Quand les enfants découvrent les notions d'emploi et d'argent...

©Tim Dirven

Une chanson d'abord. L'histoire d'une pièce de 2 euros, qui part de la fabrique de monnaie à la banque, avant de se retrouver dans la poche de Mario le pizzaïolo, Antoine le blanchisseur, Florence la fleuriste,... Christine, elle, veut économiser, et rapporte donc la pièce à la banque.

En trois minutes, la boucle est bouclée. Les enfants de quatrième primaire de Notre-Dame du Sacré-coeur, à Schaerbeek, savent tout du circuit de l'argent. Et avec l'animateur, Jean-Baptiste Meulders, responsable du projet "Notre commune", ils vont mimer la chanson, et apprendre des notions économiques: le salaire, les impôts, les métiers, le processus de production d'un produit.

Mais pourquoi tout cela? Neuf ans, n'est-ce pas un peu tôt pour inculquer des notions aussi "capitalistes"? "Il est important que, dès le plus jeune âge, les enfants comprennent le milieu socio-économique dans lequel ils baignent", nous explique Jean-Baptiste Meulders. Christophe Bastin, l'instituteur, confirme: "Ils peuvent mieux comprendre leur environnement, l'intérêt d'avoir un métier."

Et, à entendre les enfants, ça marche. Michaël, 9 ans, nous confie qu'il a aimé découvrir plein de métiers. "Moi, je vais tout expliquer à mon petit frère", nous dit Aya, une petite brune motivée. L'année prochaine, ils passeront à la vitesse supérieure. Avec Jean-Baptiste encore, ils apprendront à créer un projet, un commerce par exemple, qui pourrait être implanté dans leur commune. L'entreprenariat, on y est...

L'ASBL Les jeunes entreprises (LJE) travaille en partenariat avec les Régions bruxelloise et wallonne. Près de 400 classes participent au projet "Notre commune". Un objectif: développer l'esprit d'entreprendre chez les plus jeunes. C'est-à-dire leur donner confiance en leur potentiel créatif, leur apprendre à résoudre leurs problèmes pour avancer dans la vie, et qui sait, oser un jour créer son propre emploi.

Nouveaux projets en vue

LJE est ainsi intégré au projet Boost Your Talent, soutenu par le fonds européen Feder. Didier Gosuin, le ministre bruxellois de l'emploi, tire un bilan positif de cette initiative née il y a 7 ans. Un nouveau projet a d'ailleurs été rentré à la Commission européenne. Car pour Gosuin, il faut continuer à inculquer cet esprit d'entreprendre aux jeunes, en particulier dans les milieux moins favorisés. "Soyons provocateurs. À Saint-Michel, il n'y a pas besoin d'argent pour faire des mini-entreprises. Les jeunes y apprennent le leadership et l'esprit organisationnel dans les mouvements de jeunesse. Dans les quartiers défavorisés, ce n'est pas le cas."

Le taux d'activité entrepreneuriale des jeunes Belges (18-34 ans) est le plus faible d'Europe: 3,1%, contre 9,2% en moyenne. "Or, si on veut créer de l'activité économique et de l'emploi pour les Bruxellois, il est essentiel de créer une culture entrepreneuriale", enchaîne Bruno Wattenbergh, directeur opérationnel d'impulse.brussels. Par culture entrepreneuriale, ils n'entendent pas nécessairement "création d'entreprise". "Il faut faire comprendre aux jeunes qu'ils peuvent être créateurs de leur propre emploi. Qu'il n'y a pas que l'option 'sécurité' de l'emploi public..., dit Gosuin. C'est dramatique, mais quand un jeune débarque chez Actiris, ce qu'il demande, c'est un emploi public..."

Mais parallèlement, il faut aussi casser la culture de l'échec, trop ancrée chez nous. La peur de l'échec paralyse les jeunes, les empêche de se lancer. Que ce soit dans les études dont ils rêvent ou dans leur propre activité. "Un Belge sur deux a peur d'échouer s'il lance sa propre entreprise. Aux Etats-Unis, ils ne sont que 30% dans le cas, constate Gosuin. Je ne vante pas le modèle américain, mais il faut redonner confiance." Et pour avoir confiance, pour enfin oser, il faut d'abord comprendre...

Le résumé

"Boost Your Talent" clôture sept ans de travail au sein des écoles. Parmi les initiatives: celle de l'ASBL "Les jeunes entreprises", qui aide les enfants du fondamental à découvrir leur environnement socio-économique, pour mieux l'appréhender, être rassuré, et un jour peut-être, entreprendre. Un facteur essentiel aujourd'hui pour s'insérer sur le marché de l'emploi...

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