Le monde en alerte rouge

Professeur à l'ULB et à l'UCL, membre de l'Académie royale de Belgique. ©Thierry du Bois

Le Secrétaire Général de l’ONU lance un incroyable cri d’alarme. Le monde est en alerte rouge. Si l’alignement astral devient funeste, il faut, à tout prix, choisir la paix.

Le discours de fin d’année du Secrétaire Général de l’ONU est sans précédent. Il décrit le monde en alerte rouge.

Que se passe-t-il ? Dix ans de crise ont éreinté les démocraties tandis que les inégalités ont crû. Dans le plus parfait cynisme, les violations des droits de l’homme s’amplifient dans des pouvoirs verticalisés. Les défis climatiques semblent impossibles à régler si ce n’est avec résignation dans un monde surpeuplé qui consomme deux planètes.

"Si le monde est en alerte rouge, il est temps, individuellement et collectivement, de réclamer la paix."
Bruno Colmant

Les mutations géopolitiques sont stupéfiantes: la Chine s’impose comme une puissance dominante tandis que son vassal nord-coréen agite le spectre de la guerre et que les budgets militaires des pays asiatiques enflent démesurément. L’Iran redevient la Perse avec un accès à la méditerranée obtenu dans l’implosion de la Syrie, de l’Irak et du Liban. Cette Perse est l’alliée d’un autre empire disparu depuis un siècle : l’Empire ottoman qui est aussi soutenu par la Russie dont les rêves impériaux se réaffirment. Ces trois empires constituent la route terrestre de la Chine.

A coté de ces recompositions, les Etats-Unis, Israël et l’Arabie saoudite forment une coalition géographiquement discontinue. L’Afrique du Nord est en désarroi politique tandis que des migrations, venues du Sud et que les dérèglements climatiques amplifieront, vont constituer les plus grandes transhumances dont la planète aura témoigné.

"La Chine s’impose comme une puissance dominante tandis que son vassal nord-coréen agite le spectre de la guerre et que les budgets militaires des pays asiatiques enflent démesurément."
Bruno Colmant

A côté de ces recompositions tectoniques, l’Europe est un continent affaibli et rongé par le repli identitaire propre aux communautés vieillissantes. Quelle sera la ligne de front des prochains conflits ? Probablement entre le Sud de la Turquie et le Qatar. J’appartiens à la race de ceux que les précédents ne rassurent pas. Comme le chantait Maxime le Forestier dans " les jours meilleurs  : j'entends grossir les flingues et  fumer les mémoires pendant qu'une bande de dingues, au fond de leurs idées, peuvent arrêter l'histoire. Si le monde est en alerte rouge, il est temps, individuellement et collectivement, de réclamer la paix.

Le leader nord-coréen Kim Jong-un agite le spectre de la guerre. ©AFP

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