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La canicule est derrière nous, vivement la prochaine

Serge Quoidbach

Et maintenant, que fait-on?

La Californie s’embrase, Tokyo rôtit, l’Europe s’assèche. Les images les plus apocalyptiques ont inondé les médias. Cet été, on pourra le dire : c’était barbecue géant pour tout le monde. Mais rassurons-nous, on nous a annoncé la fin de la canicule. Et les aides européennes arriveront plus vite auprès des agriculteurs. Les frites seront peut-être plus courtes. La Lesse n’aura pas pu transporter autant de kayaks. Les guêpes nous auront bien embêtés. Mais bon, finalement, on s’en sera sorti. Et à la rentrée, on en rigolera bien.

Et maintenant, que fait-on? On attend la prochaine canicule? Pour jouer à se faire peur, pour compter de nouveaux records historiques? Pour fantasmer sur des scénarios catastrophes comme cette étude publiée lundi qui nous transforme la Terre en étuve d’ici quelques décennies?

Sarna, dans le centre de la Suède, le 26 juillet 2018 ©AFP

Non. La Terre fond à nos pieds, nous devons réagir.

"La Terre brûle, et on se bagarre sur l’élargissement du ring de Bruxelles"

D’abord, bien sûr, en combattant les "climato-aveugles" à la Donald Trump. En plein brasier californien, le tweeto-compulsif américain a proposé de "couper des arbres". On pourrait lui confisquer son jouet, mais ce serait encore trop facile. Car dans cette course à l’échalote, il y a d’autres funambules notoires: les immobilistes, ces hamsters politiques qui font mine d’avancer. Et eux, ils forment le gros du contingent.

Regardez en Europe. Au lieu de diminuer, les émissions de gaz à effet de serre ont brusquement augmenté en 2017. En Belgique, elles augmentent même depuis 2014. En tête de gondole : le transport, qui représente près d’un quart de nos émissions. Et que fait-on en Belgique? Rien. La Terre brûle, et on se bagarre sur l’élargissement du ring de Bruxelles. La Terre brûle, et on ne sait toujours pas ce qu’on fera quand (ou si?) on sortira du nucléaire. La Terre brûle, et le climat est devenu une compétence… régionale. En pleine torpeur estivale, le gouvernement flamand s’est fendu d’une volonté d’interdire les cuves à mazout avant de se rendre compte que cette compétence émane du Fédéral. Une excuse à sa décharge : le Soleil cognait sec ce jour-là.

Oui, il nous faut réagir. Mais pas à la hussarde. Championne toute catégorie, la Chine a vendu, en 2017, 1,1 million de voitures électriques… qu’elle recharge au charbon. Idem pour l’Allemagne qui a coupé la prise du nucléaire. Que dire de la pollution grise des batteries desdites voitures électriques, des lampes basse consommation, des panneaux solaires, vers lesquels nous courrons le sourire béat?

Le chemin du climat est empli d’embuches, de coups de chaud et de tonnerre. Mais nous n’avons plus le choix. À moins d’attendre que la mer du Nord déferle jusqu’aux pieds des Bruxellois. Alors, c’est vrai, plus besoin d’élargir le ring et en plus, on aurait enfin un Bruxelles-les-Bains digne de ce nom.

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