Publicité

Aidons sainement nos entreprises avec des fonds propres, apportés notamment grâce à la bourse

©Photo News

Les mesures prises par les pouvoirs publics pour aider les entreprises à traverser la crise n'améliorent pas structurellement leur structure financière. Il faut favoriser l’introduction en bourse et/ou l’émission de nouveaux titres pour des PME saines.

L’arrêt ou le ralentissement de l’activité des entreprises a réduit de façon inquiétante leur trésorerie. C’est pourquoi, l’Etat fédéral et les Régions ont pris un ensemble de mesures visant soit à reporter certains paiements soit à prêter ou garantir des prêts aux entreprises. Les Régions ont aussi pris différentes initiatives pour activer l’épargne des particuliers.

Toutefois, ces mesures n’améliorent pas la structure financière des entreprises qui s’est singulièrement dégradée, car la dette reste de la dette et il faudra la rembourser. Il y a aujourd’hui dans notre pays, un nombre important de belles entreprises qui affichent une notoriété nationale et même internationale, qui créent de la valeur et de l’emploi mais qui sont confrontées à un avenir incertain et menaçant.

Par ailleurs, le montant des comptes d’épargne des Belges s’élevait à fin décembre 2019 à 281 milliards d’euros bien que le rendement de ceux-ci soit pratiquement nul. En outre, ces comptes d’épargne bénéficient  d’un précompte mobilier de 15% au lieu de 30% pour les autres revenus mobiliers et d’une exonération de précompte pour les premiers 990 Euros d’intérêts.

Enfin, les différentes mesures prises par les Etats auront des conséquences importantes en terme d’augmentation de la dette publique que l’on estime entre 7 et 10%. Il serait sans doute imprudent de définir une politique budgétaire et de gestion de la dette sur la base d’un maintien hypothétique des taux d’intérêt à leur niveau actuel.

Une solution vertueuse

Laissons la bourse retrouver sa véritable vocation, celle de servir d’intermédiaire entre les citoyens et les entrepreneurs .

Seules les entreprises correctement capitalisées pourront s’en sortir. Il faut donc plus que jamais favoriser le renforcement des fonds propres des entreprises sans pour autant creuser encore plus la dette publique. La bourse est à cet égard une des réponses appropriées: Euronext pour les grandes entreprises et Euronext Growth qui offre aux PME un accès facile à la Bourse.

Depuis la dernière crise financière (2008), la bourse a été perçue par certains comme un outil de spéculation au service de financiers avides. Laissons la retrouver sa véritable vocation, celle de servir d’intermédiaire entre les citoyens et les entrepreneurs en vue de financer les entreprises, tout en assurant la liquidité des actions souscrites ou achetées.

Et ce ne sont pas les moyens qui manquent. En Belgique, le montant moyen des comptes d’épargne s’élève à 25.000 euros par habitant. Et cet argent est réinjecté par les banques sous forme de prêts bancaires. Or, le montant investi dans les titres cotés en bourse représente 6.000 euros par habitant. On voit dès lors l’énorme potentiel d’un tax shift de l’investissement qui favoriserait plutôt les investissements productifs et l’entrepreneuriat qui font la vigueur d’une économie.

Les fonds propres présentent l’avantage de la permanence, ce dont les entreprises ont besoin pour élaborer des stratégies de croissance à long terme. Renforcer les fonds propres des entreprises c’est aussi favoriser l’emploi. Plus que jamais ce sont les PME qui apportent une réponse positive à la problématique du chômage.

Une proposition concrète

Nos entreprises font face à une situation exceptionnelle. Il convient que le gouvernement y apporte des réponses qui le soient aussi. Aussi, nous recommandons de prendre des mesures complémentaires à l’arsenal des outils déjà mis en place et de favoriser l’introduction en bourse et/ou l’émission de nouveaux titres pour des PME saines (chiffre d'affaires entre 10 et 100 millions d'euros) qui ont souffert de la crise Covid-19, mais qui ont un plan d’affaires ambitieux qui soit de nature à séduire les investisseurs. Pour ce faire nous proposons les mesures suivantes:

  • Octroyer un crédit d’impôt de 30% du montant de souscription d’actions nouvelles d’entreprises cotées ou non ou à l’occasion d’une introduction en bourse, mais seulement en cas de faillite de la société dans les 4 ans de la souscription. Cela présenterait l’avantage de ne pas créer un manque à gagner pour l’Etat en aidant des sociétés qui n’en avaient pas besoin. De plus cela crée un effet de levier qui, à montant égal de crédit d’impôt, permet de favoriser la souscription de montants sensiblement plus importants;
  • Accorder le report de ce crédit d’impôts sur une période de 5 ans ;
  • Diminuer à 20% le précompte mobilier sur ces actions.

On a noté un engouement des investisseurs privés pendant la crise. Il manque la détermination  des pouvoirs publics en faveur d’un renforcement salutaire des fonds propres des entreprises. Au lieu d’utiliser l’argent public, favorisons une large souscription citoyenne et solidaire.

Par Pierre Hermant (Finances Brussels), Pierre Marcolini (Pierre Marcolini SA), Vincent Crahay (Belourthe SA), Cedric Pierrard (Efficy SA), Frédéric Rouvez (Exki SA), Benoît Coenraets (Becoflex-Coverseal), Bernard Helson (Maison Dandoy) et Guy van der Heyden (ONEtoONE Corporate Finance).

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés