chronique

Heure d'été, heurts divers

Vu l’avancée des travaux, il est fort probable que les Anglais devront aller voter le 26 mai. La double peine! Ils n’arrivent pas à divorcer mais doivent s’occuper du plan de table du futur mariage de leurs ex auquel ils ne seront évidemment pas invités! L'humeur de Bruno Coppens.

Dites-moi, la nuit prochaine, les Anglais passeront-ils à l’heure d’été? Ils pourraient très bien acter la séparation en abandonnant ce changement d’heure et creuser un peu plus le décalage horaire entre l’île et le continent, métaphore temporelle d’une rupture qui n’en finit pas de finir. En même temps, tant qu’ils ont un pied marin en Europe, ils doivent appliquer les décisions communes.

Preuve désolante: vu l’avancée des travaux, il est fort probable que les Anglais devront aller voter le 26 mai. La double peine! Ils n’arrivent pas à divorcer mais doivent s’occuper du plan de table du futur mariage de leurs ex auquel ils ne seront évidemment pas invités! Humiliant car ces "voix" du 26 auront, j’imagine, autant de valeur que celles des Congolais lors des récentes élections. La cherry sur le cake serait que, comme pour le Brexit, les Russes tentent de truquer à distance cette élection bidon!

Votez, référendumez, pétitionnez, de toute façon, l’Europe ne tiendra compte de votre avis que si cela l’arrange!

"La démocratie est le pire des systèmes, à l’exclusion de tous les autres", prétendait Churchill! Il prétendait bien. Souvenez-vous le fameux référendum sur l’Europe lancé en France en mai 2005 pour lequel les Français avaient voté "contre" à 54%. Personne, à l’époque, n’avait tenu compte de l’avis des électeurs… Quand je pense qu’en début d’année, Emmanuel Macron avait émis la suggestion d’organiser le fameux référendum d’initiative citoyenne (RIC) tant réclamé par les gilets jaunes en même temps que les élections européennes! L’humour au 45e degré, vu la tension dans l’Hexagone, je ne m’y lancerais pas, moi.

Autre exemple de total foutage de… faciès démocratique: l’abandon justement du changement d’heure. Comme le choix de garder ou non l’heure d’été et d’hiver relève des compétences nationales, tous les Européens seront consultés. Chouette! À part que… Si à l’issue des résultats, l’on constate qu’il y aurait trop de fuseaux différents à travers toute l’Europe, ce qui pénaliserait de façon évidente le secteur des transports dont la gestion est par contre une compétence… européenne, alors on reporterait la date d’abandon des heures hiver-été! Bref, votez, référendumez, pétitionnez, de toute façon, l’Europe ne tiendra compte de votre avis que si cela l’arrange!

Pour (re)lire les chroniques de Bruno Coppens, rendez-vous ici.

Mais revenons au Brexit qui risque bien d’emporter Theresa May. Pourquoi s’est-elle acharnée à dresser toujours le même buffet froid dans les salles de réception de l’Europe depuis des mois? Bien sûr, elle proposait un choix plus vaste de gelées fluorescentes, changeait une épice mais les puddings et les abats dans les panses de mouton restaient les mêmes.

Voulait-elle imiter la Dame de fer, toujours ferme sur ses positions? Ou à cumuler un max de miles avant le divorce définitif? Au vu du nombre de ses navettes Londres-Strasbourg-Bruxelles-Londres, ses miles devraient lui permettre aujourd’hui de s’offrir un Airbus. Non, je crois qu’elle était totalement paralysée en repensant à ce que le grand Winston disait: "Un conciliateur est quelqu’un qui nourrit un crocodile en espérant qu’il sera le dernier à être mangé."

Désolé, il faut que je vous laisse (des horloges à redérégler…) et, pour la route, une dernière perle churchillienne, totalement d’actualité: "L’Angleterre s’écroule dans l’ordre et la France se relève dans le désordre."

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