Comment faire plus avec moins? La prospérité autrement

Pour prélever moins de ressources naturelles, les secteurs de l’alimentation, de la construction et de la mobilité adoptent graduellement des technologies vertes et bas-carbone. ©REUTERS

Le capitalisme international et le modèle linéaire de consommation ont mené à l’exploitation des ressources naturelles au-delà de leur capacité de reproduction. La nouvelle économie propose de "faire plus avec moins" et, en six leviers, de concilier croissance du revenu disponible, de l’emploi et de la compétitivité avec une diminution des émissions de CO2, de la consommation des matières premières et des coûts sociétaux.

Pierre Olivier Reinards 
Économiste chez Altran SA

Préservation de la diversité culturelle

"L’innovation produit" confère une réelle utilité aux biens, à partir de valeurs émotionnelles et de sens. Les stratégies de niches permettent une meilleure connaissance des marchés et des clients, satisfaisant des besoins locaux et personnalisés. En outre, l’économie du partage – espaces partagés, covoiturage, achats groupés – rend au travail sa dimension sociale et relationnelle fondamentale.

Amélioration de la qualité de vie

Une meilleure répartition des richesses contribue à la baisse de la pauvreté. L’immigration basée, entre autres, sur le rapatriement des savoirs précieux, permet de réaliser des économies dans le domaine de la formation et de réinvestir les gains en impôts. La diminution du besoin en espaces de bureaux, ainsi que l’investissement dans la recherche, la santé et la protection de la nature(1) y contribuent également.

Démocratisation de la sphère économique

Stimuler l’entreprenariat à petite échelle, ainsi qu’élaguer les business models existants et réduire les libertés accordées aux grandes multinationales mènent à la fin du "too big to fail" et des garanties étatiques accordées aux banques. Les bénéfices de "l’Investissement socialement responsable"(2) suivent une courbe ascendante, ce qui pousse l’adoption de processus décisionnels incluant le personnel et le développement de la RSE(3). Une étroite corrélation existe entre la qualité des institutions et le développement de certains pans de l’économie. L’État a donc une participation active à prendre dans la gestion des biens collectifs, des monopoles naturels et des externalités.

Les consommateurs de demain opteront pour des produits issus de la transition vers une économie circulaire et des "écosystèmes" à l’interface entre l’industrie et les services.
Pierre Olivier Reinards

Développement du "Green Business"

Pour prélever moins de ressources naturelles, les secteurs de l’alimentation, de la construction et de la mobilité adoptent graduellement des technologies vertes et bas-carbone. Le recyclage et le traitement des déchets, les énergies renouvelables, les nouvelles utilisations, reposant sur des infrastructures vertes et des processus de production écologiques créent de nouvelles sources de revenus(4). Les consommateurs de demain opteront pour des produits issus de la transition vers une économie circulaire et des "écosystèmes" à l’interface entre l’industrie et les services.

La finance remise au service de l’économie

Encadrer le capitalisme démocratique(5) et le capital fictif(6) est nécessaire. Les réglementations sont porteuses de nombreuses opportunités dans les services financiers. Le désendettement public devient possible en arbitrant entre une diminution des déficits et des tensions sur le marché de l’emploi. La politique monétaire des banques centrales devrait veiller à stimuler l’investissement en période de récession et à économiser en temps de haute conjoncture. De nouvelles méthodes de mesure des bénéfices(7) intégrant les externalités, telles que les coûts de la pollution, les toxines alimentaires et les changements climatiques, se révèlent primordiales.

Les technologies permettent une analyse prédictive de la maintenance et une amélioration de la traçabilité des fournitures et des stocks. Les bénéfices sont une amélioration de la satisfaction du client et de la génération d’économies dans la chaîne d’approvisionnement.
Pierre Olivier Reinards

Les synergies de la transition

L’internet des objets, la Data Analytics, la virtualisation, tels que le blockchain et le cloud, trouvent leur place dans de nombreux champs de l’économie, du secteur financier à celui de la santé, en passant par la logistique et la sécurité. En effet, ces technologies permettent une analyse prédictive de la maintenance et une amélioration de la traçabilité des fournitures et des stocks. Les bénéfices sont une amélioration de la satisfaction du client et de la génération d’économies dans la chaîne d’approvisionnement. Les investissements du monde des entreprises profiteront à l’ensemble de la société dans la mesure où l’économie circulaire et les avancées digitales mèneront à des économies d’échelle.

  1. Bio-ingéniérie et nano-technologies.
  2. Par exemple les green bonds. 
  3. Responsabilité sociétale des entreprises. 
  4. Les techniques d’impression 3D, la planification urbaine, le design modulaire, et les réseaux de distribution locaux et intelligents. 
  5. L’enrichissement par endettement. 
  6. Produits financiers dérivés obtenus par la titrisation. 
  7. De grandes industries (extraction minière et agriculture) ne sont plus rentables après le décompte des externalités liées à l’environnement.

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