"En avant pour l'emploi et le pouvoir d'achat"

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Tel était le titre accrocheur de la présentation dont s’est servi le gouvernement Michel I pour annoncer l’accord sur le budget et le virage fiscal (tax shift).

Tel était le titre accrocheur de la présentation dont s’est servi le gouvernement Michel I pour annoncer l’accord sur le budget et le virage fiscal (tax shift).

Et effectivement, ce gouvernement mise clairement sur l’emploi. Concrètement, il s’y attelle de deux manières.

Pour créer de l’emploi, il faut, en premier lieu, une économie compétitive qui est capable de supporter la concurrence avec nos partenaires commerciaux. La diminution des charges salariales pour les entreprises à 25% en 2018 constitue une étape importante pour accroître notre compétitivité. La baisse des cotisations sociales pour les bas salaires est encore plus marquée. En outre, la réduction des charges spécifiques pour le système de travail en équipe et le système de travail en continu dans le secteur privé passera de 20,4 à 22,8% dès 2016.

Pour favoriser l’emploi, il faut des travailleurs…

Cependant, pour favoriser l’emploi, il faut aussi des travailleurs. Le rapport 2015 du Conseil supérieur de l’emploi publié le 8 octobre laissait entendre qu’il faut encore prendre certaines mesures sur ce plan.

Le gouvernement ne fait encore rien du constat que, d’ici peu, les employeurs auront des difficultés pour trouver des candidats afin de pourvoir aux postes vacants qui seront créés.

Certes, le taux d’emploi est revenu au niveau de 2008, mais le taux de participation (rapport entre la population active et la population en âge de travailler, autrement dit entre 20 et 64 ans) est encore relativement bas: seuls 73,4% de la population en âge de travailler sont effectivement actifs (contre presque 80% dans nos trois pays voisins et 77,7% dans les 15 États membres de l’euro).

Pour rémunérer le travail, le bonus à l’emploi pour les bas et moyens salaires est augmenté, la déduction fiscale forfaitaire pour les frais est majorée et les tranches d’imposition sont légèrement modifiées.

Malheureusement, le gouvernement ne fait encore rien du constat que, d’ici peu, les employeurs auront des difficultés pour trouver des candidats afin de pourvoir aux postes vacants qui seront créés.

Le Conseil supérieur a toutefois déjà attiré l’attention sur ce point dans son rapport. Ces prochaines années, la croissance de la population qui atteint l’âge de travailler sera plus basse que dans le passé, alors que l’emploi augmente. L’écart entre les deux est estimé à 14.000 unités pour 2016; pour 2016, il s’agira de 18.400 personnes. Cette pénurie de main-d’œuvre devra se recruter parmi les chômeurs, les malades de longue durée, les immigrants, etc.

Que peut encore faire le gouvernement sur ce plan, vous demandez-vous?

Veiller à ce que les travailleurs qui sont au travail soient employables de manière plus flexible en fonction des besoins de l’employeur et des souhaits du travailleur. Songez par exemple à un assouplissement du règlement du temps de travail, des règles en matière de temps partiel et à d’autres obstacles à la souplesse sur le plan professionnel.

Objectif employabilité

En tant qu’employeur, ce que vous devez faire est clair: consacrer une attention particulière à l’employabilité optimale de vos collaborateurs.

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Dès lors, un bon employeur à l’heure actuelle veille déjà à avoir au moins un entretien par an avec son travailleur et, idéalement, à avoir différents entretiens "de motivation" au lieu d’entretiens "d’évaluation".

Il s’agit de proposer une plate-forme non seulement pour lui dire en quoi son travail était bon ou moins bon au cours de l’année écoulée, mais surtout pour discuter de ses talents. L’employeur tourné vers l’avenir assure le coaching de ses travailleurs et il les incite à exploiter au maximum leurs talents au sein de l’entreprise.

L’employeur qui agit de la sorte aura face à lui un collaborateur qui vient travailler chaque jour avec plaisir, ne ressent pas de stress négatif et souhaite continuer à travailler plus longtemps au sein de son entreprise.

Dirk Wijns, directeur d'Acerta Consult

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