Faute d'espace, Bruxelles préfère miser sur l'e-santé

La Wallonie met le paquet sur les biotechs. À Bruxelles, le manque d'espace disponible et les contraintes imposées par les salles blanches poussent les autorités à soutenir plutôt les start-ups orientées vers les technologies.

En e-santé, les pépites commencent à se multiplier à Bruxelles. Des sociétés comme VRMI (soigner les phobies par la réalité virtuelle), FeasyMotion (la cyberthérapie par le jeu) ou Esperity sont déjà en place.

Depuis janvier, une start-up s'attaque à un nouveau créneau: l'interconnection entre générations. Neveo met actuellement au point un boîtier à placer derrière la TV que l'on connecte à internet. "L'idée de départ est venue de mon associé, Vincent Leroy, qui cherchait un moyen de recréer des liens entre son grand-père et la famille qui séjournait à l'étranger. L'idée, c'est de reconnecter les générations en utilisant les outils familiers de chacun: tablettes et smartphones pour les jeunes, télévision pour les aînés", explique Simon Desbarax, cofondateur de Neveo. Pour le senior, l'utilisation du boîtier est aussi simple que de zapper sur une chaîne de TV. Il reçoit des messages, des photos, des vidéos directement sur son écran de télévision en tapant le numéro connecté au boîtier sur sa télécommande. "Habituellement, on vend aux seniors des technologies auxquelles ils ne sont pas habitués. Notre système propose une chaîne de TV privée reliée au réseau familial", dit Simon Desbarax.

Pour garantir un contact régulier, le système prévoit même un dispositif avertissant de l'absence de tout envoi après une semaine. Actuellement testé dans des maisons de repos, le boîtier devrait arriver sur le marché en septembre.L.V.D.

Depuis quelques années, la Wallonie ne ménage pas ses efforts pour favoriser l'essor des biotechnologies, ambitionnant ni plus ni moins de devenir une véritable "biotech valley" européenne.

On a tendance à l'oublier, certaines des sociétés qui s'y développent ont pris leur envol à Bruxelles. L'exemple le plus frappant est celui de Bone Therapeutics, une spin off de l'ULB aujourd'hui cotée sur Euronext Bruxelles et Paris, qui aura bouclé l'an prochain son déménagement à Gosselies.

À Bruxelles, on mise davantage sur le domaine de l'e-santé, autrement dit tout ce qui touche à la télémédecine (téléconsultation, téléréhabilitation, téléimagerie...), aux applications mobiles de santé et aux réseaux sociaux de patients. Pour une raison très prosaïque: l'espace.

"L'avantage de l'e-santé, c'est qu'elle ne requiert pas de salles blanches ou de grosses infrastructures. Nous pouvons donc plus facilement leur offrir l'infrastructure dont elles ont besoin", explique Azèle Mathieu, directrice de lifetech.brussels, le cluster bruxellois dédié aux sciences de la vie.

Les initiatives ne manquent pas. "Nous avons constaté l'an dernier une nette croissance du nombre de projets développant des solutions dans le domaine de l'e-santé", précise Azèle Mathieu. Sur les 65 entreprises (dont 8 start-ups) soutenues l'an dernier par lifetech.brussels, 33 se sont en effet tournées vers ce créneau d'activité requérant des compétences à la fois médicales et technologiques.

L'appui de Microsoft

Le cluster bruxellois a décidé d'apporter son grain de sel en s'appuyant sur le Microsoft Innovation Center (MIC) pour lancer un programme d'accélération de start-ups en e-santé. Concrètement, les entreprises reçoivent un support technologique et personnalisé, participent à des sessions de coaching et à des réunions d'investisseurs.

Quatre entreprises du cluster ont participé à la première édition de ce programme. Parmi celles-ci figure Neveo, une start-up créée il y a trois mois à peine (lire l'encadré ci-dessous).

Un cluster n'apporte pas d'aide financière. Pour cela, il y a les business angels, mais aussi, dans le domaine de la santé, des fonds tels que le Caring Entrepreneurship Fund, la fondation Fournier-Majoie ou l'Innovation Fund, créé début février.

Le rôle d'un cluster comme lifetech.brussels n'est pas négligeable pour autant. "Le réseau, c'est plus important que l'argent. Et justement, lifetech.brussels nous a apporté les contacts qui nous ont permis d'éviter des erreurs, en nous conseillant notamment sur les business angels à solliciter et sur le moment le plus opportun pour le faire", souligne Erard le Beau de Hemricourt, cofondateur d'Esperity, sorte de réseau social permettant des échanges via internet entre patients souffrant de cancer et leur offrant des informations et des services. Qui cite en exemple le rôle joué par le cluster santé bruxellois dans l'établissement de liens entre Esperity et Abrumet, un réseau santé incluant tous les hôpitaux et les médecins généralistes.

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