Jean-Paul Rosette Un vrai self-made man, passionné d'automobile

©Debby Termonia

Jean-Paul Rosette, 53 ans, est un passionné d'automobile. Il a même fait les Boucles de Spa à plusieurs reprises comme pilote de rallye. C'est en partie cette passion qui l'a amené à étudier le dossier Carat Duchatelet. Mais, il y avait aussi l'image de la société. "Une marque de prestige." Ce natif de Theux a débuté sa carrière à Liège dans les services informatiques de Belgacom. "À l'époque, c'était encore la RTT. Mais, après un certain temps, j'ai décidé de partir. Quelqu'un qui est nommé et qui quitte la RTT, on me prenait pour un fou à l'époque!"

Il se lance alors dans un commerce informatique, qui se muera progressivement en société d'informatique.

En 2008, sa société Flexos entre en Bourse sur le Marché libre bruxellois. "C'était juste avant le début de la grande crise", dit-il en poussant un petit soupir. Aujourd'hui, Flexos est une holding qui détient la société française Clarilog, éditrice de logiciels pour réaliser l'inventaire de parcs informatiques hardware et software de sociétés.

C'est le 2 mai 2014 que Carat Duchatelet est tombé dans l'escarcelle de Jean-Paul Rosette à la suite d'une décision du tribunal de commerce de Liège. Ceci dans le cadre d'une procédure de réorganisation judiciaire (PRJ) avec transfert d'actifs. "Ce fut une séance épique au tribunal. Mais au final, nous avions les actifs et nous n'avions plus les dettes." Exit donc les actionnaires américains, les frères Tom et Chris Letter de la société Centigon, qui n'ont pas laissé que de bons souvenirs à Liège. "J'avais vu dans les journaux que Carat Duchatelet était à reprendre. Comme j'avais déjà repris la société Clarilog dans le cadre d'une PRJ, j'avais une certaine expérience dans la reprise de sociétés en difficultés. Mais honnêtement, au départ, je pensais que je n'avais que 1% de chances de réussir." Mais, comme il le dit, il faut croire à ses rêves même s'il ne faut pas être... rêveur.

Le plan industriel présenté au tribunal de commerce de Liège portait sur 4 millions d'euros. Il dit avoir reçu le soutien financier de la Sogepa et de Belfius Liège. "Vous savez, je n'avais pas vraiment de fortune pour reprendre Carat."

En Belgique, il dit apprécier un entrepreneur comme Marc Coucke. "C'est quelqu'un qui ose. Personnellement, j'ai peut-être commis l'erreur de rester au début sur Verviers et sa région. J'ai compris par la suite que le succès passait par l'étranger. Ce fut le cas avec Clarilog en France et avec Carat Duchatelet qui vise uniquement les marchés étrangers". Les premiers fruits de la reprise se font déjà sentir. L'exercice de mai à décembre pour Carat Duchatelet a été légèrement bénéficiaire.

Déjà coté au Marché libre avec Flexos, Jean-Paul Rosette n'écarte pas l'idée, à plus long terme, d'une cotation boursière pour Carat Duchatelet.

"Pourquoi ne pas être coté sur Euronext à Bruxelles, mais aussi en même temps à Dubai vu notre notoriété au Moyen-Orient. Ce que je voudrais surtout, c'est que l'action soit dotée d'une bonne liquidité", conclut cet adepte de l'analyse boursière technique, en particulier la méthode des... chandeliers japonais. Oui, Jean-Paul Rosette est quelqu'un d'étonnant dans le paysage belge. Et il n'a peut-être pas fini de nous étonner... M.L.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect