Majordome, un métier très tendance

Des films comme "Abbey Road" ou "Le vestige du jour" (ci-dessus) attirent les candidats majordome ©RV

Le modèle britannique est demandé dans les pays émergents, en tant que nouveau symbole d'opulence et d'art de vivre.

Les fans de séries télévisées voient ce phénomène comme une conséquence du succès de Downton Abbey. Les sociologues l'analysent plutôt comme un nouvel élément démontrant que les nouveaux riches (de Russie et de Chine notamment) veulent s'approprier la quintessence de l'art de vivre de la bourgeoisie européenne.

D'après The International Guild of Professional Butlers, les chiffres prouvent en tout cas que le métier de majordome connaît une expansion sans précédent. Rien qu'au Royaume-Uni, où l'immobilier de luxe croît à un rythme effréné, le nombre de "butlers" aurait doublé depuis 2007, à 10.000 pros.

L'autre indicateur qui parle de lui-même est la rémunération de ces "bons à tout (très bien) faire": un très bon majordome toucherait jusqu'à 300.000 livres par an (355.000 euros), et les mieux payés gagneraient jusqu'à 1,5 million de livres. La moyenne se situe entre 60.000 et 150.000 livres. Un salaire visant à s'assurer de la qualité irréprochable du service, mais aussi de la loyauté absolue du majordome.

Un CV très british

Autre tendance forte: les majordomes spécialisés dans la gestion des yachts particuliers. À la différence de la Haute Bourgeoisie de ces derniers siècles, les super-riches n'hésitent plus à passer des semaines entières sur un bateau de luxe. La British Butler Academy, l'une des principales écoles de majordomes, propose désormais une formation spécifique.

Située dans le Norfolk, au nord-est de Londres, cette institution enregistre de plus en plus de candidatures, et doit rejeter trois demandes sur quatre.

Son programme de formation s'étend sur deux semaines, et coûte 3.000 livres.

Toute la palette du savoir-vivre, de la courtoisie, de la discrétion et du service sur mesure est enseignée en accéléré, chaque disciple ayant dû au préalable fournir un CV irréprochable, notamment en matière de relationnel avec ses anciens employeurs.

Le programme est vaste: savoir marcher droit en tenant un plateau, savoir sourire, ni trop, ni trop peu, savoir manoeuvrer un plumeau, savoir quand proposer une coupe de champagne, savoir quoi regarder et quoi ne pas regarder, savoir sympathiser avec l'irritant caniche de madame, savoir ne pas tousser dans la fumée du gros cigare de monsieur,... Savoir vivre en somme, mieux vivre même que son propre employeur.

Last but not least: savoir parler la langue de Shakespeare, et si possible, ainsi que le demandent dans la majorité des cas les employeurs de majordomes partout dans le monde, être né au Royaume-Uni.

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