Les enjeux de la réforme du régime de pensions des militaires belges

Il est opportun que la réforme des pensions des militaires soit liée à la liste des métiers pénibles, selon Stéphanie Heng. ©Photo News

Alors que les militaires belges partent aujourd’hui à la retraite à l’âge de 56 ans, une décision de principe prise par le gouvernement fédéral en octobre 2016 vise à rehausser l’âge de la mise à la pension.

Stéphanie Heng
Politologue et experte en communication

Une période de transition est cependant souhaitable avant que la pension légale des militaires ne soit portée à 67 ans.

Les militaires ne sont pas des fonctionnaires ordinaires, et cela eu égard à leurs droits et devoirs. Seuls fonctionnaires à devoir servir le pays au péril de leur vie, les militaires font aussi partie des quelques catégories de fonctionnaires soumises à des restrictions de certains droits fondamentaux (et notamment l’interdiction de faire la grève).

Dans un contexte où la société a besoin de militaires pour la protéger, il est important de préserver l’attractivité de ce métier.

Les militaires belges sont actuellement présents sur plusieurs théâtres d’opérations, dont l’Irak, l’Afghanistan, le Mali, ou encore la Lituanie (surveillance aérienne). Quelque 700 militaires sont également déployés sur le sol belge pour accomplir des missions de surveillance dans les rues et aux abords des lieux "sensibles", en coopération avec la police. Tout militaire est au service de son pays, afin d’assurer la sécurité de ses compatriotes.

Métiers lourds et pénibilité

Divers critères permettent de déterminer la pénibilité. Ils sont au nombre de quatre et s’appliquent clairement au métier de militaire: des conditions de travail contraignantes (par exemple, un environnement de travail dangereux), une organisation de travail contraignante (travail de nuit, en services interrompus notamment), des risques accrus en matière de sécurité, ainsi que des risques de confrontation à des expériences traumatisantes.

Il est opportun que la réforme des pensions des militaires soit liée à la liste des métiers pénibles. Mais pas seulement: quelques points restent actuellement en suspens dans les discussions sur la réforme des pensions des militaires. L’un d’eux est la valorisation de la carrière par un aménagement de la fin de carrière.

Un congé préalable à la pension interne à la Défense pourrait être une solution afin de pouvoir limiter le départ des militaires et de leur expertise vers d’autres employeurs.

Dans un contexte où la société a besoin de militaires pour la protéger, il est important de préserver l’attractivité de ce métier et de le valoriser. Alors que le départ à la retraite est amené à être repoussé, diverses tâches et activités sont de plus en plus externalisées alors qu’elles étaient jusqu’ici réalisées, entre autres, par des militaires en fin de carrière. Un exemple: les postes de garde des bases militaires sont progressivement pris en charge par des sociétés de sécurité privées.

Il est par conséquent important d’offrir des possibilités de carrière intéressantes pour les militaires, et cela tout au long de leur carrière. De plus, un congé préalable à la pension interne à la Défense pourrait être une solution afin de pouvoir limiter le départ des militaires et de leur expertise vers d’autres employeurs.

En attendant des clarifications sur cette réforme à venir, il apparaît qu’un départ à la pension repoussé progressivement chaque année pour les militaires – par exemple de six mois pour ne rattraper qu’en 2039 (*) l’âge de 67 ans imposé dès 2030 à l’ensemble des autres travailleurs, et comme suggéré par des partenaires sociaux – pourrait être pertinent.


* ou 2040 eu égard à l’avant-projet de loi, qui vient d’être approuvé par le Conseil des Ministres, et qui vise une entrée en vigueur de la réforme au 1er janvier 2020 finalement et cela au lieu du 1er janvier 2019.

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