Pour un Youth deal

Ce Youth deal devrait veiller à répondre aux grands bouleversements de notre société. ©Belgaimage

En cette journée internationale de la jeunesse, un constat inquiétant nous saute aux yeux. Le politique actuel semble totalement dépassé et incapable de façonner un avenir meilleur pour les jeunes d’aujourd’hui et de demain.

Nicolas Deprets
Vice-président du Mouvement des jeunes socialistes

Posons-nous et demandons-nous un instant quel monde le politique est-il en train de nous léguer? Un monde où les inégalités sociales croissent d’année en année. Un monde dans lequel le chômage des jeunes semble devenir une donnée économique parmi d’autres et être presque une fatalité. Un monde en transition qui s’approche dangereusement du point de non-retour que d’aucuns appellent plus dangereusement " le point de basculement ".

Certes, notre monde est caractérisé par de véritables bouleversements qui semblent conduire à une reconfiguration importante de nos modes de vie, de production, d’éducation, de consommation ou encore de notre rapport au travail. Toutefois, il n’y a point de fatalité mais un réel besoin d’innovation, de détermination et de changement.

Car, le système politique actuel et nos responsables semblent bien incapables de répondre à ces défis. Adoptant des bribes de mesures, des demis-solutions, ou encore recyclant de vieilles recettes idéologiques qui sentent le réchauffé et qui, preuve de leur inefficacité, sont loin d’améliorer les perspectives d’avenir pour notre jeunesse, le politique actuel apparait bien pauvre et même vieillot. Quant au gouvernement actuel, il semble lui bien décidé à s’en prendre sans vergogne aux droits des jeunes.

Nous estimons qu’il est temps que la jeunesse puisse s’exprimer dans toutes les arènes politiques de notre pays.
Nicolas Deprets

Dégressivité de nos salaires (pour créer de l’emploi nous disent-ils), diminution de nos droits aux chômage, de nos droits à une assurance maladie, de notre droit à un travail décent, … autant de droits qui s’étiolent au gré des décisions de ces gérontes. Les hypothèques et crédits que les politiques font sur notre avenir s’accumulent de sorte que la dette que nous, jeunes, devront avoir à payer semble gigantesque. Loin d’être défaitiste, nous pensons qu’il est grand temps que les forces vives de ce pays s’attèlent à construire un avenir meilleur pour les générations à venir.

C’est pourquoi nous souhaitons voir adopter un "Youth deal". Ce deal pour la jeunesse devrait veiller à répondre aux grands bouleversements de notre société et chercher à offrir un avenir socialement plus juste et acceptable pour tous les jeunes.

Afin de concrétiser ce deal pour la jeunesse, comme le disait Churchill, "mieux vaut prendre le changement par la main avant qu’il nous prenne par la gorge". Dès lors, sur le plan du renouveau démocratique, nous estimons qu’il est temps que la jeunesse puisse s’exprimer dans toutes les arènes politiques de notre pays. Comment expliquer qu’actuellement, le Parlement ne compte que 4 députés sur 150 (2,67%) de moins de 30 ans alors que l’on dénombre plus de 2 millions de jeunes (de 15 à 30 ans) en Belgique. Porteurs d’idées nouvelles, promouvant une éthique politique retrouvée, et conscient des défis sociétaux qu’ils vivent, les jeunes engagés en politique peuvent être un moteur de changement important.

Il n’y a point de fatalité mais un réel besoin d’innovation, de détermination et de changement.
Nicolas Deprets

Ce deal pour la jeunesse devra également s’attaquer aux grands défis de notre ère au lieu de les reporter continuellement sur les générations à venir ou reposer sur l’espoir de l’émergence de nouvelles technologies révolutionnaires. À la science-fiction, nous préférons l’action!

Tout d’abord, il conviendra d’apporter des réponses tangibles et modernes aux aspirations légitimes des citoyens à davantage de participation démocratique. Voter à intervalles réguliers n’est plus le canon principal d’une démocratie moderne et efficace. Conscient et éclairé, nous, jeunes citoyens engagés, aspirons à maitriser notre avenir en contribuant directement à la prise de décision. Il ne s’agit pas ici de s’enfermer dans un modèle particulier ou de prédéfinir des modalités participatives particulières mais bien d’en appeler à modifier notre conception de la participation citoyenne. La participation citoyenne est pour nous la condition sine qua non à l’aboutissement d’un contrat social renouvelé.

Ensuite, il s’agira de tout mettre en œuvre afin de continuer à bénéficier d’une Terre. Les avertissements lancinants et "bobos" d’hier sont aujourd’hui de véritables appels à la sauvegarde de notre environnement et de notre planète. Il est temps d’y répondre en modifiant nos modes de production, de consommation ou encore notre mobilité.  

Notre proposition de Youth deal n’est pas une ode à la jeunesse.
Nicolas Deprets

Enfin, face aux effets de la digitalisation et de la robotisation de notre économie, nous appelons à la constitution d’un nouveau modèle d’économie et de travail. Sur le plan économique, nous plaidons pour une redistribution plus juste des gains de productivité. En ce qui concerne le travail, nous estimons qu'il doit être partagé. Travailler un peu moins pour travailler tous, voilà une solution d’avenir! Loin d’être la panacée, la réduction collective du temps de travail est une des composante de la recomposition de notre modèle économique et du monde du travail auquel nous aspirons.

Notre proposition de Youth deal n’est pas une ode à la jeunesse. Nous ne sommes aucunement animés d’un esprit de "jeunisme". Par cet appel, nous souhaitons juste reprendre le contrôle de notre avenir et en co-construire un meilleur.

Enfin, en cette journée de la jeunesse, nous remercions tous les jeunes citoyens engagés. Engagez-vous, défendez-vous, indignez-vous et ne cessez jamais d’aspirer à la constitution d’un monde meilleur car c’est avant tout de notre avenir qu’il s’agit!

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