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La politique de cohésion ou comment l'Europe se rend utile et visible

Dans le cadre de la politique de cohésion, 16 millions d’euros seront investis dans l’économie numérique, l’expansion des services publics en ligne et le raccordement de près de 15 millions de foyers à l’internet à haut débit.

À l’heure où l’extrémisme semble progresser de manière inquiétante dans toute l’Europe, le septième rapport sur la cohésion nous rappelle que la meilleure manière de lutter contre l’intolérance, l’égoïsme et les forces d’autodestruction engendrés par l’extrémisme est de faire en sorte que les nombreux avantages apportés par l’Europe soient visibles dans nos villages, nos villes et nos régions.

Par Corina Creţu
Commissaire européenne à la politique régionale

Voici quelques années seulement, l’Union européenne était confrontée à ce qui, pour beaucoup, a été le plus grand défi de son histoire: les États membres voyaient leur note dégradée, le secteur privé était en régression dans la zone euro et la croissance économique était au point mort. Sept ans plus tard, alors que, selon les indicateurs macroéconomiques, la crise économique et financière est désormais derrière nous, et que le PIB et le taux d’emploi atteignent des niveaux records, le septième rapport sur la cohésion nous aide à tirer les enseignements de la crise et à formuler des orientations pour l’avenir.

Ce rapport examine l’Europe à la loupe sous une multitude de facettes: PIB régionaux, investissements, innovation, gouvernance, migrations, énergie, questions urbaines, etc. Il montre notamment que la crise économique et financière a mis fin à des décennies au cours desquelles les disparités régionales s’étaient progressivement atténuées et, ce faisant, elle a creusé le fossé entre les différentes régions d’Europe. Il indique également que, même si les disparités régionales se réduisent à nouveau, il reste beaucoup à faire.

Les régions les plus riches ont connu la plus forte croissance

Au cours des dernières années, le PIB par habitant dans les régions les plus défavorisées d’Europe s’est rapproché de la moyenne de l’Union, mais cette évolution résulte principalement d’une amélioration de la productivité, au détriment du taux d’emploi. Les régions les plus riches, en revanche, sont celles qui ont connu la plus forte croissance, tandis que les régions "dans la moyenne", qui sont les plus vulnérables face aux chocs résultant de la mondialisation, ont enregistré un ralentissement de la croissance de leur PIB par habitant, le secteur manufacturier demeurant peu développé.

Il ressort également de ce rapport que la politique de cohésion, en plein cœur de la crise qui frappait l’Europe, a secouru aussi bien les États membres que les collectivités locales et régionales, grâce à des investissements stables, prévisibles et à long terme dans tous les États membres.

À un moment où ces derniers réduisaient leurs investissements, la politique de cohésion est devenue une véritable bouée de sauvetage pour les villes et les régions d’Europe. Durant la période de financement en cours, la politique de cohésion soutiendra 1,1 million de PME, aidera plus de 7,4 millions de chômeurs à trouver un emploi et permettra à 8,9 millions de personnes d’acquérir de nouvelles qualifications. Toujours dans le cadre de la politique de cohésion, 16 millions d’euros seront investis dans l’économie numérique, l’expansion des services publics en ligne et le raccordement de près de 15 millions de foyers à l’internet à haut débit. La politique de cohésion investira également en faveur de l’efficacité énergétique, de la protection de l’environnement et de l’amélioration des transports publics, ainsi que dans le réseau routier et ferroviaire transeuropéen.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes: en Belgique, au cours de la dernière décennie, les investissements au titre de la politique de cohésion ont permis la création de 30.000 emplois directs et le financement de plus de 3.600 PME et 4.000 jeunes entreprises. Par ailleurs, la Belgique retire également des avantages indirects des investissements réalisés dans les pays bénéficiant du Fonds de cohésion, grâce à l’ouverture de nouveaux marchés.

Outil d’investissement

Cela montre bien que la politique de cohésion après 2020 doit rester l’outil d’investissement le plus solide pour l’ensemble des régions, personne n’étant à l’abri de nouveaux chocs liés à la mondialisation, de l’évolution technologique et de nouvelles crises économiques. Il est bien difficile de dire qui, dans cinq ans, aura besoin d’un soutien financier pour ses PME, ses écoles, ses hôpitaux et ses infrastructures publiques!

Enfin, le rapport sur la cohésion propose différents moyens de renforcer encore à l’avenir l’efficacité de la politique de cohésion, en élargissant le champ d’application du Fonds européen d’ajustement à la mondialisation afin qu’il puisse servir, par exemple, à soutenir les stratégies de reconversion des régions, en réservant un montant non alloué de crédits pour faire face à des événements imprévus, en établissant un ensemble unique de règles de financement, voire en augmentant le cofinancement national de manière à renforcer l’appropriation sur le terrain des projets de la politique de cohésion.

À l’heure où l’extrémisme semble progresser de manière inquiétante dans toute l’Europe, le septième rapport sur la cohésion nous rappelle que la meilleure manière de lutter contre l’intolérance, l’égoïsme et les forces d’autodestruction engendrés par l’extrémisme est de faire en sorte que les nombreux avantages apportés par l’Europe soient visibles dans nos villages, nos villes et nos régions.

Une politique de cohésion plus forte et plus simple contribuera, à l’avenir, à une Europe plus forte et plus solidaire, dans l’intérêt de tous.

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