carte blanche

Appliquons les leçons des start-ups au non marchand

CEO d'Open Collective, fondateur de Storify

Il faut que s’opère une révolution du monde associatif sur le modèle start-up. Les innovations sociales ne viendront pas des ONG existantes, comme les innovations technologiques récentes n’ont pas été le fait des grandes boites informatiques

Par Xavier Damman
CEO d'Open Collective et fondateur de Storify

Il est temps de bousculer l’écosystème sclérosé du monde associatif. Le monde associatif est plein de personnes de bonne volonté, motivées et compétentes. Mais l’environnement de ces organisations, qui sont devenues entre-temps de véritables institutions, est peu propice à l’initiative et à l’innovation.

Or nous avons besoin de solutions multiples, ciblées, adaptées au monde du 21ème siècle; des solutions portées par des entrepreneurs d’un genre nouveau, qui osent prendre des risques en lançant des projets.

Il faut donc que s’opère une révolution du monde associatif sur le modèle start-up. Les innovations sociales ne viendront pas des ONG existantes, comme les innovations technologiques récentes n’ont pas été le fait des grandes boîtes informatiques.

Nouveau modèle

Les ONG ne sont pas équipées pour innover et répondre aux nouveaux besoins, ce qui est en revanche le propre des start-ups.

Faire face aux nombreux défis actuels et futurs exige la création d’un nouveau modèle: décentralisé, transparent, ouvert à tous. Or aucun de ces critères ne s’applique aux grandes ONG d’aujourd’hui, rigides et hiérarchisées, manquant de flexibilité. Elles ne sont pas équipées pour innover et répondre aux nouveaux besoins, ce qui est en revanche le propre des start-ups.

Connaissez-vous CodeNPlay (http://codenplay.be)? C’est un bon exemple du type d’initiative citoyenne que je souhaite ardemment voir se multiplier dans les années à venir.

©BELGA

Basée à Bruxelles, CodeNPlay a pour but d’initier les enfants du primaire aux bases de la programmation informatique et de la robotique, afin de les préparer aux jobs de demain.

Quelle fut l’approche de sa fondatrice Nadine Khouzam? Elle a identifié un problème, ici une lacune dans l’enseignement, et constaté l’impossibilité d’agir de façon traditionnelle. Elle a apporté une réponse originale en exploitant sa passion de la programmation. Tout simplement en montant sa propre start-up à but non lucratif.

Le paradoxe des organisations actuelles? Elles ont besoin de fonds importants car leurs objectifs sont ambitieux. Cependant, au nom de l’éthique, elles se refusent à faire ce que toute entreprise trouve logique, c’est-à-dire, investir pour augmenter les revenus.

Investir dans le marketing, l’expérience utilisateur, la publicité ciblée. Pourquoi est-ce tabou si cela peut augmenter leur efficacité? Pour avancer, il faut aussi investir dans les bonnes personnes, les payer correctement et attirer de nouveaux profils.

Une carrière dans le monde associatif devrait être une option non seulement envisageable, mais attractive, car elle crée une valeur ajoutée importante à la société.

Ce sont en effet les personnes et leurs compétences qui font la valeur d’une organisation. Une carrière dans le monde associatif devrait être une option non seulement envisageable, mais attractive, car elle crée une valeur ajoutée importante à la société.

Les startups sont devenues "cool" il y a 10 ans avec le Betagroup. Il est temps de rendre les startups associatives "cool", car nous avons besoin des meilleurs talents à notre disposition pour faire face aux nombreux défis de notre société.

Comme le disait Steve Jobs…

Vous souhaitez servir les autres, vivre de votre passion et vous épanouir dans un travail qui a du sens? Je vous invite à consacrer votre énergie à de nouveaux projets, à être à l’origine du changement que vous voulez voir dans la société, et à en faire votre principale activité.

Rappelons ce que disait Steve Jobs: "le seul moyen de faire du bon travail est d’aimer ce que vous faites".

Vous voulez vous impliquer? Faites-le à votre manière. Ma proposition: appliquons les leçons des start-ups au secteur non marchand. Donnons à tous la possibilité de faire preuve d’initiative et de se consacrer à sa passion tout en aidant les autres. Et enfin, rémunérons toute personne qui crée de la valeur en conséquence.

Alors ce que j’appelle de mes vœux, à l’approche de 2018, c’est une rupture similaire à celle provoquée par les start-ups: celle qui non seulement inspire de nouvelles vocations, mais surtout qui permet enfin d’apporter une multitude de solutions concrètes aux grands comme aux petits problèmes de ce monde. Let’s do this

Afin de remercier tous ceux qui soutiennent de nouveaux projets citoyens, Xavier s’engage personnellement à égaler toute donation à #BrusselsTogether ou à l’un des collectifs qui participe au mouvement: opencollective.com/brusselstogether (jusque €1.000 et jusqu’au 31 décembre)

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