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Bienvenue dans le monde de 2051

Un monde de demain qui exigera autant des innovations sociales que des innovations technologiques. Les systèmes éducatifs seront davantage axés sur la stimulation de la curiosité, le développement de la critique positive et le fait d'apprendre à apprendre.

La Gazette intersidérale du 24 août 2051: à la une aujourd'hui: -La population mondiale vient de franchir le cap des 9 milliards.

-La longévité moyenne mondiale pour les femmes atteint 97 ans et 92 pour les hommes.

- La thérapie génétique montre des résultats probants pour combattre l'arthrose.

-13 ans déjà sans un seul conflit armé dans le monde.

-Depuis 10 ans, la criminalité mondiale diminue de 3 % par an.

-L'énergie de fusion verra sa première centrale commerciale en 2055.

Flash-back il y a 40 ans...

En 1971:

- Le téléfax était encore un rêve, on utilisait le télex.

-La photocopie de documents débutait à petite échelle et on utilisait encore pas mal les copies carbone des machines à écrire

-Le téléphone portable se composait d'une installation volumineuse et énergivore, peu efficace, à l'usage des soins intensifs, de politiciens de haut rang ou de magnats.

-Les appareils photographiques, uniquement argentiques, se faisaient concurrence sur la base de leur qualité, précision et sensibilité des films.

- L'ordinateur personnel n'était pas imaginable car ne correspondait alors à aucun besoin.

-Internet ou le "world wide web" était encore dans les limbes, au profit des bibliothèques.

- L'imagerie médicale se limitait essentiellement à la radiographie et à l'échographie.

-Et la liste n'est pas close...

Si la technologie a subi une avancée considérable depuis les années 70, le dialogue homme-machine qui a souvent remplacé le dialogue homme-homme, rend la vie difficile lors des cas particuliers non prévus, car la plasticité de l'intelligence humaine n'est pas encore le lot de bien des automates.

Notre ère a vu l'avènement de la flexibilité et de la rapidité dans l'achat de biens et de services mais en transformant souvent le consommateur en "pro-sumer" ou producteur et consommateur. Que l'on réserve un train, un hôtel, un avion ou que l'on accomplisse des formalités bancaires via Internet, le poids de la sélection des services a été reporté sur le consommateur sans pour autant lui garantir une réduction de coût en contrepartie.

Dans notre monde contemporain, il est désormais difficile de voyager, faire des achats, communiquer, rester informé ou tout simplement vivre sans un téléphone mobile et un ordinateur relié à internet.

D'autres modifications, moins spectaculaires mais plus fondamentales nous affectent aujourd'hui et changeront la vie, demain.

Pour n'en citer que quelques-unes:

-Le pouvoir de décision et la prospérité se déplacent du monde occidental vers l'Est: la Chine, l'Inde, la Corée et les autres. Les économies émergentes rajoutent chaque année environ 70 millions de consommateurs à la classe moyenne.

-Le développement de l'économie de la connaissance (e-marketing, réseaux sociaux, abolition des barrières de temps et de distances) est inouï.

-Même dans les domaines de recherche et développement, fief traditionnel de l'Occident et du Japon, les évolutions sont surprenantes. Au train où vont les choses, la Chine dépassera sans doute les USA vers 2013-2015, en matière de publications scientifiques.

Et demain?

-Nous vivrons dans un monde en mutation accélérée, moins prévisible, plus complexe.

-Notre écosystème sera global.

-La vitesse d'évolution de notre environnement excédera sans doute notre capacité d'adaptation et des nouveaux paradigmes et méthodes d'apprentissage seront nécessaires, tels l'auto-apprentissage encadré et le mentorat méthodique.

-L'aversion au risque continuera à augmenter dans nos sociétés.

-Les stratégies de type "blue ocean" (création de nouveaux produits-services-marchés, innovation) deviendront prépondérantes par rapport à celles identifiées comme "red ocean", jeux à somme nulle avec gagnants et perdants.

-Les hiérarchies pyramidales feront une place croissante aux organisations en réseau.

-Nos espaces de vie quotidiens (bâtiments, routes, villes, habitat,...) deviendront la proie de systèmes de plus en plus performants et précis de surveillance au prix d'une perte de vie privée au nom de la sécurité.

-Et n'évoquons pas les luttes pour les ressources en eau, énergie et matériaux, le vieillissement des populations du monde développé et ses conséquences sur la sécurité sociale, les loisirs et le travail, ni le terrorisme et l'harmonie à trouver dans un monde multiculturel.

Se préparer

Peut-on se préparer au mieux, pour éviter le pire, et comment?

Comme indiqué dans le document "Vision 2050" (from World Business Council for Sustainable Development:

http://www.wbcsd.org/web/vision2050.htm)

"The radical changes highlighted in Vision 2050 demand a different perspective from business leaders, requiring them to rethink how they operate to stay on-track for a sustainable future." (Samuel A. DiPiazza, PricewaterhouseCoopers)

Dans notre métier de la consultance "solve and go", orienté vers des résultats concrets et rapides, nous sommes contraints d'identifier des lignes directrices peu dépendantes de l'évolution à court terme et donc à nous rabattre sur des fondamentaux.

Pour éviter de construire le monde de demain avec les outils d'hier, on peut considérer les garde-fous suivants:

-la résilience, une attitude basée sur un minimum de stabilité mais beaucoup d'adaptabilité et d'optimisme.

-une vision du monde "orientée projets", soit des équipes qui se formeront au gré des problèmes, en fonction des connaissances et talents des individus, comme pour tourner un film et qui se disperseront une fois la tâche terminée pour aller vers d'autres défis et projets. Dans un tel univers, compétence et réputation d'honnêteté et d'intégrité morale seront des facteurs clé. La garantie d'emploi permanent pourrait bien devenir l'exception dans le futur.

-L'éthique professionnelle deviendra sans doute surtout une éthique de responsabilité (ou des gens de différentes cultures peuvent s'accorder) plutôt qu'une éthique de conviction qui tend à diviser.

- On observera une divergence croissante entre l'aisance financière et le bonheur dans la mesure où des expériences de vie seront davantage valorisées que la possession de biens.

-L'apprentissage tout au long de la vie deviendra pratique courante parallèlement à l'allongement de la carrière, vraisemblablement polymorphe.

-L'inspiration des processus existant dans la nature, (matériaux biodégradables, séquestration du CO2, etc...) va se développer comme aussi l'attitude consistant à créer des biens et des services dans le mode "cradle to cradle", où le déchet d'une production peut servir de matière première pour une autre.

-Les systèmes éducatifs seront davantage axés sur la stimulation de la curiosité, le développement de la critique positive et le fait d'apprendre à apprendre.

Tout cela exigera autant des innovations sociales que des innovations technologiques.

Voilà donc une version possible du monde de demain, où la responsabilité, la solidarité et le respect ne le céderont en rien à la créativité et à une recherche jamais achevée de l'excellence.

Il s'agira d'un monde où des nouvelles approches telles l'innovation ouverte (open innovation), l'intelligence collective (crowdsourcing) et d'autres encore, permettront de nourrir et maintenir dans un équilibre relativement pacifique et harmonieux 9 milliards de personnes, dans quelques décennies.

Et de surcroît, il se pourrait que ce monde-là soit bien agréable à vivre. Le défi est lancé!

Par Michel Judkiewicz

Maître de conférence ULB

Managing director Shymponix scrl

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