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Chronique "Canal Nord-Sud"| L’électricité wallonne doit sauver la Flandre

Le Nord et le Sud du pays portent-ils un regard différent sur l'actualité? C’est le sujet que nous souhaitons aborder dans notre chronique. Alain Narinx (L’Echo) et Wim Van de Velden (De Tijd) croisent le fer chaque semaine.

Cher Alain,

Je suis heureux que notre rubrique trouve progressivement sa voie et que nous réussissions à créer une connexion entre le sud et le nord du pays au lieu d’en faire un match de boxe communautaire. Nous laissons volontiers ce match à nos politiciens, n’est-ce pas?

Le fait que tu trouves intéressante mon idée de transfert climatique inversé – où la Wallonie fournirait davantage d’efforts que la Flandre pour atteindre les objectifs climatiques – m’encourage à poursuivre sur cet élan. Que penses-tu d’un autre transfert inversé de la Wallonie vers la Flandre, où les centrales au gaz de Wallonie fourniraient de l’électricité à l’industrie du nord du pays?

Bientôt dans le noir?

En Flandre, nous sommes confrontés à un problème d’azote, ce qui rend tout projet de construction de nouvelles centrales au gaz indéfendable. Et ce n’est pas rien, car si toutes les centrales nucléaires sont mises à l’arrêt et que nous ne construisons pas de nouvelles centrales au gaz, nous nous retrouverons dans le noir. C’est ce qui explique ma proposition.

En Flandre, nous sommes confrontés à un problème d’azote, ce qui rend tout projet de construction de nouvelles centrales au gaz indéfendable.

Oui, Alain, seule la Wallonie peut nous sauver. Apparemment, l’ancien bassin industriel wallon souffre moins de la pollution que la Flandre, car à Charleroi, on a réussi à obtenir un permis pour l’élargissement de la centrale au gaz d’Amercoeur d’Engie-Electrabel. Espérons qu’ailleurs en Wallonie des centrales au gaz en nombre suffisant obtiendront un permis de bâtir, afin que l’électricité wallonne puisse faire tourner l’économie flamande.

Même si je retiens mon souffle. Si je veux être honnête, je dois reconnaître que le gouvernement Di Rupo ne s’est pas opposé à la décision d’un fonctionnaire provincial trop zélé qui, lors de la demande de permis d’Eneco pour la construction d’une centrale au gaz à Manage, a exigé que les émissions de CO2 soient captées. Cette exigence menace de rendre l’investissement non rentable, ce qui mettrait en péril la construction de centrales au gaz en Wallonie.

Tu l’as déjà dit, Alain, on ne négocie pas avec le climat. C’est la leçon que tu as tirée des inondations, qui démontrent que les coûts ne feront qu’augmenter si nous ne faisons rien pour lutter contre le réchauffement de la planète. C’est aussi le mantra des verts, qui se retrouvent face à eux-mêmes dans le dossier énergétique. Ils veulent en effet saisir l’occasion historique de fermer les centrales nucléaires, même s’il y a un prix à payer sur le plan climatique. Car les centrales au gaz émettent davantage d’azote et de CO2.

Devons-nous mettre de côté la problématique du climat lorsqu’il s’agit de la construction de centrales au gaz, afin de sortir du nucléaire?

À ton avis, que faut-il faire, Alain? Devons-nous mettre de côté la problématique du climat lorsqu’il s’agit de la construction de centrales au gaz, afin de sortir du nucléaire? Ou bien le gouvernement De Croo devrait-il changer d’avis et garder les deux centrales nucléaires les plus récentes, Doel 4 et Tihange 3, en activité pendant dix années supplémentaires, afin de gagner du temps et de progresser dans les énergies renouvelables?

La Wallonie pourrait détenir la clé, Alain, car avec l’électrification de notre économie, la demande d’électricité ne fera qu’augmenter. Et qui, en Flandre, osera encore plaider en faveur de la scission du pays – ou d’un rattachement de la Flandre aux Pays-Bas – si l’économie flamande dépend de la production wallonne d’électricité?

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