Angela et Alexis, cessez de jouer avec notre avenir!

©AFP

Vingt pour cent des jeunes Européens sont sans emploi et doivent vivre dans des conditions de plus en plus précaires, ils se trouvent dans l’impossibilité de planifier leur avenir.

La pauvreté et les inégalités s’accroissent sur un continent pourtant riche et qui se veut être socialement juste, c’est ainsi qu’il perd de sa superbe et les avantages compétitifs qu’il avait sur d’autres territoires, comme l’Asie.

Les mouvements nationalistes et extrémistes s’affirment dans notre Union européenne, jouant de l’insatisfaction des politiques menées à "Bruxelles", incapables apparemment de fournir des solutions concrètes aux défis économiques et sociaux d’aujourd’hui.

Et notre voisinage s’enflamme: à l’Est, nous assistons à l’émergence d’une Russie autoritaire, tandis que, dans le Sud et le Sud-Est, des fondamentalistes religieux sont prêts à se battre contre l’Europe et ce qu’elle représente: la liberté et la diversité pourtant nécessaires.

De sommet en sommet

Mais que faites-vous, chers membres du Conseil européen, pour répondre à ces défis excessivement préoccupants pour les citoyens européens? Depuis l’émergence de la crise en 2008, vous, vos prédécesseurs et collègues, les chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne, n’ont réussi qu’à créer une "situation d’urgence continue". De sommet en sommet, des solutions fragmentées ou provisoires ont été introduites, sans résultats tangibles ni visibles. Dans vos efforts timides pour convaincre vos propres opinions publiques de la justesse de vos choix, vous avez oublié la vision en route, vous avez contrarié l’avenir du continent dans lequel vous vous trouvez, l’Europe. Six ans après le début de la crise, nous sommes maintenant collectivement dos au mur.

Il est évident que vos politiques ont échoué, que les effets dévastateurs de votre (in) action se déroulent sous nos yeux. Se pointer du doigt les uns les autres, trouver des boucs émissaires, ressasser les fautes des autres dans un passé récent ou plus lointain, en appeler à on ne sait quel acteur externe comme défenseur ou sauveur des positions unilatérales que vous avez prises, tout cela ne peut être que la confirmation du désastre.

Doit-on vous remercier pour vos politiques égoïstes et à courte vue, alors que le processus européen avait su sublimer les tensions héritées de la Seconde Guerre mondiale? Maintenant, le nationalisme, le populisme et l’euroscepticisme sont plus forts que jamais!

Que vous ayez permis cela est irresponsable, les générations futures vous en tiendront rigueur.

Réagissez avant qu’il ne soit trop tard! Arrêter de jouer et d’hypothéquer l’avenir de notre Union! Il est temps que vous et ceux qui vous entourent se rappellent que les ennemis ne sont pas à l’intérieur de l’UE, mais à nos portes. C’est sur ces défis majeurs que votre attention devrait se concentrer. Vos querelles et hésitations des six dernières années coûtent cher à l’Europe, à ses citoyens, et encouragent les nationalismes contre lesquels les pères fondateurs de l’Europe unie ont combattu. Vous détruisez le rêve européen!

Mais tout n’est pas perdu.

Unité, vision commune et conscience collective des défis de demain, tout cela est impératif pour enfin s’attaquer aux problèmes auxquels l’Europe et les citoyens européens sont confrontés. La première étape est de redonner le sens de la confiance aux Européens et de fournir à la zone euro les outils institutionnels et politiques qui lui permettront de devenir à la fois efficace dans la relance socio-économique de notre continent et légitime aux yeux de tous les citoyens.

Prêcher l’exemple

Nous demandons que, même de manière tardive, vous commenciez enfin à prêcher par l’exemple.

Mme la chancelière de l’Allemagne, M. le Premier ministre de la Grèce, mettez de côté vos différences de court terme, regardez au-delà des prochaines échéances électorales, concentrez-vous enfin sur l’intérêt des futures générations de citoyens européens, qu’il s’agisse de Grecs, d’Allemands, de Hollandais ou de Français! S’il vous plaît, donnez à l’Europe cette chance: prendre un nouveau départ pour la projeter dans l’avenir — un avenir commun pacifique, équitable et prospère — au lieu de l’enfouir dans les ombres du passé!

Par Pietro De Matteis et Georgios Kostakos.

Membres de Stand Up for the United states of Europe et respectivement président et vice-président du European Federalist Party (www.standupforuseurope.eu et www.federalistparty.eu).

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