carte blanche

5G et décisions politiques, un monde numérique et des réalités pratiques

Faut-il imposer la 5G sur le territoire de toutes les communes ? Curieuse mais intéressante question...

Par Louis Tulkens,
Historien

Quelques jours avant les élections communales, un quotidien a fait parvenir une série de questions aux différents partis politiques francophones sur plusieurs points de leur programme. Il leur a demandé d’y répondre par l’affirmative ou la négative et de formuler des commentaires.

Une des questions était: "Faut-il imposer la 5G sur le territoire de toutes les communes?". Les réponses ont été intéressantes, quoiqu’un peu surprenantes à la veille du scrutin communal.

Curieuse question...

Curieuse question dans le cadre d’élections communales, lorsque l’on sait que les fréquences et leurs utilisations, en ce compris les obligations de couverture, dépendent du fédéral et du régulateur, l’IBPT.

Les opérateurs sont soumis à des obligations de couverture assez strictes que ce soit en 2G, 3G et 4G, avec une neutralité technologique. L’IBPT contrôle et sanctionne, le cas échéant, les opérateurs en cas de manquement.

©BELGA

Par ailleurs, les questions environnementales et urbanistiques pour l’implémentation de nouvelles antennes et de nouveaux pylônes relèvent, quant à elles, de la compétence des Régions.

Rappelons également que, dans le cadre de l’accord entre les opérateurs et la Région wallonne sur la taxation des installations par les communes et la Région, les opérateurs se sont engagés à renforcer la qualité de leur couverture mobile, avec un point en particulier pour les zones (trop) faiblement couvertes, surtout pour l’internet mobile. Le gouvernement et l’Agence du Numérique suivent de près ce renforcement.

Curieuse question, également, lorsque l’on sait que la norme 5G, si elle existe bien, n’est pas encore d’actualité. Le déploiement de la 5G d’un point de vue commercial, et non sous la forme de tests, n’est prévu qu’à l’horizon 2019-2020 au plus tôt.

Nous sommes donc loin des enjeux des élections communales et de l’impact des futures majorités dans ce débat.

Néanmoins, la question reste intéressante. Nous sommes au lendemain des élections communales. De nouvelles majorités se sont formées ou vont se former. Avec à la clef des programmes de gouvernance pour les six prochaines années.

Quelles seront les nouvelles majorités communales qui inscriront clairement qu’elles souhaitent, d’ici six ans, une couverture mobile complète, d’abord 4G et puis 5G, sur leur territoire?

Quelles seront les nouvelles majorités communales qui inscriront clairement qu’elles souhaitent, d’ici six ans, une couverture mobile complète, d’abord 4G et puis 5G, sur leur territoire?

Certes, cela nécessitera de trouver de nouveaux sites, d’obtenir de nouveaux permis, à l’issue d’une concertation avec la population. Les nouvelles majorités sont-elles prêtes à s’engager et, à tout le moins, à ne pas freiner ce déploiement?

Passer à l’acte

Depuis plusieurs années, l’intégralité du monde politique, à tous les niveaux de pouvoirs, parle de nouvel agenda numérique et de quatrième révolution industrielle via le numérique, de capitale du numérique ou de région connectée et de smart cities. Le temps n’est plus aux déclarations d’intentions mais aux faits.

Le temps n’est plus aux déclarations d’intentions mais aux faits.
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Il appartient donc aux autorités de se prononcer sur ce qu’elles souhaitent en termes de connectivité. Il faudra observer les futurs accords de majorité des communes, prévus pour début décembre. Il faudra également examiner, dans six mois, les programmes des partis pour les élections régionales, fédérales et européennes. Quelles positions prendront-ils vis-à-vis de la 5G?

Et si la 5G semble un must pour certains, il ne faudrait pas oublier les réseaux fixes pour en arriver à des Régions connectées dans l’intérêt de tous, consommateurs et professionnels.

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