Dix recettes de trésorerie

De nombreux dirigeants de PME évoquent les difficultés de trésorerie qu’ils rencontrent. Souvent, ils n’ont pas le temps (ou l’envie) de relancer leurs clients pour être payés. Charles Markowicz, comptable fiscaliste (Costmasters), donne quelques tuyaux...

Les difficultés de trésorerie se manifestent souvent par l’impression que les clients doivent beaucoup d’argent... Une fois cela confirmé par quelques indicateurs comptables et financiers, que faire?

♦ Connaître les grandes bases des flux financiers et les particularités de son entreprise. Nombreux sont les patrons qui ignorent les mécanismes du cash flow. Leur intérêt se porte essentiellement sur la charge fiscale et ce que la société leur rapporte. Mais ces informations, qui font de la comptabilité un outil de gestion au-delà de sa mission légale et réglementaire, ont un prix: pour les obtenir, il faudra demander à son (expert) comptable de les préparer et prendre le temps d’en discuter.

♦ Avoir un budget de trésorerie. Chaque dirigeant d’entreprise doit consacrer un minimum de temps pour évaluer la meilleure hypothèse de rentrées et sorties financières. Il existe des logiciels spécifiques dont certains sont à la fois efficaces et peu chers. Il est parfois suffisant de commencer par quelques lignes sur un tableur.

♦ Réviser et corriger les prévisions régulièrement. C’est probablement la meilleure assurance contre les tensions et manques de trésorerie. Si votre cycle économique est bien prévisible, des révisions trimestrielles suffisent. Dans les cas de variations aiguës, des prévisions hebdomadaires pourraient être utiles pour décider chaque semaine des factures prioritaires et des clients à "relancer".

♦ Avoir une politique de crédit adaptée. S’il est courant d’octroyer du crédit aux clients dans votre secteur d’activité, faites-le à bon escient. Sinon, envisagez d’être plus sélectif.

♦ Ne pas laisser filer ses créances commerciales. Informez vos débiteurs du temps qu’il leur reste avant l’échéance. Restez en contact rapproché avec eux et n’ayez pas peur d’être embêtant. Pourquoi ne pas accorder un incitant pour être payé rapidement?

♦ Payer ses créanciers stratégiquement, en établissant un ordre de priorité, suivant les conséquences de chaque paiement: pénalités, intérêts de retard, escompte, rupture de livraisons… Votre liberté de choix ne sera pas totale, car les administrations, le personnel et les domiciliations passeront souvent avant les autres; les fournisseurs prioritaires viendront ensuite et pourraient bien attendre quelque peu, tandis que les autres devront être plus patients. Quant aux escomptes accordés par les fournisseurs ils ne sont une aubaine que si la réduction apporte un avantage supérieur à la privation des fonds.

♦ Prévoir les temps difficiles. Des périodes ardues peuvent arriver. Ne financez pas d’achats importants si vous n’êtes pas certains de pouvoir les assumer.

♦ Faire travailler les produits financiers à son profit. Le leasing, le crédit de caisse… peuvent être d’excellents outils pour financer une PME. Même la carte de crédit, si vous êtes certain de pouvoir payer avant que les intérêts débiteurs ne vous soient imputés.

♦ Éviter les amendes, pénalités de retard et les frais d’huissiers.

♦ Ne pas confondre caisse et tiroir-caisse. L’entreprise n’est pas la personne physique qui la dirige. Tout retrait de fonds par le dirigeant doit correspondre à des hypothèses réalistes de trésorerie et à une évaluation préalable. l

chm@costmasters.com

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