L'Islam radical, la cocotte-minute bruxelloise

Pensez à l’imam Seyran Ates, une femme désormais menacée simplement parce qu’elle estime que la femme est l’égale de l’homme et que le voile a été créé par les hommes et non par Dieu. ©Photo News

L'année prochaine, la Belgique va enfin reprendre la gestion de la grande mosquée de Bruxelles, pour mieux contrôler les doctrines qui y circulent. Mais dans de nombreux cercles, le mal est déjà fait. L'Etat doit reprendre l'initiative face aux dangers de l'Islam radical.

Assita Kanko
Auteure

Elle se situe au cœur de Bruxelles entre les monuments du Cinquantenaire et les bâtiments imposants des institutions européennes. C’est la grande mosquée de Bruxelles dont le financement, la langue et l’agenda pédagogique nous échappent. Tel imam salafiste y tient des propos diamétralement opposés à nos lois et à nos valeurs européennes et endoctrine ainsi des jeunes. On entend parfois ces choses-là et puis le temps passe. Même phénomène dans d’autres endroits du pays, notamment Verviers ou ailleurs en Europe.

D’ailleurs, fin juin, nous apprenions par voie de presse qu’un jeune belge est condamné à mort en Irak pour avoir combattu au sein de l’Etat islamique et pénétré illégalement sur le territoire Irakien. Depuis Mossoul, il avait salué les attaques terroristes perpétrées en Europe. Ce garçon né à Verviers s’est peu à peu retourné contre notre société et ses valeurs démocratiques tout en sombrant dans la criminalité. Scénario classique. Déjà vu.

Le rapport de l’OCAM dévoile un secret de polichinelle. La violence prônée par le biais de la grande mosquée de Bruxelles contre les mauvais musulmans ou les infidèles, et le risque d’endoctrinement des jeunes étaient connus. Désormais, ils sont simplement officiels. Dans la foulée, la convention avec l’Arabie saoudite sera suspendue et la littérature salafiste a été saisie par la justice belge.

J’ai déjà vu des livres où l’on apprend aux femmes à être de bonnes musulmanes soumises alors que les garçons ont le rôle de prince.
Assita Kanko

Très bien. Mais en même temps, cet acte me semble tellement dérisoire au vu de la gravité de la situation dans laquelle nous sommes et de toutes les conséquences auxquelles il faut faire face depuis si longtemps. Ici, dans notre propre pays. C’est un peu comme essayer d’arrêter un bulldozeur à mains nues…

Dans les faits, ce type de littérature qui a été saisie restera facilement accessible dans les magasins de quartiers. En réalité, quiconque cherche de la littérature salafiste à Bruxelles en trouvera. J’ai déjà vu des livres où l’on apprend aux femmes à être de bonnes musulmanes soumises alors que les garçons ont le rôle de prince. Aussi, les gens qui ont eu accès à cette littérature ne vont pas changer leur façon de penser du jour au lendemain parce qu’elle n’existe plus dans leurs casiers. Dans les quartiers et dans de nombreuses maisons, la littérature n’est même pas nécessaire. La démonstration "live" est de mise et c’est cet exemple qui est inculqué aux enfants.

En réalité, les prêches vont se poursuivre dans les mosquées non officielles et l’enfermement identitaire se poursuivra chez des familles qui tirent toutes leurs informations de chaines étrangères et n’ont aucune idée de ce qu’il se passe en Belgique. Sauf parfois en ce qui concerne les droits sociaux.

Vie politique et système éducatif

Comme d’habitude, la tentation de continuer à fermer les yeux face à des faits qui, de toute évidence, ne sont pas aléatoires sera toujours là. On s’indignera de temps en temps face aux conséquences de cette attitude nourrie par lâcheté intellectuelle ou par l’opportunisme politique.

Il faut oser reconnaitre que nous avons un problème avec une certaine forme d’islam.
Assita Kanko

Dans la vie politique et au cœur de notre système éducatif, le ver est dans le fruit. À côté de l’opportunisme politique du laisser-aller, il y a l’échec de l’enseignement à atteindre son objectif de créer des citoyens capables de sens critique et de discernement. L’apartheid scolaire par rapport à la religion n’aide pas. De plus, des professeurs dont nous n’avons pas le contrôle sur la formation peuvent y donner cours.

Dans les faits aussi, observons cette habitude en Europe: ce sont les innocents qui se cachent et les musulmans modérés qui ne s’en sortent pas. Comment avons-nous pu approuver des attitudes violentes sur nos territoires dues au fait que des islamistes placent leur religion au-dessus des lois?

Souvenez-vous du meurtre de Théo Van Gogh aux Pays-Bas. Des mots écrits avec son sang adressés à Ayaan Hirsi Ali qui est obligée de vivre sous protection depuis plus d’une décennie. Cette situation est déjà une preuve de la violence existante.

En réalité, les prêches vont se poursuivre dans les mosquées non officielles et l’enfermement identitaire se poursuivra chez des familles qui tirent toutes leurs informations de chaines étrangères.
Assita Kanko

Pensez à l’imam Seyran Ates, une femme désormais menacée simplement parce qu’elle estime que la femme est l’égale de l’homme et que le voile a été créé par les hommes et non par Dieu.

À ce chercheur bruxellois d’origine turc qui choisit son itinéraire pour ne pas se retrouver en territoire "turc" à Bruxelles, où il risque de subir des pressions sociales.

Aux tribunaux islamiques à Londres où un système parallèle continue à grandir auprès de nos institutions et dont les femmes sont les principales victimes.

Pensez à toutes les fois où certains estiment qu’il faut être plus doux dans la critique car il n’y a pas de problème avec l’islam et ces soucis comme le salafisme dans la grande Mosquée de Bruxelles ou le parti Islam, par exemple, sont des faits marginaux.

Y a-t-il une plus grande preuve de la vulnérabilité de nos démocraties occidentales que ces situations ou la liberté de pensée à été violée de manière totalement impunie et où on abandonne celles et ceux qui la défendent? Ce sont les victimes qui vivent dans la réclusion pour que la menace perdure. L’Europe a perdu la main.

À côté de l’opportunisme politique du laisser-aller, il y a l’échec de l’enseignement à atteindre son objectif de créer des citoyens capables de sens critique et de discernement.
Assita Kanko

Une solution durable?

Il faut arrêter l’apartheid dans les écoles et permettre à l’éducation d’accomplir sa mission. Il faut faire en sorte que l’éducation, tant à travers l’instruction publique qu’à travers l’application des lois soit suffisamment forte pour qu’aucun enfant, quel que soit le degré de la tentative d’endoctrinement ne gobe de telles idées. Que sa pensée critique soit suffisamment solide. Il faut que la justice ait les moyens de stopper les petits criminels à temps.

Il faut oser reconnaitre que nous avons un problème avec une certaine forme d’islam. Il faut être clair et intransigeant sur nos valeurs. Il faut que la justice joue son rôle de garde-fou et que nous restions vigilants.

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