Publicité

Aidons la relance du secteur de la restauration en instaurant une TVA à 6% temporaire

©REUTERS

Osons une mesure ambitieuse qui redonnera réellement de l’oxygène au secteur: la généralisation d’un taux de TVA réduit à 6%, appliqué également aux débits de boissons, pour une durée temporaire allant jusqu’à la fin de l’année.

Un millier de vestes de cuisiniers avait recouvert la Grand-Place jeudi 7 mai en signe d’appel à l’aide. Le confinement a en effet frappé de plein fouet les cafés et les restaurants. Certains ne lui survivront pas. Certes, la pandémie n’est pas la seule cause de ce désastre, les attentats terroristes ayant précédemment éprouvé le secteur. Pourtant, nos cafés et restaurants incarnent un art de vivre qui nous caractérise. La convivialité d’une ville se mesure à l’aune de la vitalité de ces lieux de vie.

Aymeric de Lamotte

Avocat et conseiller communal MR à Woluwe-Saint-Pierre

En 2010, la Belgique réduisit sa TVA de 21% à 12% pour les plats consommés sur place. Une décision du Conseil européen du 5 mai 2009 avait en effet inclus la restauration dans la liste limitée des biens et des services autorisés à appliquer un taux réduit – en deçà de 15%. Une douzaine de pays européens firent de même, dont la France qui réduisit son taux de 19,6% à 5,5% pendant quelques années. En Belgique, la TVA s’élève par contre toujours à 21% sur toutes les boissons et sur les produits alimentaires sans préparation et à 6% pour la fourniture de logements meublés – chambres d’hôtel.

La réouverture de l’Horeca est annoncée pour le 8 juin prochain. Tout le monde s’accorde sur le fait que les restaurants et les cafés sont un pilier essentiel de notre tissu économique. Cependant, leur réouverture ne pourra se faire qu’à capacités réduites en raison de la persistance de mesures de sécurité. Dès lors, il est fort à craindre que leur chiffre d’affaires soit amputé alors que, parallèlement, les charges qui pèsent sur eux ne seront que légèrement allégées.

"En France, la TVA avait été réduite à 5,5% entre 2009 à 2012 pour relancer le secteur de la restauration suite à la crise de 2008."
Aymeric de Lamotte
Avocat et conseiller communal MR à Woluwe-Saint-Pierre

Prenons l’exemple français. La TVA avait été réduite à 5,5% entre 2009 à 2012 pour relancer le secteur de la restauration suite à la crise de 2008. L’idée d’opérer à nouveau cette réduction ponctuelle est actuellement envisagée par Édouard Philippe et Bruno Le Maire. La députée française Frédérique Lardet, qui porte la mesure, explique qu’à l’époque celle-ci avait permis de sauver de nombreuses entreprises de l’Horeca. L’Institut français des Politiques publiques a publié une étude en mai 2018 qui démontre que l’abaissement avait permis d’augmenter les bénéfices des propriétaires de restaurants de 24%.

En Belgique, la presse a récemment fait état de plans de relance; une proposition est actuellement sur la table concernant la possibilité pour les restaurateurs d’étendre leur terrasse sur une partie de la voirie. Cependant, cette mesure semble relever davantage de l’effet d’annonce en ce qu’elle ne concerne qu’une minorité des restaurateurs et aucune étude n’a été établie quant à son impact.

Une mesure ambitieuse au coût dérisoire

Osons une mesure ambitieuse qui redonnera réellement de l’oxygène au secteur: la généralisation d’un taux de TVA réduit à 6%, appliqué également aux débits de boissons, pour une durée temporaire allant jusqu’à la fin de l’année. En 2011, le gouvernement avait déjà fait l’évaluation de la réduction de la TVA de 21% à 12% comme éminemment positive pour le secteur, notamment en matière d’emplois.

En outre, l’augmentation du chiffre d’affaires avait généré un retour positif sur l’impact budgétaire négatif causé par l’abaissement du taux. À l’époque, le gouvernement avait d’ores et déjà évalué à 153,3 millions le coût annuel que représenterait une baisse de 12% à 6% sur les services de restauration et de traiteur, à l’exception des fournitures de boissons. Au vu de l’impact budgétaire des mesures de soutien qui ont déjà été adoptées par les gouvernements, lesquelles s’élèvent à plus de 10 milliards, il s’agit donc bien là d’une mesure dont le coût est dérisoire.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés