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Chronique "Canal Nord-Sud" | Si les vaccins ne suffisent pas, quelle est la prochaine étape?

Le Nord et le Sud du pays portent-ils un regard différent sur l'actualité? C’est le sujet que nous souhaitons aborder dans notre chronique, publiée simultanément dans L'Echo et De Tijd. Alain Narinx (L'Echo) et Wim Van de Velden (De Tijd) croisent le fer chaque semaine. Aujourd'hui, nous nous intéressons à la quatrième vague de Covid-19.

Cher Alain,

Je dois t’avouer quelque chose. Je suis découragé. C’est comme si tous nos efforts pour vacciner la population n’avaient servi à rien, car nous repartons aujourd’hui quasiment de zéro, avec l’arrivée officielle de la quatrième vague dans notre pays.

Je sais que je ne dois pas me montrer trop pessimiste, car en fin de compte, le gouvernement De Croo fait le maximum pour que nous puissions continuer à vivre normalement. Nous sommes en train de remettre en place toutes les mesures de protection après que – certainement en Flandre – nous ayons levé tous les freins et soyons devenus le pays le plus "libéré" d’Europe Occidentale.

Il n’empêche. Récemment, lorsque j’en discutais avec la ministre de la Défense Ludivine Dedonder (PS), je l’ai entendue soupirer. Elle craint, elle aussi, que les choses ne s’aggravent rapidement et que les écoles ne doivent à nouveau fermer leurs portes, ce qui obligera les travailleurs flamands et wallons à chercher des solutions pour garder leurs enfants ou à rester chez eux. En tout état de cause, nous devrons à nouveau travailler davantage à la maison et nous savons aujourd’hui à quel point cela peut être difficile.

Tout cela me décourage parce qu’en réalité, nos dirigeants avaient conclu un accord tacite avec la population: faites-vous vacciner et entrez dans le royaume de la liberté. Plus de masques de protection, ce qui aurait littéralement été un soulagement. Les jeunes ne risqueraient plus de recevoir une amende s’ils se rencontraient, et les entreprises pourraient redémarrer leurs activités. Tout cela est sur le point de revenir "à la case départ". Qu’en penses-tu, Alain?

À Bruxelles et en Wallonie notamment, tout le monde s’inquiète. Comme Inge Neven, de l’inspection de l'hygiène bruxelloise, l’a fait remarquer, la prochaine étape dans la capitale sera probablement une nouvelle fermeture des établissements de l’horeca, car il n’existe pas beaucoup d’autres options si nous voulons lutter contre le coronavirus. Le taux de vaccination élevé en Flandre demeure un atout, ne fût-ce que parce qu’il représente un matelas de protection contre toute mesure drastique.

Ce qui m’amène à la question, Alain, de savoir pourquoi la vaccination est tellement difficile dans le sud du pays. Le mouvement "antivax" semble être plus fort dans le sud que dans le nord de la Belgique. Est-ce parce qu’il bruine à Bruxelles lorsqu’il pleut à Paris? Quoi qu’il en soit, en rendant le pass sanitaire obligatoire, le président français Emmanuel Macron a permis d’augmenter le taux de vaccination en France.

Notre pays se montrait plutôt réticent à l’idée d’instaurer un pass sanitaire, mais entre-temps, Bruxelles et la Wallonie ont fini par l’adopter et la Flandre subit de plus en plus de pression pour qu’elle suive cette voie. En ce qui me concerne, c’est simple, Alain. Si le covid safe ticket, comme on l’appelle en Belgique, me permet d’accéder "au royaume de la liberté", cela ne me pose aucun problème. Et toi?

Par contre, je trouve inquiétant que l’on doute de plus en plus de la vaccination en tant que voie royale pour retrouver une vie normale. C’est pourquoi l’annonce de la quatrième vague me déprime à ce point. Je ne doute pas de l’importance de la vaccination, mais elle ne suffit apparemment pas. Et si le retour du masque n’est pas la fin du monde, la question se pose malgré tout de savoir comment nous allons pouvoir "vivre avec le virus".

Comment réorganiser notre vie sociale et économique puisqu’il ne semble pas possible de retrouver une forme de normalité après deux ou trois injections? Nous ne pouvons tout de même pas continuer à faire le yo-yo entre les menaces de fermetures et de confinement et le royaume de la liberté? À moins que ce ne soit notre destin, Alain?

Wim

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