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Les prix pétroliers bas sont-ils appelés à perdurer?

©Bloomberg

La production et les importations du brut du Proche et du Moyen-Orient ne diminueront certainement pas.

Dès la fin des années 60, les États-Unis subirent un déclin ininterrompu de la productivité de leurs puits de pétrole et de gaz. L’amenuisement inexorable de ses ressources pétrolières conditionna le pays à devenir un importateur majeur. Et cela, jusqu’en 2008 lorsque fut découverte une nouvelle technologie dite du forage horizontal. Elle permet de forer plus rapidement, de mettre en œuvre davantage de puits sur un même site et surtout de les exploiter plus efficacement. Ce gain d’efficience a amené un doublement en trois ans des quantités de brut et de gaz produits par gisement et les perfectionnements technologiques continus pourraient encore accroître la productivité de 50% dans les trois prochaines années. Cette même avancée technique a entraîné une autre révolution, celle de l’exploitation du pétrole et gaz de schiste. Cerise sur le gâteau: ces progrès n’ont généré que des surcoûts très modérés. L’immense amélioration de la productivité aux États-Unis couplée aux apports de pétrole non conventionnel a bouleversé la donne énergétique mondiale. En quelques années, les Etats-Unis ont retrouvé leur autosuffisance pétrolière et sont en passe de compter parmi les grands exportateurs. Avec toutes les retombées économiques positives que comporte une telle situation.

Les raisons du pessimisme

Quelques analystes soulignent que les retrouvailles de l’Amérique avec une production abondante constituent précisément une des raisons de la chute des prix de l’or noir. Ils posent la question à plusieurs milliards de dollars: les prix pétroliers bas sont-ils appelés à perdurer? En général, leurs réponses ne sont pas de nature à réjouir les producteurs. Les cours du Brent en dollars ont dégringolé de près de 65% depuis juin 2014, mais nombreux sont les analystes qui n’entrevoient pas pour autant une remontée.

Besoin de capitaux

La production et les importations du brut du Proche et du Moyen-Orient ne diminueront certainement pas en raison des énormes besoins de capitaux de tous les pays de la région.

Pour diverses raisons. Par exemple, les réserves américaines de pétrole qui sont surabondantes. La production et les importations du brut du Proche et du Moyen-Orient qui ne diminueront certainement pas en raison des énormes besoins de capitaux de tous les pays de la région. L’Arabie saoudite qui ne veut plus jouer son rôle traditionnel de modérateur en modulant sa production. Les "petits" producteurs tels le Venezuela ou l’Équateur qui ne veulent ni ne peuvent baisser leur production et sont même prêts à la brader. Un contexte très comparable pour la Russie empêtrée dans ses problèmes militaires et économiques. La levée des sanctions imposées à l’Iran et donc la reprise de ses exportations, le ralentissement chinois, la montée en puissance des énergies renouvelables et bien d’autres éléments encore assombrissent les perspectives. La situation commence à peser dangereusement sur les exploitants américains. Les investissements sont en chute libre et le nombre d’exploitations ne cesse de diminuer. En octobre 2014, on dénombrait 1584 puits de pétrole en activité et 340 exploitations de gaz. À la fin du mois d’août dernier, on ne comptait plus que 662 "oil rigs" et 202 "gas rigs". La chaîne de l’activité pétrolière et gazière sur le territoire américain reste aux mains de nombreuses sociétés très disparates et pour plusieurs forts endettées. Ces problèmes d’endettement et de créances en danger ne sont d’ailleurs pas sans rappeler les prémices de la crise des subprimes en 2007. Jusqu’où pourra aller la capacité de résistance de ces producteurs? Sans doute jusqu’au moment où la baisse de la production américaine engendrée par les prix bas contribuera à déclencher une remontée des cours sur les marchés internationaux…

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