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Le livre de la semaine

Une autre fin du monde est possible. Vivre l’effondrement (et pas seulement y survivre), Pablo Servigne, Raphaël Stevens, Gauthier Chapelle, 336 pages, 19 €.

Comment vivre – joyeux, créatifs – et non pas seulement survivre à l’effondrement qui a déjà commencé? Un effondrement écologique qui est un processus systémique long et par à-coups – rien d’une apocalypse hollywoodienne.

Plutôt que de nier la catastrophe et les sentiments négatifs qu’elle provoque (peur, colère, culpabilité, dépression,…), les auteurs invitent à la lucidité et à l’acceptation, seule manière de ne pas être écrasé par ce futur. La réponse ne peut être claire que si la situation l’est aussi.

Par delà pessimisme et optimisme, ces scientifiques chaleureux proposent de regarder plus loin et d’aborder l’effondrement comme une formidable opportunité, jouant "l’espoir en mouvement" contre la prostration et invitant à devenir "les usagers du futur". Car il faut répondre à des questions du genre: "Que ferons-nous de l’immense désordre que laissent la modernité et le capitalisme?"

Un futur à voir "comme une possibilité de faire émerger d’autres mondes et de nous inventer d’autres avenirs", une nouvelle éthique, fondamentalement relationnelle, d’autres réseaux et d’autres récits. Car la fin d’un monde (celui que nous connaissons: l’état de la planète et notre modèle thermo-industriel toxique) n’est pas la fin du monde!

Passionnant et déroutant de par les chemins esquissés (on y croise hyperobjets, "wicked problems", savoirs indigènes, mycélium pluriversel, sagesse des sorcières,…), ce texte communique la paix de l’optimisme décidé; car "nul ne peut se sentir à la fois responsable et désespéré" comme le disait l’écrivain et poète Antoine de Saint-Exupéry.

E.B.

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