Sur 4 milliards de GSM, seuls 3% sont recyclés

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Le recyclage, dans ses limites, représente un potentiel économique et écologique considérable.

Des appareils électriques et électroniques novateurs ne cessent d’apparaître et rendent rapidement leurs prédécesseurs obsolètes: les lecteurs MP3 ont éclipsé les walkmans, les tablettes numériques ont d’ores et déjà détrôné les ordinateurs portables. Pour autant, la diffusion des innovations technologiques ne s’est pas accompagnée de pratiques de recyclage adéquates et optimales. Ainsi, si plus de 4 milliards de GSM sont utilisés aujourd’hui dans le monde, seuls 3% d’entre eux sont recyclés. Ce chiffre est d’autant plus alarmant que les gisements de DEEE (Déchets d’équipements électriques et électroniques) augmentent en parallèle de 2 à 3% par an.

De fait, notre modèle économique n’a pas pour objet le traitement de nos produits vétustes ou délaissés par manque d’usage. Le recyclage des DEEE revêt pourtant de multiples avantages: la récupération des matières premières valorisables composant nos appareils permet de réduire la pression que nous exerçons sur les ressources naturelles de la Terre et de limiter l’impact environnemental qui découle de la production primaire des métaux ou du rejet de ceux-ci dans la nature. Au-delà de ses vertus écologiques, la pratique du recyclage représente un potentiel économique considérable. Selon un récent rapport de l’Unep, la gestion des DEEE pourrait rapporter annuellement 360 milliards d’euros.

Recupel

Clairvoyante quant aux intérêts majeurs du recyclage et désireuse de limiter sa dépendance aux importations de matières premières minérales, l’Union européenne a développé un ensemble législatif pour actualiser la politique communautaire en matière de traitement des DEEE.

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La directive 2002/96/CE est certainement la plus emblématique à cet égard. En 2003, les Etats membres se sont vus contraints de mettre en œuvre un système de ramassage des DEEE, assuré en Belgique par l’ASBL Recupel. Un objectif annuel de collecte de minimum 4 kg de déchets par habitant a été fixé. Depuis lors, les producteurs et les importateurs sont également tenus de reprendre nos DEEE au nom des principes du "pollueur-payeur" et de "l’obligation de reprise". Une refonte de cette directive a été adoptée en 2012, posant un objectif de collecte de 45% des produits électriques et électroniques vendus pour 2016. Un taux de ramassage de 65% des équipements vendus ou de 85% des déchets produits chaque année devra avoir été mis en œuvre pour 2019. Plus concrètement, environ 20 kg de DEEE par habitant devraient être annuellement collectés dans les Etats membres d’ici cette même année.

En toute logique, les entreprises européennes se doivent de s’inscrire dans ce large mouvement législatif. Certaines notamment ont déjà fait preuve d’initiatives pour promouvoir le recyclage des DEEE comme un principe fondant leur identité entrepreneuriale. Elles soutiennent un changement progressif de nos modes de production visant à détourner notre économie de stocks de matières premières et de DEEE, où les produits vont de la mine à la décharge, pour embrasser une économie circulaire, où les matières et surtout les ressources non renouvelables s’inscriraient dans des cycles d’utilisation.

Umicore

L’une d’entre elles, Umicore, est une société belge d’envergure internationale active dans la technologie des matériaux. Elle occupe une place de premier plan dans les domaines de la récupération, du recyclage et de la transformation d’un large éventail de métaux précieux et spéciaux provenant de différents flux de déchets. Une autre entreprise, hollandaise quant à elle, a développé deux modèles de smartphone intégralement recyclables et réparables. La conception et la production de ces "fairphones", dont l’entreprise tire son nom, ont également été pensées pour intégrer diverses contraintes sociales. Ces initiatives doivent se multiplier si l’on veut tendre vers une généralisation de la pratique.

Ne l’oublions pas, aux côtés de l’UE et des entreprises, les citoyens sont en mesure de participer à la dynamique insufflée pour une meilleure prise en charge de nos déchets. D’une part, il nous revient de recycler plus systématiquement: une trop grande quantité d’appareils électriques et électroniques hors d’usage ou inutilisés ne connaissent pas de deuxième vie, se retrouvant stockés au domicile, enfouis en décharge ou incinérés sans valorisation énergétique. D’autre part, il est de notre ressort de consommer avec plus de sagesse: une gestion optimale des externalités commence d’abord par la prévention des déchets générés, comme le rappelle l’adage selon lequel "le meilleur déchet est celui qu’on ne produit pas".

Par Flora Barland & Laure Malchair | Commission Justice et Paix

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