Agriculture-alimentation : c'est maintenant qu'il faut réorienter la PAC

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Nous demandons la mise en oeuvre de plans stratégiques régionaux de la réforme de la PAC dans le cadre desquels les contribuables ne paient plus pour une agriculture polluante et destructrice de la biodiversité, mais bien pour une transition vers une agriculture durable, autonome et diversifiée ainsi que l'obtention de véritables résultats environnementaux, climatiques et sociaux.

WWF, Greenpeace, Natagora et IEW

Ce 2 avril, la commission Agriculture du Parlement européen s’est exprimée sur le sort réservé à la Politique Agricole Commune (PAC) de l’UE pour la période 2021-2027. Le WWF, Greenpeace, Natagora et IEW déplorent le manque d’ambition.

L'architecture verte de la PAC est gravement affectée pour deux raisons. Premièrement, les exigences environnementales minimales que les agriculteurs européens doivent respecter pour recevoir des subventions sont revues à la baisse. Et deuxièmement, le soutien financier pour des pratiques agricoles plus durables est très limité.

60 milliards d'euros
Budget annuel de la PAC
La PAC structure le système agro-alimentaire européen depuis les années ’60. Son budget annuel pèse près de 60 milliards € par an (dont 700 millions € alloués à la Wallonie et la Flandre).

Le vote des eurodéputés ne respecte pas les demandes des citoyens de l'UE, qui voudraient que la future PAC soutienne réellement une agriculture à faibles émissions de CO2 et respectueuse de la nature. La PAC structure le système agro-alimentaire européen depuis les années ’60. Son budget annuel pèse près de 60 milliards € par an (dont 700 millions € alloués à la Wallonie et la Flandre).

Aujourd’hui, une partie non négligeable de ce budget est dépensée au profit de l’agriculture intensive. Cette pratique nuit à la nature, au climat, à notre santé et au bien-être des agriculteurs qui ne sont pas dignement rémunérés. Pourtant, l’argent public pourrait être utilisé judicieusement s’il existait une véritable volonté politique !

La Wallonie doit prendre son avenir agricole en main

Malgré les choix décevants au niveau de l’Europe, le futur système de mise en oeuvre de la Politique Agricole Commune accorde plus d’autonomie aux États membres de l’UE (ou Régions dans l’exception belge).

La Wallonie a plus que jamais le potentiel d'utiliser efficacement les fonds publics de la PAC pour continuer la transition sectorielle vers une agriculture paysanne durable et obtenir des véritables résultats environnementaux, climatiques et sociaux.
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Les négociations pour définir les priorités, budgets et objectifs de la PAC pour les sept prochaines années ont déjà commencé. La Wallonie a donc plus que jamais le potentiel d'utiliser efficacement les fonds publics de la PAC pour continuer la transition sectorielle vers une agriculture paysanne durable et obtenir des véritables résultats environnementaux, climatiques et sociaux. La PAC a une dernière chance de contribuer à la préservation de l’environnement, du climat, de la biodiversité agricole et de mettre fin au déclin des agriculteurs en Belgique.

Plus qu'auparavant, la PAC doit offrir aux agriculteurs les moyens de dégager une rémunération permettant de réaliser leur transition.
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Les organisations environnementales appellent les décideurs politiques wallons à saisir cette opportunité pour investir les fonds publics de la PAC au profit d’une transition agricole nourricière au niveau local et génératrice d’emplois. Nous demandons la mise en oeuvre de plans stratégiques régionaux de la réforme de la PAC dans le cadre desquels les contribuables ne paient plus pour une agriculture polluante et destructrice de la biodiversité, mais bien pour une transition vers une agriculture durable, autonome et diversifiée ainsi que l'obtention de véritables résultats environnementaux, climatiques et sociaux. Plus qu'auparavant, la PAC doit offrir aux agriculteurs les moyens de dégager une rémunération permettant de réaliser leur transition.

Sur le plan environnemental, les services non marchands rendus par l'agriculture et avec des réels résultats pour la nature doivent être mieux valorisés, tandis que le soutien sera conditionné au respect strict de règles environnementales minimales. Les subventions qui favorisent l’intensification agricole doivent être progressivement éliminées. Enfin, la Wallonie et la Flandre doivent mettre en place des “plans stratégiques régionaux” avec des mécanismes d’évaluation efficaces. Ceux-ci démontreront comment les objectifs environnementaux, climatiques et sociaux sont atteints.

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