aussi des produits écologiques mais en insistant fortement sur le design des contenants. L'une est plus présente en Europe, l'autre sur le marché américain. Pour consolider cette activité, Ecover a encore investi dans une troisième usine écologique, près de Chicago, pour produire en interne les produits Method qui, jusque-là, étaient sous-traités. Elle sera opérationnelle en janvier prochain.

Aujourd'hui, Ecover réfléchit à aller toujours plus loin dans la composition naturelle de ses produits et à mener sa barque dans un sens qui réduise l'action nocive de l'homme sur la nature. "Nous ne pouvons pas nous contenter d'essayer de réduire l'impact des produits nettoyants sur l'environnement, insiste le responsable d'Ecover. Nous voulons réellement que notre action permette de restaurer l'équilibre de la nature."

C'est dans ce but qu'elle a récemment lancé la conception d'un flacon intégrant du plastique recyclé recueilli dans les océans. Une calamité pour la faune et la flore marines... et pour l'homme qui ingurgite aussi des micro-organismes de plastique en consommant du poisson. "Puisqu'il y a surpêche, pourquoi ne pas inciter financièrement les pêcheurs à récolter du plastique plutôt que du poisson", lance Rudy De Vis. Ecover étudie en tout cas des solutions pour le recycler à échelle industrielle.

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