La médecine nucléaire s'ouvre au champ thérapeutique

Selon une étude d'un consultant spécialisé, la médecine nucléaire devrait porter ses revenus globaux de 4,1 à 24 milliards de dollars d'ici 2030. La radiopharmacie à but thérapeutique devrait prendre le pas sur le diagnostic.

La médecine nucléaire est essentiellement centrée aujourd'hui sur l'imagerie médicale destinée au diagnostic. Les évolutions technologiques laissent entrevoir une croissance continue du chiffre d'affaires des sociétés actives dans ce créneau. Pour certains analystes, le recours croissant à la tomographie par émission de positons (TEP) pour des pathologies cardiologiques ou neurologiques devrait en outre contribuer à doper l'expansion du marché de la médecine nucléaire.

Le consultant belgo-français MEDraysintell ne partage pas tout à fait cette analyse. Dans une étude de 800 pages destinée aux professionnels du secteur et au monde financier, cette société de consultance spécialisée dans la radiothérapie et la médecine nucléaire confirme que ce créneau de pointe est appelé à grandir de manière spectaculaire d'ici 2030. Les revenus globaux devraient ainsi passer de 4,1 milliards de dollars en 2013 à 24 milliards en 2030.

Mais alors que la radiopharmacie destinée à repérer des cancers ou des métastases prend à son compte plus de 95% des revenus globaux, l'utilisation de l'atome pour soigner des maladies est appelée à croître beaucoup plus vite (+ 30% en moyenne par an, contre + 5%). Résultat: d'ici 2030, la partie thérapeutique de la médecine nucléaire devrait peser 14 milliards de dollars de chiffre d'affaires, soit 58% des revenus globaux de la médecine nucléaire.

Les grands s'en mêlent

"Jusqu'ici, les grands groupes pharmaceutiques ne se sont pas beaucoup intéressés au volet thérapeutique de la médecine nucléaire. Mais c'est en train de changer, explique Paul-Emmanuel Goethals, le cofondateur de MEDraysintell. Bayer, par exemple, a développé, en partenariat avec la société norvégienne Algeta, le Xofigo, utilisé dans le traitement des métastases osseuses du cancer de la prostate. Il devrait rapporter cette année 200 millions de dollars sur le marché américain et est appelé à devenir, dans les prochaines années, le premier blockbuster de la médecine nucléaire." Son coût (69.000 dollars aux Etats-Unis) paraît prohibitif mais, selon Paul-Emmanuel Goethals, il n'est pas supérieur à celui d'une chimiothérapie.

D'autres laboratoires commencent à s'intéresser à la radiopharmacie thérapeutique. Selon le consultant, le prochain traitement devrait être un traitement du cancer du pancréas développé par la société française Advanced Accelerator Applications (AAA). Une mise sur le marché est espérée d'ici 2018-2020. "La radiopharmacie thérapeutique laisse aussi entrevoir des perspectives dans le traitement d'autres pathologies, comme les maladies cardiologiques", précise-t-il.

Un peu plus de soixante sociétés dans le monde sont aujourd'hui actives dans la recherche en médecine nucléaire. Les trois grands - Cardinal Health, General Electric Healthcare et Mallinckrodt, tous américains - qui ne sont actifs que dans le diagnostic pourraient à l'avenir se lancer dans le volet thérapeutique.

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