A quand une véritable éducation financière ?

Les Belges se résignent souvent à des solutions standard telles que le carnet d’épargne. ©Photo News

"Je préfère planquer mon argent sous un matelas que de le confier à une banque !" Entendre une phrase pareille à l’occasion de ‘7 jours pour parler d’argent’ en dit long sur la perception des Belges du système bancaire... et leurs connaissances en matière financière.

Stijn Ceelen
Country Manager
BinckBank Belgique

Investir dans des actions, c’est la garantie de perdre son argent. Tous les banquiers sont des voleurs. La seule chose qui les intéresse, c’est de nous dépouiller. Le genre de propos que l’on peut régulièrement lire sur les réseaux sociaux et qui n’étonneront personne. Car cela n’a aujourd’hui plus rien de surprenant. La crise financière, l’affaire Arco, Lernhout & Hauspie, la bulle technologique,… autant de moments historiques qui ont largement contribué à nourrir la méfiance que nous observons actuellement.

La crise financière, l’affaire Arco, Lernhout & Hauspie, la bulle technologique, … autant de moments historiques qui ont largement contribué à nourrir la méfiance que nous observons actuellement.
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Dans le même temps, toutefois, ces catastrophes ont souvent tendance à éclipser les expériences positives d’entrepreneurs chevronnés.

L’an dernier à la même époque, j’ai lu dans un journal qu’un Belge sur vingt était financièrement analphabète. Ça va encore, me suis-je dit. C’est pourtant l’inverse qui m’a traversé l’esprit lorsque j’ai entendu que 36% des Belges étaient financièrement érudits. Impressionnant, ai-je pensé. De précédentes conversations avec des amis, ma famille ou des clients m’avaient incité à croire le contraire.

Les chiffres émanaient d’une étude de la KULeuven qui faisait apparaître que les connaissances en matière d’argent se situaient essentiellement chez les diplômés de l’enseignement supérieur — nota bene en couple et vivant à la campagne — qui investissent depuis de nombreuses années. En d’autres mots: l’idée que ce n’est à coup sûr pas le Belge moyen qui est versé dans les matières financières est conforme à la réalité.

Solution standard

Il est clair qu’il devrait en aller autrement. Non pas que nous devions tous devenir des gourous de la bourse, mais il est essentiel que chacun dispose de bonnes connaissances de base pour pouvoir prendre les bonnes décisions, plutôt que de se résigner à des solutions standards telles que le carnet d’épargne. Une "solution" à laquelle nombre de Belges continuent pourtant de recourir. Rien que dans les grandes banques, on a encore vu affluer en 2018 plus de 8,6 milliards d’euros sur les comptes d’épargne. Et non, la plupart des épargnants ne l’ont pas fait par conviction ou pour les intérêts, mais par facilité.

Il est grand temps que les banques, les autorités et l’enseignement unissent leurs efforts afin d’instruire financièrement le Belge moyen. Et vraiment instruire. De façon objective, comme il convient à des experts.
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Il est grand temps que les banques, les autorités et l’enseignement unissent leurs efforts afin d’instruire financièrement le Belge moyen. Et vraiment instruire. De façon objective, comme il convient à des experts. D’une façon telle que le Belge dispose de connaissances de base suffisantes pour (se) poser des questions critiques, percevoir clairement les éventuels avantages et inconvénients de certains produits financiers, connaître les frais et, surtout, prendre les bonnes décisions.

Des connaissances financières d’ordre général devraient faire partie de toute formation de base, au même titre que la lecture, l’écriture, les mathématiques, les langues ou la géographie.

Des connaissances financières d’ordre général devraient faire partie de toute formation de base, au même titre que la lecture, l’écriture, les mathématiques, les langues ou la géographie. Il est dès lors essentiel que Wikifin, le programme éducatif de la FSMA (l’autorité des services et marchés financiers) profite chaque année de ces "7 jours pour parler d’argent" pour rappeler à quel point l’éducation financière des jeunes est importante.

Notre secteur doit aussi — et surtout — balayer devant sa porte. Cela pourrait de surcroît contribuer à redorer l’image ternie du secteur financier dans son ensemble. La confiance se mérite. Et elle ne se gagne pas en restant derrière son bureau.

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