5 leçons à tirer du succès des Diables Rouges

Au football comme au travail, plus votre équipe est diversifiée, plus les perspectives sont nombreuses, plus elle sera innovante. ©Photo News

Que pouvons-nous, nous, Belges, tirer comme leçons du succès de notre sélection nationale de football au mondial?

Xavier Damman
Cofondateur d’OpenCollective.com

Nous gagnons en parlant la même langue

L’anglais est de facto devenu la langue de travail de notre équipe. L’idée de laisser chacun s’exprimer dans sa langue régionale natale est bonne, et fonctionnait lorsque l’équipe belge était faite de néerlandophones et francophones, mais n’est plus du tout réaliste aujourd’hui.

Nous ne devrions pas parler de fuite des cerveaux lorsque nos talents quittent la Belgique.
Xavier Damman

Notre génération ne se préoccupe pas beaucoup des politiques traditionnelles et du politiquement correct, comme quand on doit s’adresser au Roi dans sa langue nationale. Pas de protocole, pas de connerie. "On s’en bat les couilles", comme dirait De Bruyne. Notre volonté est de collaborer et d’atteindre l’objectif.

Nous gagnons en jouant l’offensive

Les Diables Rouges ont marqué plus de buts en une Coupe du monde qu’ils ne l’ont fait durant toute ma jeunesse. D’ordinaire, nous jouions la défense. Notre posture était plutôt attentiste, d’attendre de voir ce qu’allait faire l’adversaire. L’équipe belge qui gagne est une équipe qui joue l’offensive. Dans le même esprit, n’attendons pas que d’autres pays prennent l’initiative pour nous. Pour la légalisation de la marijuana, des psychédéliques, le revenu de base universel, la micromobilité, etc. Soyons à l’avant-garde! Osons innover. Osons essayer quelque chose de nouveau. Jouons l’offensive!

Nous gagnons lorsque nous envoyons nos talents à l’étranger

Quelle différence entre l’équipe de football de 1994 et celle de 2018? En 1994, tous les joueurs jouaient dans la ligue belge. En 2018, la majorité joue à l’étranger. Nous ne devrions pas parler de fuite des cerveaux lorsque nos talents quittent la Belgique. Il faudrait, au contraire, parler d’entraînement cérébral.

Nous gagnons lorsque nous contractons des joueurs étrangers

Le vivier de talents sera toujours plus substantiel hors de Belgique qu’en Belgique (un simple calcul mathématique). S’offrir les services de Martinez et Henry était un grand pas en avant pour l’équipe belge. Une possibilité découlant du fait que la langue de travail de notre équipe était devenue l’anglais. Pour nous enrichir du savoir-faire des meilleurs, nous devons nous ouvrir au monde.

Sur le terrain comme au Parlement ou dans une salle de réunion, rassembler des personnes différentes issues de cultures différentes débouche sur de nouvelles perspectives très nécessaires.
Xavier Damman

La prochaine fois que vous créerez un diaporama ou rédigerez le PV d’une réunion, faites-le donc en anglais. Il en résultera un environnement de travail beaucoup plus accueillant pour les talents venant de l’étranger. Devenir un lieu attractif pour les étrangers. Tout le monde y gagnera.

Nous gagnons lorsque nous englobons tout le monde

Sur le terrain comme au Parlement ou dans une salle de réunion, rassembler des personnes différentes issues de cultures différentes débouche sur de nouvelles perspectives très nécessaires. Quand, dans votre équipe, vous n’avez que des blancs tous sortis des mêmes écoles, impossible d’embrasser l’ensemble des différentes facettes du problème et vous n’apprenez pas grand-chose. En revanche, plus votre équipe est diversifiée, plus les perspectives sont nombreuses, plus elle sera innovante. Les équipes belges sont gagnantes lorsqu’elles accueillent toutes les cultures et que chacun se sent invité à apporter sa contribution.

Rendez-vous dans 2 ans!

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