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10 ans de l'"Erasmus militaire"

La Belgique, avec l’Ecole royale militaire, a été à l’origine de l’Erasmus militaire lancé par la Présidence française de l’Union en 2008 et en est, depuis, un des moteurs. ©Photo News

Dans un contexte sécuritaire tendu (retour de djihadistes en Europe, risques d’attentats, etc.), une volonté politique des Etats membres de l’Union européenne (UE) apparaît de plus en plus clairement quant à la création d’une véritable Europe de la défense.

Stéphanie Heng, politologue franco-belge, experte en communication, commandant dans la Réserve citoyenne de défense et de sécurité - Armée de Terre (France)
Sylvain Paile-Calvo, chercheur politologue, lieutenant de Réserve citoyenne - Armée de Terre (France)

Nombre de discours témoignent de cette volonté, comme celui du Président français Emmanuel Macron "Initiative pour l’Europe – Une Europe souveraine, unie, démocratique" prononcée à la Sorbonne le 26 septembre 2017. Mais surtout, des initiatives concrètes ont été lancées depuis plusieurs années et continuent de voir le jour. L’une d’elles, l’initiative pour l’échange de jeunes officiers communément appelée "Erasmus militaire", inspirée du programme d’échanges d’étudiants et enseignants entre les universités et grandes écoles européennes et des établissements d'enseignement à travers le monde, Erasmus, va célébrer ses 10 ans cette année. Précurseur par de multiples aspects, elle est à tout le moins dans la droite ligne de ces efforts visant à consolider la Politique de sécurité et de défense commune (PSDC).

L’Erasmus militaire alimente cette entreprise à long terme en stimulant la mobilité des savoirs, des compétences et des personnels dans la formation des jeunes officiers militaires.
Stéphanie Heng et Sylvain Paile-Calvo

Retour sur un programme concret, inspirant et dont les retombées sont d’ores et déjà visibles.

Créer une culture européenne de sécurité et de défense

Contextualisant l’apport de l’initiative Erasmus militaire lors d’un discours à Bruxelles le 13 décembre 2017 (“Building on vision, forward to action: delivering on EU security and defence”), la Haute Représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Federica Mogherini, rappelle que si, actuellement, le "travail sur la défense se porte sur les atouts et les capacités", il est tout aussi important " de créer une culture stratégique commune au sein de notre Union". Et de préciser qu’il est en effet "de plus en plus vital que nos personnels militaires aient l’opportunité de bénéficier d’une véritable formation européenne".

L’Erasmus militaire alimente cette entreprise à long terme en stimulant la mobilité des savoirs, des compétences et des personnels dans la formation des jeunes officiers militaires. Elle permet aux écoles et aux universités militaires européennes d’innover dans l’apprentissage de l’interopérabilité en lançant régulièrement de nouvelles activités complémentant les offres de formations des États membres, toujours en exploitant les synergies pouvant contribuer à l’excellence des cursus offerts.

En 10 ans, les activités menées dans ce cadre ont permis de former des milliers de futurs chefs militaires à agir ensemble sur les théâtres d’opérations.
Stéphanie Heng et Sylvain Paile-Calvo

A l’horizon 2019, notamment, un premier Master commun devrait être proposé par des instituts de formation de quatre États membres de l’Union.

Former des chefs militaires à agir de concert

Les premiers résultats et bénéfices du programme sont déjà visibles. En 10 ans, les activités menées dans ce cadre ont permis de former des milliers de futurs chefs militaires à agir ensemble sur les théâtres d’opérations. Les expériences et les expertises acquises permettront, dans le futur, de peser sur les orientations de la PSDC de l’UE.

Agir seuls pour la sécurité et la défense n’est plus une option, former à cette réalité est une obligation.
Stéphanie Heng et Sylvain Paile-Calvo

La Belgique, avec l’Ecole royale militaire (ERM), a été à l’origine de l’Erasmus militaire lancé par la Présidence française de l’Union en 2008 et en est, depuis, un des moteurs. Gageons qu’en tant qu’acteur clé de l’Union, elle saura autant continuer à bénéficier des savoir-faire de ses partenaires que faire bénéficier ceux-ci de l’excellence de ses formations, afin que la nécessaire européanisation de la défense se poursuive dans les années à venir.

Agir seuls pour la sécurité et la défense n’est plus une option, former à cette réalité est une obligation. C’est ce constat qui doit animer l’Erasmus militaire pour la décennie à venir.

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