FreeeDrive, une appli pour rester concentré au volant

De nombreuses applis sont spécifiquement dédiées aux conducteurs. De nombreuses autres sont toutefois autant de sources de distraction pour les conducteurs. ©doc

L'automobile est un secteur ultra en vogue pour les développeurs d'applications, ce qui ne va pas sans risques. D'où le projet de Freeedrive: fixer des limites.

Alors que les constructeurs automobiles travaillent tous à l'intégration dans leurs véhicules de systèmes de divertissement, les développeurs d'applications mobiles envahissent eux aussi le créneau. Qu'il s'agisse de systèmes de guidage par GPS, d'outils pour trouver des places de parking ou de détecteurs de radars, des dizaines d'applications spécialement destinées aux conducteurs fleurissent sur les plateformes Android, iOS et Windows. Et ce, sans compter les applis "classiques" (messageries, réseaux sociaux, etc.) qui, outre leur utilité, sont aussi autant de sources de distraction pour les conducteurs. D'après plusieurs études, le facteur de risque d'accident est multiplié par plus de 20 lorsqu'un conducteur écrit un message en conduisant. Aux États-Unis, le texting au volant serait en cause dans plusieurs milliers d'accidents mortels chaque année.

Éviter d'être tentés par les notifications

D'où l'idée simple d'Augustin Rijckevorsel, jeune entrepreneur qui vient de lancer sa propre appli embarquée, Freeedrive. Objectif: bloquer l'accès à certaines applications durant la conduite. "L'utilisateur sélectionne une série d'applications qui seront bloquées lorsqu'il est effectivement en train de conduire, histoire d'éviter la tentation de regarder son smartphone à la moindre notification", explique Augustin Van Rijckevorsel, le concepteur de Freee Drive. "On sait tous très bien que c'est dangereux, mais on le fait quand même, par réflexe".

L'appli propose aussi de partager son statut FreeeDrive sur les réseaux sociaux, histoire de prévenir ses contacts. L'application se lance automatiquement lorsqu'elle détecte la connections Bluetooth du véhicule, mais elle autorise l'utilisation des kits mains-libres classiques "et si vous voulez laisser l'accès à vos mails du travail, par exemple, c'est possible, le choix appartient à l'utilisateur."

Si le conducteur tente tout de même d'accéder aux applications bloquées, un petit message "Désolé, vous n'y avez pas droit. Merci de continuer à conduire" apparaît.

Gratuite, l'application est disponible uniquement sur Android, "parce qu'Apple ne permet pas de lancer des applications qui interagissent avec d'autres applications sur le téléphone." Un handicap qui sera a priori impossible à surmonter, au moins dans un premier temps. Quant au business model, il reste à définir "une fois que nous aurons atteint une certaine taille en termes d'utilisateurs."

Freeedrive a en tout cas séduit l'IBSR et la police fédérale qui soutiennent l'initiative et en font la promotion. "Mais nous recevons surtout des marques d'intérêt des compagnies d'assurance. Nous sommes en train de préparer un contrat avec un grand club automobile en Allemagne", ajoute Augustin van Rijckevorsel. "Pour ce qui est du secteur des assurances, les contacts sont très bons mais les procédures prennent beaucoup de temps."

Lutter contre l'addiction au smartphone

À noter que l'objectif, à terme, est de lancer une appli plus généraliste, qui ne se limite pas à la conduite: "Il faut réduire la dépendance aux smartphones, le caractère compulsif de notre utilisation actuelle. En moyenne, un utilisateur regarde plus de cent fois son téléphone par jour", explique l'entrepreneur. "Ce que nous proposons va clairement à l'opposé de la tendance sur le marché des applications, et c'est ce qui nous fait penser qu'il y a des parts de marché à prendre", conclut-il.

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