Belgique et Suisse ont plus que le chocolat en commun

©AFP

En plus de leur solide tradition chocolatière, la Suisse et la Belgique partagent nombre d’autres points communs: une taille modeste, la multiplicité de leurs communautés linguistiques, mais également la complexité de leurs modèles institutionnels. En ce qui concerne ce dernier point, et compte tenu des difficultés récurrentes à faire vivre le modèle belge (il est inutile de rappeler que plusieurs mois après les dernières élections, il n’y a toujours pas de gouvernement fédéral), pourrait-il y avoir quelques mérites à trouver de l’inspiration dans d’autres pays, et notamment le modèle de la Confédération helvétique?

La notion de "confédération" n’est pas totalement standardisée, mais elle ressemble en général, et en particulier en Suisse, à un modèle fédéral extrêmement décentralisé avec un gouvernement central relativement faible et une grande partie de la souveraineté déportée au niveau des entités confédérées, appelées "cantons" en Suisse. La décentralisation est relativement poussée en Suisse: au-delà des cantons, les communes suisses ont des compétences importantes, notamment en matière d’éducation ou dans le domaine de l’emploi.

La Suisse est peut-être l’exemple le plus pertinent s’il s’agit de réfléchir à une évolution possible du modèle belge.

La Suisse est peut-être l’exemple le plus pertinent s’il s’agit de réfléchir à une évolution possible du modèle belge. On peut cependant également citer le modèle espagnol, qui est intéressant car les différentes régions ont des statuts spécifiques, plus ou moins décentralisés selon les cas depuis l’origine du régime actuel établi après la mort de Franco.

La région la plus autonome est le Pays basque, suivi de la Catalogne. Ce point est intéressant car on a vu la crise provoquée par la demande catalane d’un peu plus d’autonomie: même la solution relativement simple de donner aux Catalans les droits déjà détenus aujourd’hui par les Basques ne semble guère être possible, pour des raisons certes politiques (renforcées par le fait que c’était un parti conservateur qui avait le gouvernement central au moment de la crise) mais aussi, et de façon cruciale, parce qu’un supplément d’autonomie fiscale pour la Catalogne aurait tout simplement risqué de ruiner l’État.

Tout ceci met l’accent sur le point crucial du modèle confédéral: un État central faible du point de vue politique et financier.

Les Suisses l’acceptent bien. Ils se sont arrangés pour conserver une présence internationale non négligeable malgré cet État central faible. On peut citer les sièges secondaires de l’ONU, le siège de la FIFA, le Forum économique de Davos, ou encore le CERN, pour ne mentionner qu’eux.

Peut-on chercher à rapprocher le modèle belge du modèle suisse, et dans quels domaines la Belgique serait-elle prête à affaiblir son État central? Force est d’admettre que la question financière, et notamment les transferts financiers de solidarité, sera un des points durs.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect