L'alimentation copiée en 3D bientôt dans votre assiette

Les chercheurs wallons ont mis au point une imprimante 3D appliquée à l'alimentation, déclinée pour l'instant pour le chocolat. ©BELGA

En présentation au pavillon belge de l'Expo universelle de Milan, la 3D Food Printing sera commercialisée en 2016.

Le résumé

Cette imprimante se veut une réponse aux défis alimentaires de demain.

L'industrie alimentaire wallonne est à la pointe de ce qui se fait en termes d'innovation.

Poudre de grillon, champignons cultivés dans du marc de café, salades plantées en étages... La révolution alimentaire est en marche. Et la Wallonie entend jouer un rôle actif! Au pavillon belge de l'Exposition universelle de Milan, le ministre de l'Économie Jean-Claude Marcourt (PS) est venu rappeler lundi les atouts de sa région. À ses côtés plusieurs responsables du secteur agroalimentaire. Et surtout des projets qui arriveront vite dans notre assiette! "Avec une population estimée à 9 milliards d'êtres humains en 2050, une révolution alimentaire est indispensable", explique Eric Haubruge, premier vice-recteur de l'ULg.

Aidé par les chercheurs de l'Université de Gembloux, Eric Haubruge a mis au point une imprimante 3D appliquée à l'alimentation. "Actuellement, nous travaillons sur le chocolat mais les déclinaisons sont nombreuses." Véritable attraction pour les visiteurs du pavillon belge, la "3D Food Printing" sera commercialisée dès 2016. Son prix: entre 1.500 et 2.500 euros. "Nous venons de mettre sur pied une start-up et recherchons des capitaux privés pour lancer la commercialisation. Nous avons besoin de 50.000 euros."

Outil "tendance" pour le design des desserts des grands chefs, cette imprimante se veut aussi une réponse aux défis alimentaires de demain. "Cette machine permet de donner une forme acceptable et plus appétissante à certains produits alimentaires comme la poudre d'insectes, explique Dorothée Goffin, la directrice du Smart Gastronomy Lab. Si la poudre alimentaire permet de prolonger la conservation des aliments, elle ne les rend pas appétissants. L'imprimante 3D répond à ce problème. Elle peut par exemple configurer à la poudre une forme plus familière." Pour Eric Haubruge, cette invention n'aurait jamais été possible sans le Smart Gastronomy Lab. "Ce laboratoire réunit des personnes d'horizons variés. Nous avons des geeks, des grands chefs de restaurant, des scientifiques. Tous ces métiers permettent l'éclosion d'idées. L'objectif est de faire rentrer la technologie dans l'alimentaire. L'imprimante 3D est un bel exemple."

Reste le problème des espaces disponibles. Où cultiver? "Les deux tiers de la population vivront dans les villes en 2050. Le territoire sera donc plus limité. Cela a nécessité une réflexion", estime Christophe Druet, responsable de Verdir (Valorisation de l'environnement par la réhabilitation durable et l'innovation responsable). Ce projet développé par l'ULg bénéficie d'un financement européen dans le cadre des fonds Feder. Les recherches ont déjà permis de lancer le Smart Plant Factory. "Ce conteneur pourra être situé temporairement sur des friches industrielles ou dans des bâtiments industriels inoccupés. À l'intérieur de ce conteneur, nous pouvons accélérer la croissance des plantes en jouant sur la lumière, sur l'air et l'humidité. L'injection de CO2 permet par exemple d'accélérer de 40% le cycle de production de la plante." Christophe Druet prend l'exemple du basilic. "Un conteneur peut produire 20.000 plants de basilic. Et sur un an, on peut aller jusqu'à 8 cycles par conteneurs."

Une fabrique d'insectes à Sambreville

Un autre exemple vient de Gembloux. L'université a lancé la spin-off Entomofood. "Cette spin-off est spécialisée dans la production d'insectes. Elle vient d'entamer la construction d'une usine à Sambreville. L'objectif est d'y produire 50 tonnes d'insectes par an pour le secteur de l'alimentation humaine", dévoile Eric Haubruge.

Jean-Claude Marcourt insiste sur cette révolution. "Il faut casser l'idée que l'alimentaire est quelque chose de traditionnel. La technologie est indispensable pour répondre à la mutation alimentaire. C'est la problématique majeure des 30 à 40 années à venir. Si nous n'augmentons pas de 60% la production alimentaire, la famine chronique touchera non plus des millions de personnes mais bien des milliards. Notre industrie alimentaire est à la pointe de ce qui se fait en termes d'innovation."

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