En ce jour de Saint-Valentin…

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Une chose est claire, la personne vivant seule est une réalité dans la Belgique du 21ème siècle. Et toutes les études démontrent que ce groupe ne fera que s’accroître dans les prochaines décennies.

Par Carla DEJONGHE
Présidente d’all1 asbl
Députée Open Vld au parlement bruxellois

Tout le monde reçoit de nombreux mails avec des idées de cadeaux de Saint-Valentin et des messages comme “une soirée romantique avec des bulles” ou “surprenez votre amoureux avec un menu Saint-Valentin”. Oui, je suis seule lors de la Saint-Valentin et non, il ne faut pas me le rappeler toutes les 5 minutes. Les gens vous disent les choses les plus bizarres le 14 février.

“Tu ne seras tout de même pas seule le jour de la Saint-Valentin?”

Je ne suis pas associable et je travaille donc non, je ne serai pas seule ce jour-là.

1 ménage belge sur 3 se compose aujourd’hui d’une seule personne. Dans les grandes villes comme Bruxelles, le ratio est de 1 pour 2.
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1 ménage belge sur 3 se compose aujourd’hui d’une seule personne. Dans les grandes villes comme Bruxelles, le ratio est de 1 pour 2. Beaucoup de personnes se retrouveront seules à un moment ou un autre de leur vie. Les célibataires endurcis et les personnes voulant vraiment vivre seules sont plutôt rares, beaucoup d’entre elles se retrouvent seules suite aux aléas de la vie. Il n’y a pas d’âge pour vivre seul. Même si ce groupe de personnes est très divers, il est confronté à des problèmes spécifiques et des préjugés tenaces, la plupart de celles-ci ne sont ni égoïstes, ni malheureuses, ni solitaires.

“Sois contente d’être seule. La Saint-Valentin coûte très cher.”

Naturellement. Mais ce jour coûte moins cher que de vivre seul. Il faut payer seul le loyer ou le crédit, l’électricité, le chauffage, le téléphone, l’internet, … Une personne seule sans enfants avec un revenu moyen participe à hauteur d’environ 56,3% de son salaire brut à des taxes et des contributions sociales, rencontre des difficultés à obtenir un prêt hypothécaire ou à acheter un logement, ne peut se permettre une pause carrière, a moins de pouvoir d’achat, … Et si par exemple un bon ami ou filleul hérite, elles sont soumises aux droits de succession maximaux qui peuvent s’élever jusqu’à 80% à Bruxelles et en Wallonie.

"Comme c’est chouette d’être seul"

Mais pourquoi tu ne l’es pas alors? Tu peux faire ce que tu veux, quand tu veux et avec qui tu veux . Tu peux manger des tonnes d’ail, ne pas t’épiler les jambes et tu ne dois pas te battre pour avoir la télécommande. Tu n’es pas réveillée par les ronflements de ton partenaire. Le dimanche, tu ne dois pas assister aux matchs de foot dans le froid ou être gentille avec des beaux-parents énervants.

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Dans notre société, la réussite se mesure encore trop souvent au fait d’avoir ou non un partenaire? Mais est-ce tellement une mauvaise chose d’être seul? Le plus grand avantage est que tu apprends à te connaître. Tu as le temps de réfléchir sur qui tu es, sur ce que tu veux, sur tes désirs et tes motivations et tu ne dois pas rendre de comptes à quelqu’un d’autre. Ceci n’est pas une situation triste. Tu sais qui tu es et tu peux croire en toi-même! C’est formidable!

“Peut-être recevras-tu un cadeau…”

Qui sait? La Saint-Valentin était à l’origine une déclaration d’amour anonyme. Il n’était pas coutume de déclarer sa flamme en public, mais le 14 février tout le monde pouvait surprendre son ou sa bien-aimée avec un poème ou un cadeau. (Ceci était très pratique pour les femmes mariées ayant un amant, qui pouvaient eux-aussi leur offrir un présent).

Une chose est claire, la personne vivant seule est une réalité dans la Belgique du 21ème siècle. Et toutes les études démontrent que ce groupe ne fera que s’accroître dans les prochaines décennies. Heureusement, les gens ont pris conscience qu’être seul peut également leur arriver. Heureusement, on réalise enfin que vivre seul n’est pas une tare.

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