Ce que l'Europe fait pour aider 12 millions de chômeurs de longue durée

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Plus la période de chômage est longue, plus la réinsertion sur le marché du travail est ardue.

L’Europe compte actuellement plus de vingt-trois millions de chômeurs, dont 50% de chômeurs de longue durée, et ce nombre ne cesse d’augmenter. Le chômage de longue durée est l’un des pires héritages de la crise. Il a doublé entre 2007 et 2014, et frappe actuellement quelque douze millions de personnes dans l’Union européenne, soit autant de travailleurs potentiels qui, pendant plus d’un an, n’ont pas pu retrouver d’emploi.

Pour plus de la moitié d’entre eux, cette attente dure déjà depuis deux ans, ou même davantage. En France, les chômeurs de longue durée représentent 41,1% du total des chômeurs.

Le chômage, a fortiori s’il dure depuis longtemps, a d’importantes répercussions sur les individus et leurs familles. Avoir un emploi, ce n’est pas seulement disposer d’un revenu. Le travail est aussi une source de relations sociales, d’estime de soi et d’épanouissement personnel. Plus la période de chômage est longue, plus la réinsertion sur le marché du travail est ardue.

La Commission s’est engagée, avec les partenaires sociaux, à faire de ce problème une priorité, et nous invitons les États membres à en faire de même.

Trois mesures concrètes

Si l’état de l’économie s’améliore progressivement, il faudra un certain délai avant que le marché de l’emploi ne s’en ressente. La proposition que je viens de présente vise à écourter ce délai et à aider les citoyens à retrouver du travail.

Marianne Thyssen, Commissaire européenne pour l'emploi, les affaires sociales, les compétences et la mobilité des travailleurs. ©BELGAIMAGE

Nous proposons trois mesures concrètes. Premièrement, faire en sorte que tous les chômeurs de longue durée soient inscrits auprès d’un service de l’emploi. Deuxièmement, dresser, dans les dix-huit mois, un bilan de leurs besoins individuels. Troisièmement, proposer un "accord d’insertion professionnelle" après dix-huit mois de chômage au plus tard.

Les chômeurs sont fréquemment mis à l’écart du marché du travail faute de pouvoir bénéficier de ce type de soutien combiné et intégré. Il arrive aussi souvent que les chômeurs de longue durée ne soient pas inscrits auprès des services de l’emploi, ce qui réduit leurs possibilités de bénéficier d’une aide.

Les services ne sont parfois pas coordonnés entre eux et ne répondent pas toujours aux difficultés liées à l’insertion professionnelle. Ainsi, une personne restée longtemps au chômage ne sera peut-être pas en mesure d’accepter un emploi, faute de pouvoir payer un moyen de transport pour se rendre au travail. Il est donc essentiel de dresser des bilans individuels et de proposer des accords d’insertion professionnelle adaptés aux besoins et à la situation de chaque demandeur d’emploi.

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Certains États membres luttent mieux contre le chômage de longue durée que d’autres. Notre initiative a pour but d’inciter les États membres à favoriser les méthodes qui ont fait leurs preuves et à améliorer celles qui ne fonctionnent visiblement pas.

Par exemple, les États membres qui affichent un bilan positif en matière de réinsertion des chômeurs de longue durée sont ceux qui suivent des approches "centrées sur la personne", où les chômeurs bénéficient d’un accompagnement individuel.

Un autre élément de réussite majeur consiste à établir des partenariats entre les services de l’emploi et un large éventail d’intervenants – services sociaux, collectivités locales et partenaires sociaux – afin de venir à bout des nombreux obstacles que rencontrent les chômeurs de longue durée.

La reprise, meilleure arme contre le chômage

Malgré la situation actuelle, les perspectives d’avenir sont bonnes. L’économie repart lentement à la hausse. Il est important de le noter, car la reprise économique constitue la meilleure arme contre le chômage. La Commission favorise cette évolution grâce au plan d’investissement du président Juncker, doté d’une enveloppe de 315 milliards d’euros, qui devrait permettre, s’il est pleinement exploité, la création de millions d’emplois.

Avec les mesures concrètes qu’elle propose aujourd’hui, la Commission aide les États membres à aider les citoyens à retrouver du travail et leur offre des perspectives d’avenir, ouvrant ainsi la voie à un surcroît de reprise économique.

Les États membres peuvent bénéficier du soutien du Fonds social européen pour appliquer ces recommandations. La Commission à elle seule ne peut pas relever le défi redoutable qui consiste à remettre douze millions de personnes sur le chemin de l’emploi.

Il nous faudra compter sur le soutien des vingt-huit États membres, de tous nos partenaires sociaux ainsi que d’employeurs véritablement engagés. Il en va de notre responsabilité commune de redonner espoir à ceux qui sont restés trop longtemps sans emploi.

Marianne Thyssen | Commissaire européenne pour l'emploi, les affaires sociales, les compétences et la mobilité des travailleurs

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